1.1.1 Commencement

Pourquoi écrire un blog ? Pourquoi ne pas écrire un livre ? Un blog est interactif et participatif. Je ne suis pas obligé de faire montre d’un quelconque talent littéraire ; ça tombe bien, je n’en ai pas. Et puis pas d’éditeur à convaincre, pas de déforestation liée à l’emploi du support papier et une audience potentiellement immense. Dans le cas du livre et du blog, il faut avoir quelque chose à dire si possible d’intéressant sur soi-même et le monde. Ça tombe bien : la bipolarité est une affection qui touche ce qu’il y a de plus profond dans l’être et sa relation au monde. Ce trouble dévastateur dans ses phases extrêmes est le mal dont j’ai souffert et que j’ai pu plus ou moins apprivoiser grâce à l’aide de mon psy et de ce qui me reste de neurones fonctionnels.

Ce blog nait ce jour d’une émotion moins douloureuse ; l’insatisfaction constitue ma réelle motivation. Insatisfaction de ne pas voir mon trouble être présenté tel que je le conçois et tel que je le combats. Avoir une vision juste de ce qui afflige complète l’arsenal thérapeutique mais ne s’y substitue pas. Avoir une vision juste, c’est ne pas céder au mysticisme ou au «folklore» maniaque, c’est, au contraire, essayer de penser une affection indicible en terme rationnel. C’est tenter une éthologie du trouble bipolaire. La vision de la maladie que je propose, je n’ai l’ai vue nulle part et j’ai beaucoup cherché sur internet, dans des livres. Même des psychiatres eux-mêmes atteint de la maladie comme Kay Redfield Jamison n’ont pas abordé le problème dans le cadre de la perspective que je vais tenter de décrire clairement. Et pourtant, ma théorie est simple et très intuitive. D’autres y ont pensé avant moi, mais, n’étant pas bipolaire eux-mêmes mais scientifiques ils n’ont pas pu l’approfondir.

Ma seule légitimité pour parler de la folie est d’être « fou » moi-même. Je parlerais donc de la seule que je connaisse : la folie liée au trouble bipolaire Je restreins le périmètre de ce blog en excluant les autres formes de folie (La schizophrénie, l’autisme, autres démences…) qui ont une racine sans doute voisine mais que je ne peux pas expérimenter. La folie bipolaire a un avantage sur toutes les autres : elle est temporaire. Lorsqu’on redevient « normal » (euthymie ou normothymie), on ne peut que s’interroger sur la phase de folie maniaque. Le trouble bipolaire est sans doute la meilleure maladie mentale pour essayer de penser la folie. Il n’y a aucune raison que cet exercice soit l’apanage des seuls psychiatres ou psychologues. Pratiquement, la parole des fous ne nous est accessible que par le corps médical. Son jugement et son champ d’action est strictement délimité : Vous êtes malades, vous devez suivre un traitement. Ainsi, il reste de la place pour un autre discours sensé sur la folie : Un grain de sel de… Lithium en quelque sorte. N’attendez pas de ce discours un épanchement émotionnel, il est radicalement intellectuel. Il est l’expression d’une quête qui est suffisamment finalisée pour pouvoir être exprimée peut être maladroitement. 15 ans de conseil en anglais ont émoussé mes aptitudes littéraires.

On pourrait s’étonner à la fois de la présence des femmes et en même temps de leur absence. Encore une fois je ne peux parler que de ce que je connais et je fais partie de ceux qui pensent que les femmes ne sont pas comme nous. Certes nous sommes cartographiés pareil au niveau du néocortex, mais l’expression et la nature des instincts chez les femmes sont différent (par exemple, je vous le donne entre mille, elles préfèrent – en général – les hommes aux femmes, c’est, si je ne m’abuse complètement l’inverse de nous autres, les mecs). Je pourrais certes deviner ce qui se trame dans un cerveau féminin mais j’attends qu’une bipote lise les articles et prenne contact avec moi pour échanger dans le cadre de la ligne éditoriale de ce blog. Si ça intéresse quelqu’une…

Ce discours s’adresse à tous. Les sujets abordés déborderont largement le cadre de la maladie. Encore une fois, pas de plainte, je suis « stabilisé » depuis que je suis sous Lithium. Je ne souffre pas, j’ai une vie quasi normale. Ce blog n’est pas l’expression d’une souffrance, il est essentiellement analytique et Je vais essayer de prouver ce que je dis par tout moyen. J’essaierais de recourir à la science dans la mesure du possible. Mais je ne m’interdirais pas de naviguer dans les eaux plus troubles de la philosophie voire de la religion. On aura avec cette dernière une vue distanciée. Elle ne sera qu’un argument pas une fin en soi. Lorsque la théorie sera affirmée, vous la percevrez d’un autre œil.

Je voudrais insister sur deux points généraux qui me tiennent à cœur. En premier lieu, peut-être vous demanderez vous si je suis en fait complètement cinglé. Les praticiens et Merleau-Ponty vous diront que les malades mentaux savent parfaitement faire la différence entre le délire et le réel pour peu qu’ils aient la possibilité de redescendre. La bipolarité permet cette distinction car le bipolaire revient toujours à un niveau où il est possible de faire le tri.

En second lieu, je vais manipuler des concepts qui peuvent sentir le souffre. Parler de dominance, c’est prendre un peu de risque mais j’affinerais le concept au fur et à mesure et vous comprendrez qu’il est complétement inoffensif. Je n’aime pas les extrêmes en politique et j’aime la vérité définie stricto sensu comme l’équivalence de la chose pensée et de la chose vécue. La vérité a aussi un caractère universel, je montrerais que ce que je pense de ma maladie s’applique au monde. C’est ambitieux.

Green Day / Basket Case
Do you have the time
to listen to me whine
About nothing and everything all at once
I am one of those Melodramatic fools
Neurotic to the bone
No doubt about it
Sometimes I give myself the creeps
Sometimes my mind plays tricks on me
It all keeps adding up
I think I’m cracking up
Am I just paranoid?
Or am I just stoned?
I went to a shrink
To analyze my dreams
SHE says it’s lack of sex that’s bringing me down
I went to a whore
HE said my life’s a bore
So quit my whining cause it’s bringing HER down
Sometimes I give myself the creeps
Sometimes my mind plays tricks on me
It all keeps adding up
I think I’m cracking up
Am I just paranoid?
Uh,yuh,yuh,ya
Grasping to control
So I better hold on.