1.4.3 R(évolution)

Cet article sera dédié à une question dont le retour récurrent, la tonalité insistante et l’élucidation nécessaire constituent autant de preuves de sa pertinence. Le maniaque enfermé dans un hôpital ou en dehors du réel est incapable de survivre dans la hiérarchie de dominance. Survie et reproduction lui sont temporairement interdits par une armée en uniforme blanc autorisée à mener une guerre chimique et mécanique contre sa personne dans le seul but d’assurer la tranquillité de la société. Autrefois, seule la brutalité était permise. L’ère de la camisole chimique est un progrès considérable dans la quête revendiquée du monde sans alarme ni surprise de l’humaniste béat. Les neuroleptiques permettent d’éviter tout contentieux alors que la contention soulève une petite lueur de dégoût dans nos sociétés où la liberté est obligatoire et la télé impérative. La valeur sélective de l’hyperdominant maniaque l’enterre dans les profondeurs du classement malgré une hypersexualité qui pourrait le faire passer pour la queue du peloton. A l’entrée du palace sans étoile, on lui enlève sa pelle car il est évident qu’il n’attend qu’une raison pour commencer à creuser sa tombe d’homme libre. Pourtant les symptômes et les comportements suggèrent des traits de dominance. Le petit tableau ci-dessous met en lumière tout le paradoxe de la condition du surdominant. Les symptômes décontextualisés suggère séparément une augmentation de la dominance. Dans les faits, la manie vire à la déroute sociale par licenciement sémiologique.


La reproduction à l’hôpital est des plus ardues malgré quelques ouvertures aussitôt réprimées par des pilules non contraceptives. Personne ne croit que Dieu a enfin choisi un être raisonnable pour s’incarner. Il est interdit d’acheter quoi que ce soit. En ce sens, l’hôpital est un haut lieu de civilisation. On aura beau dire qu’on est un surdominant, personne ne vous estime et les pilules sont ingérées sans contrôle aux frontières. Si vous refusez de les avaler, on vous fera comprendre que c’est à cause de votre état qui décidemment est loin de s’améliorer tout comme vos chances de sortie. Le coup du chantage permanent. La lueur devient soupirail. Ses grilles deviennent blindées par la volonté des sains d’esprits occupés souvent à jouer aux cartes dans leur repère où se décide leurs destins de pauvres hères limités dans leur capacité de raisonnement et par leurs bandes passantes idéiques ; la dépression les guette donc ; Il faudrait les enfermer. La victime impatiente franchit une porte condamnée sans jugement : elle n’a commis aucune contravention, aucun délit. Un peu de délire tout au plus, les largesses de la folie des grandeurs dont on voudrait que le libéré sans condition s’excuse. Le patient veut se prendre pour Dieu et surtout qu’on lui foute la paix. C’est la définition par le vouloir ; Dieu veut la paix éternelle. A moins qu’il veuille qu’on cesse de l’emmerder, c’est écrit texto dans la parabole du juge inique (Luc 18.1). Au pléistocène, le maniaque devait être embêté par tout un tas de dominant inquiet de voir leur statut se volatiliser comme une peau de chagrin. Les nombreuses femelles sous leurs coupes dégradées devaient commencer à sentir qu’une copulation incomparablement plus comestible était disponible à portée de sourire, de rire et de charme ravageur. Les premiers hommes dominants furent sauvés par un gong salvateur. La télé n’existait pas encore mais Houba Houba le maniaque n’avait pas besoin d’elle pour perdre pied avec la réalité.

L’état maniaque se définit par son inadaptation à la réalité. L’adaptation renvoie à l’évolution. Personne ne sera surpris de la ligne éditoriale du blog. Le bouton de volume a dépassé la valeur recommandée pour rester dans les clous du réel. Intuitivement, la dominance progresse dans un rapport linéaire avec la valeur sélective. Au-delà d’un certain seuil, la manie fait plonger la valeur sélective. La dépression aussi d’ailleurs. Tout tend vers zéro très rapidement dans les extrêmes, à l’exception notable des sondages. Ce zéro symbolise l’hôpital, la perte de l’adaptation ou la mort sociale. La dominance augmente alors que la valeur sélective s’écroule. Les deux concepts ne sont pas identiques. On est tenté de les confondre à des valeurs moyennes, euthymique. Mais les valeurs extrêmes mettent en évidence un découplage brutal entre les deux dimensions. La dominance est un catalyseur, un amplificateur du soi et surtout un phénomène purement neurologique. La valeur sélective est essentiellement évaluation externe du soi dans sa relation au monde. Elle est, par essence, la modélisation de la sanction de l’environnement. La dominance est théoriquement infinie alors que la fitness est bornée par le milieu. Le temps de latence inter coïtale variable selon les individus empêche les arbres de monter jusqu’aux ciels. Le septième ciel est uniquement réservé à la finance américaine et à l’état français par voie constitutionnelle. Baiser son prochain est un sport qui ne laisse même pas le temps d’en allumer une entre deux épreuves. Il est inutile de demander si Lahaye est heureuse, la course de 110m l’a visiblement rendu éteinte. Même plus la force d’aller voter. C’est le résultat recherché.

