1.1.2 Ego

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais en dire un peu sur moi-même. C’est un exercice un peu inhabituel pour moi mais après tout, je suis la star de ce blog. Commençons par mon trouble : Je suis bipolaire de type I avec comorbidité anxieuse. Je suis un traitement thymo-régulateur combiné avec un neuroleptique. Le lithium est sensé atténué les cycles de l’humeur. Je n’ai pas d’effets secondaires notables sauf quelques problèmes récents avec ma thyroïde qui sont gérés par un autre médicament non psychotrope. Je trouve que le prix à payer pour rester « normal » est élevé. D’autant plus élevé que je ne suis plus convaincu des effets bénéfiques du lithium. Le psychiatre dit qu’il faut continuer le traitement alors je m’exécute car on ne gagne rien à se penser plus malin que la science. Je prends aussi un neuroleptique. Je ne suis pas psychotique mais, sans lui, il m’est impossible de dormir et puis la dose est à 6% du maximum. J’ai de la marge. En accord avec mon médecin, le neuroleptique sert de variable d’ajustement de mes hauts et de mes bas. L’efficacité du neuroleptique est redoutable. Après ingestion, Je me sens littéralement « redescendre » quand je suis haut. La puissance du Tercian me rassure et m’inquiète en même temps. Personne ne peut me dire les effets à long terme de cette médication.

Ma position vis-à-vis des psychotropes est qu’il ne faut rien en attendre. Ils ne vous rendront pas heureux juste « fonctionnel ». C’est pour cela que je ne veux pas multiplier les molécules. Mon psy a bien tenté d’ajouter à mon traitement un deuxième thymo-régulateur. N’en voyant pas la valeur ajoutée je l’ai abandonné avec approbation médicale. J’ai refusé et je continuerais à refuser les antidépresseurs. Ils me mettent dans un état bizarre et encore une fois je ne ressens aucune amélioration. En outre les antis dépresseurs peuvent provoquer un virage maniaque c’est-à-dire une montée en manie. Je veux pouvoir mettre du mien dans le traitement, les médicaments sont une facilité à laquelle il faut avoir recours avec parcimonie. Quand je vois le traitement d’autres bipos, je suis effaré de constater à quel point certains psychiatres ont la main lourde. D’un certains point de vue, il gère un risque au nom de la société. Nous sommes perçus par elle comme un risque majeur. Plus un bipo sera défoncé, moins il est susceptible de causer des dommages. C’est la pensée Sarkozy du traitement obligatoire et surveillé. Si un jour on m’oblige à prendre des médicaments, j’agirais comme une personne qui n’a rien à perdre. En résumé, Tant que je peux me lever le matin et aller au boulot alors tout va bien.

Côté vie professionnel, j’exerce la profession de consultant ce qui n’est pas très recommandé pour mes troubles anxieux. Ceux-ci se sont atténués avec l’âge. Je me souviens que j’étais sujet à des attaques de panique étant plus jeune. Ces crises étaient très impressionnantes. Elles ont heureusement disparues. J’ai fait beaucoup d’année d’étude. Je fais partie de « l’élite » de la France. Bac+5. Je dis ça pour contrer le préjugé que les malades mentaux sont soit des dangers immédiats pour la société (Sarkozy) soit des débiles congénitaux. Si j’étais inapte intellectuellement, des sociétés ne débourseraient pas des sommes très élevées pour m’intégrer dans leurs équipes dans lequel je me comporte comme un poisson dans l’eau : je ne suis pas un sociopathe non plus.

Mais j’avoue que mon tempérament est solitaire. Je rencontre plein de gens dans mon travail. Le privé est une respiration. Et puis il faut l’admettre cette asociabilité dans ma vie privée me met à l’abri des tentations alcooliques ou stupéfiantes. Ces substances sont des poisons, elles le sont encore plus pour moi. Il faudra réfléchir à cette idée : Une vie sociale en France est-elle possible sans alcool ?

Je suis quelqu’un qui a l’habitude d’appréhender les problèmes de manière rationnelle et non idéologiques Je crois en ce que je vois mais contrairement à la plupart des gens (99% de la population), il m’a été donné de voir des choses extraordinaires. A partir de là, deux voies sont possibles. Soit on garde ces choses pour soi en les estampillant dieu ou folie soit on essaye de les analyser pour trouver un angle d’attaque qui permettra de les partager avec le reste des vivants.

La logique est une composante de la rationalité et je n’en manque pas. A cause d’une passion dévorante, j’ai passé mon adolescence devant un écran alors que les autres se socialisaient et commençaient leur carrière affective. J’excellais dans une activité qui nécessitait une parfaite maîtrise de la programmation informatique. J’étais capable de lier un comportement du programme à la ligne de code qui le provoquait. En quelque sorte, je pouvais connecter un phénotype à un génotype informatique. J’ai toujours ce don spécial et il me sert dans mon travail même si je ne suis pas directement impliqué dans le développement de programme. Je suis une sorte de rainman du code. De mémoire, je me rappelle que Saint Augustin affirma que la vérité ne nous est pas donnée immédiatement. Un certains entrainement est nécessaire pour l’atteindre. En informatique, vous concevez le programme et, dans la phase de test, vous vérifiez que l’exécution du programme corresponde aux besoins exprimés. Vous rejetez tout ce qui n’est pas conforme aux attentes jusqu’à ce que l’application tourne correctement. Un bon informaticien n’est pas idéologue, tout ce qui ne marche pas est impitoyablement rejeté et corrigé. C’est une tournure d’esprit qui permet de s’assurer que la chose pensée colle à la réalité : Un entrainement Augustinien en quelque sorte. Entre moi et la vérité, il y’a l’erreur. Si je ne peux atteindre la première, je peux agir sur la seconde. Et entre moi et l’erreur, il y’a ce moi qui refuse de reconnaître ses torts. Je doute donc je pense donc je suis.

Enfin, j’adore déconner et dire des blagues qui peuvent aller de la blague carambar à des choses plus évoluées. Mais les elles doivent être contextuelles, exprimées sur le vif et si possible provocantes. Je me souviens d’un projet où nous avions quelques difficultés avec les équipes teutonnes. A l’occasion d’un pot quelconque, le big chef évoqua un certains « dégel » vis à vis des allemands. Ne partageant absolument pas son analyse je lui sortis du tac au tac qu’après le dégel, il y avait la débâcle. Trois seconde de blanc et deux éclats de rire me signifièrent qu’il y avait des gens qui suivaient. J’essaierais de garder un ton sérieux car le sujet le mérite. Mais je ne sais pas si je pourrais résister bien longtemps!

Radiohead / iron lung
My brain says I’m receiving pain
A lack of oxygen
From my life support
My iron lung

Aha / The sun always shine on TV
I Reached inside myself
And found nothing there
To ease the pressure of
My ever worrying mind
All my powers waste away
I fear the crazed and lonely looks
The mirror’s sending me these Days
Please don’t ask me to defend
The shameful lowlands
Of the way I’m drifting
Gloomily through time
I reached inside myself today

Thinking there’s got to be some way
To keep my troubles distant

Robbie Williams / Feel
Come on hold my hand,
I wanna contact the living.
Not sure I understand,
This role I’ve been given.
I sit and talk to god
And he just laughs at my plans,
My head speaks a language, I don’t understand.
I just wanna feel real love,
Feel the home that I live in.
’cause I got too much life,
Running through my veins, going to waste.