La dominance n’a pas de limite car l’excitation du maniaque n’a pas de borne. L’excitation maniaque est une intensité particulière de la force qui, corrélée à la sanction de l’environnement, constitue, construit, fabrique la hiérarchie de dominance. En ce sens, la hiérarchie de dominance n’a pas pour seule fin d’allouer les opportunités sexuelles et les ressources. Elle porte ses membres élus à ébullitions. Elle est un accélérateur de particule élémentaire. Certaines sont plus rapides que d’autres et produisent des collisions créatives. La création semble être le but de cet anneau de vitesse. Je ne saurais pas étonné qu’il s’agisse de création de comportement. Les idées sont des simulations de comportement. Il n’y a pas de rupture entre le monde animal et l’homme. Les comportements sont passés par des stades instinctuels puis appris. Ils se sont libérés de l’action effective pour devenir des simulations, des pensées. La pensée est d’évidence une élaboration phylogénétique bâtie sur le comportement. Il convient de distinguer le système d’attention de la pensée. La conscience garantit le libre arbitre alors que les idées sont des fourmis dans les jambes.

Une métaphore va nous permettre de fixer les idées. L’automobile est la plus fidèle amie de l’homme. En cela, elle a détrôné la femme qui se précipite, nous dit-on, vers les sites de rencontre extra-conjugale type Gleeden. A force de se masturber au volant, les hommes ont laissé le temps aux femmes de s’adonner à toute sorte de stratégie reproductrice hors mariage. Le matériel n’est plus que roulant, ce qui le rend insaisissable pour le sexe féminin qui n’a plus d’autre choix que de rouler le mâle dans la farine avant de l’aplatir comme une crêpe dans un divorce subventionné par l’état. La stratégie de reproduction est parfaitement cohérente si ce n’est qu’elle provoque des bouchons monstres dans les rue de Paris provoquant ainsi un orgasme de la mairie de Paris qui préfère les roues voilées aux vapeurs d’essences. Les transports en commun facilitent les appariements illégaux. L’homme persiste pourtant à adopter une conduite sportive dans des bagnoles excédant la vitesse autorisée de 500%. La dissipation de calorie ne rendra pas son petit cul plus affriolant car le siège baquet rend tout mouvement hors de propos. La vitesse l’empêche de remarquer que sa femme a déjà cliqué sur la photo représentant un con au volant d’une Porsche. Je m’égare à cause de la vitesse. Mais l’auto ne manque pas de reprise. Alors reprenons.

L’allégorie automobile est polymorphe et permet bien des raccourcis métaphoriques. La dominance se compare à l’accélérateur. Tout objet de variation est pain béni pour elle. L’accélérateur ne crée pas la voiture en tout cas pas instantanément. L’accélération change les conditions qui régissent le mouvement de la voiture et sa relation avec l’environnement. L’environnement reste lui inchangé. Sur la route, l’homme normal roule en principe aux vitesses autorisées. Cette vitesse autorisée lui garantit une certaine neutralité de l’environnement, un risque minimale de collision. Le maniaque appuie sur un champignon devenu temporairement nucléaire. La voiture accélère brusquement. La brutalité de l’accélération est une cause de la folie liée à la manie. L’habituation ne peut amortir le choc du changement de coefficient directeur. L’environnement est perçu d’un autre promontoire : le paysage défile, la vision se brouille dans les courtes distances etc… Lorsque la manie a atteint sa vitesse de croisière, la survie est en jeu car un certain nombre de fonctionnalité de l’auto ne sont plus adaptés au train d’enfer. Les disques des freins sont sous dimensionnés, le conducteur est un conducteur du dimanche, le stress augmente et les mauvais réflexes, pardonnables à une vitesse normale, deviennent fatalement une invitation à trouver la vérité ultime sous le joug définitif de la faux. Par exemple, à haute vitesse, il vaut mieux regarder loin devant que d’admirer bêtement la calandre.

Deux solutions sont envisageables, l’accident ou la maitrise. L’accident est habituel alors que la maîtrise est rare. Le conducteur survit s’il a le bon gène, s’il a adapté la voiture aux conditions extrêmes, si le garagiste est compétent. Dans le cas contraire, Il est victime d’une sortie de route, les concepteurs de l’automobile vont revoir leur copie et modifier quelques éléments. Les prochains conducteurs pourront ainsi rester maître de leurs véhicules La confrontation de la vitesse au milieu ne supprime pas obligatoirement la vitesse. Elle peut la convertir en avantage sélectif si elle présente un quelconque intérêt dans une stratégie de survie ou de reproduction. Dans la nature tout est automatique. Les améliorations ne sont pas décidées par le garagiste mais par le génome qui varie et reçoit l’onction du milieu.  La théorie Darwinienne postule un moteur sélectif, l’environnement, qui sculpte le corps pour en faire son miroir adapté. La théorie de la dominance pose qu’un deuxième aiguillon sélectif est à l’œuvre amplifiant l’action des gènes. La dominance ou l’excitation endogène complète les paires de base. La folie bipolaire est une exubérance créative. Cette exubérance pourrait expliquer la variabilité des espèces et de leurs comportements en rebattant continuellement les cartes des chromosomes. Les gens normaux participent au phénomène, mais la faiblesse de l’écho sur l’oscillateur les empêche de détecter la danse de la vie. La dominance défie le corps, change les équilibres et trouve des solutions à des problèmes qu’elle crée. Le milieu fait le tri et prononce son jugement de paix. Ces jugements ne sont pas des bords carrés, ils accompagnent l’espèce vers l’acquisition de toujours plus de dominance. La dominance étant une donnée molle, elle ne peut pas se retrouver dans les fossiles. Il faut imaginer que nos ancêtres étaient un peu moins heureux que nous le sommes. Cela vous fait une belle jambe, mais eux les prenait souvent à leurs cous pour éviter les prédateurs. Le temps de loisir était forcément plus restreint. On s’asseyait, on regardait le ciel et ses sculptures nuageuses. Tout cela Dieu merci a été remplacé par le cul, la philosophie et la poésie désintéressée de Lady Gaga.

Valeur sélective et dominance sont deux dimensions différentes. La valeur sélective évalue la réponse du milieu et la dominance alliée au gène représente l’offre face à ce milieu. Cette offre doit apporter une variabilité pour contrer les fantaisies de l’environnement voire le dépasser pour augmenter la récompense. La dominance ajoute une dimension supplémentaire à la variabilité du gène en modulant les comportements que toutes deux conditionnent. Un individu dominant a un comportement spécifique dans le groupe. Il trace un chemin d’accès à la dominance qui n’est autre que l’instinct grégaire. Le chemin des confrontations dyadiques est facilité pour le porteur du gène capable de reproduire un comportement créé par le dominant. L’homme est tellement faux cul et soumis qu’il a finis par adapter le comportement pour le rendre rapidement malléable au modèle dominateur. L’apprentissage était né. Il est de fait la manière la plus efficace d’imiter un comportement, il est le grégarisme porté au pinacle de l’efficacité. Je pense donc j’imite donc je me comporte comme le reste des moutons qui se sentent bien à part certains jours où ils terminent en brochette. On appelle cela la révolution, soit le remplacement d’un grégarisme par un autre.

La dominance choisit l’individu le plus robuste pour tester les nouvelles fonctions du corps qui affleurent lorsque l’excitation est haute. La manie exagère le génome. La probabilité d’y trouver un équilibre entre l’excitation, l’environnement et le corps est très faible. Le dominant normal pourra compter sur toute la palette des fonctions du corps pour tirer le meilleur partie de l’excitation, un équilibre ponctuel pourra être ainsi créé. Cet équilibre se propagera dans la hiérarchie de dominance par imitation et reproduction. Ainsi la dominance augmente tendanciellement dans le temps. L’environnement filtrant non pas les faibles mais les individus capables de supporter des niveaux de dominance de plus en plus haut. L’évolution agit à court terme par la dominance. Le long terme est le royaume du génome.

Une fonction quasi linéaire peut décrire la relation entre la valeur sélective et la dominance. Une dominance très faible induit une valeur sélective nulle. La dépression est caractérisée dans cet intervalle. Ses symptômes sont un moteur sélectif inversé : Dame Nature veut se débarrasser de vous. Elle vous coupe des autres, ralentit vos fonctions et vous empêche d’accéder aux opportunités sexuelle. Les femmes ne sont pas spécialement attirées par les dépressifs. Ecoutez les dans les conversations de bistrot, vous comprendrez leur extraordinaire cruauté. Les dépressifs sont à fuir comme la peste. Les conversations de bistrot sont beaucoup plus instructives que les centaines de kilomètres de sermon télévisuel. ou les tweets sanctionnant les courtes vues de ceux qui regardent le monde avec leur trou du cul. Tout le monde est beau tout le monde est gentil. Le faire savoir explique l’indigence des programmes à l’écran. On a l’impression d’une parade sexuelle de mâle et de femelle en rut incapable de trouver un partenaire sexuel. Alors ils font semblant de débattre pour fuir les ébats. Débattre veut dire se parer des milles couleurs de la vertu pour entourlouper son prochain : on appelle cela la séduction ou la communication. La morale est devenue primordialement un effet de la sexualité alors qu’autrefois elle la régentait et la tenait pour ce qu’elle est : une soudaine envie de pisser qu’il convenait d’assouvir dans l’environnement adéquat. La dominance maximum conditionne donc une valeur sélective nulle. La manie et la dépression sont des pièges évolutifs. Une fois dans la nasse, la survie est compromise. Entre les deux extrêmes, la dominance et la valeur sélective sont dans un rapport linéaire. La figure ci-dessous présente une ébauche de la relation entre dominance et fitness.

Le couple formé par l’environnement et le génome n’est pas complet. Pour penser l’évolution humaine, la dominance doit rejoindre la paire pour former un trio. Elle dépend des gènes mais elle s’intercale entre eux et l’environnement pour en augmenter la variabilité au niveau comportementale. Les animaux évoluant dans une hiérarchie de dominance sont ceux dont l’éthogramme est le plus riche. La constatation de ce fait vaut preuve de la causalité de la dominance dans la création comportementale. La dominance ne sert pas la seule allocation des ressources de toutes natures. Elle est un phénomène évolutif majeur et elle-même résultat de l’évolution. Elle crée le groupe social qui rétroagit sur l’individu qui rétroagit sur le groupe social. La société se définit donc comme un équilibre des corps amplifiés, amoindris, bref, régulés par un flux variable d’excitation. Les comportements changent en fonction du flux et du reflux de l’inhibition. La dominance donne le droit à l’individu d’être pleinement lui-même. Et il a besoin de la société pour exprimer pleinement la plénitude de son individualité. Réduire donc l’homme à son ADN est un modèle vide de sens si on n’ajoute pas le niveau d’excitation dans le ballet de l’existence.

Darwin et la théorie de l’évolution posent que la nature procède par essai et erreur. Cette heuristique est simple et peut expliquer l’adaptation de l’espèce à son environnement. Elle ne permet pas d’expliquer des traits exceptionnels qui vont bien au-delà de l’empreinte miroir de l’environnement. La conscience ne peut pas s’expliquer par l’adaptation car elle ne constitue pas le miroir du milieu, pire elle ne semble offrir que peu d’intérêt en comparaison du coût dépensé en énergie. Le milieu impose des pattes car il possède une géographie. Il rend obligatoire une bouche car il offre une énergie qu’une somme de comportement instinctifs est tout à fait capable de prélever. Le milieu n’explique pas la conscience. L’araignée est minuscule mais elle peut se déplacer, tisser une toile et se reproduire. Elle maîtrise son environnement. La dominance permet aux gènes d’aller par-delà les contraintes du milieu et d’inventer les fonctions les plus imprévues en convertissant des deltas d’excitation en nouvelle fonctionnalité. La dominance agit primairement sur les neurones. Il n’est pas surprenant de trouver le système d’attention dans ses méandres.

Il s’ensuit de cette proposition que l’évolution ne s’arrêtera jamais pour les espèces ayant tiré le parti maximum de la hiérarchie de dominance. L’évolution continuera son chemin même si l’environnement reste constant. La conséquence est d’importance. L’homo sapiens sapiens est condamné à évoluer et une part de cette évolution est liée à la dominance. Cette part de l’évolution dont la cause est la dominance sera nommée évolution endogène. Elle s’oppose à l’évolution exogène liée aux aléas des modifications de l’environnement. La suppression de l’évolution endogène du modèle rend tout simplement incompréhensible l’apparition de la conscience. La conscience est la conséquence d’une folie voulant contrôler un excès d’excitation. Le chimpanzé semble nous dire quand il nous observe : « tu es fou, viens, on rigole beaucoup plus chez nous, arrête de détruire notre habitat pour assouvir tes pulsions irrationnelles de dingue… ». Personne ne sait ce qu’est l’excitation liée à la dominance comme personne ne sait ce qu’est un quark ou un champ en physique. La science pense comprendre. Toutes les connaissances accumulées devraient pourtant lui rappeler la sagesse des anciens. Je sais que je ne sais rien, disait Socrate, ou au moins pas grand-chose. L’ennui, c’est que la science s’arroge la toute-puissance de la morale et la charge de la preuve sur les problèmes éthiques incombent à tout le monde sauf aux scientifiques puisqu’ils sont preuve par nature. Je pense donc je sais donc je sais faire donc je fais, et finalement tu commences par fermer ta gueule parce que j’ai toujours raison. Voilà la morale scientiste. De Hiroshima à la GPA, tout le monde sera servi par la bonne Parole Providentielle qui ne sait toujours pas comment on va démanteler les centrales nucléaires sans emmerder son voisin et sans piocher dans les poches du contribuable. Pas d’inquiétude pour les riches, ils ont toujours les poches percées, l’argent finit toujours dans de larges chaussures fabriquées en Suisse. L’argent n’a pas d’odeur dit-on, c’est faux. Il sent le feu de cheminée pour ceux qui chaque jour apprécie les bienfaits du père noël de Wall Street.

La conscience de soi est une activité de contrôle de soi. Elle a été sélectionnée pour contrôler l’excès d’excitation de la folie. Les neurologues l’appellent le système d’attention. Le contrôle de soi inclue la maîtrise intellectuelle de l’environnement. Le milieu et sa perception intellectuelle apporte un invariant, une référence stable appréciable pour contenir la puissante et chaotique poussée électro chimique dévastant le cerveau du maniaque. En se concentrant sur ce qui est stable, les neurones ont créé une image mentale perfectionnée dont un système a pris les commandes pour rester les pieds sur terre. La conscience est née de la folie, elle est même une forme de la folie. Elle dépasse la simple adaptation, elle est au-delà des prérequis pour survivre. Le gène et ses mutations couplé à la dominance et à ses variations est bien l’offre rencontrant les exigences de la nature. Il arrive que l’offre devienne supérieure à la demande. La demande est éclipsée pour un temps, mais elle se vengera tôt ou tard. C’est dans l’ordre des choses. Certains s’en inquiètent déjà.

Le bipolaire est victime du mécanisme évolutif implacable en même temps qu’il le révèle. La maladie bipolaire jette une lumière crue sur le système régulateur de la dominance. Le bouton de volume rend le bipolaire partie prenante d’un jeu auquel jouent aussi les gens normaux. Nous ne sommes pas si différents, mais nous sommes extrêmes. Sommes-nous nécessaires à l’évolution de l’être humain ? Dans presque tous les cas, la manie envoie les bipolaires à l’hôpital. Parfois, peut-être, l’ontogénèse fabrique des amas de neurone propices au contrôle de la vague. Dans ce cas exceptionnel, le maniaque serait à même d’observer toutes les conséquences de la dominance. Quels invariants pourraient on tirer de leurs expériences ? Ce type d’étude est mené uniquement dans un cadre sémiologique. L’éthologie ne s’est pas emparée du sujet, c’est regrettable. La folie appartient à la psychiatrie et à la psychologie. Leurs horizons d’études sont bornés par leurs objectifs. Il faut guérir les symptômes. Les mettre en perspective est superflu.

L’être humain évoluant dans la hiérarchie de dominance est un déséquilibré par nature. Psychose, névrose, angoisse, anxiété touchent la majorité des individus. Nous sommes tous bizarres car nous vivons dans un système qui pousse aux déséquilibres et tente en même temps de les résoudre. Le bien loti, le dominant, est celui qui résout le plus de déséquilibres. Ainsi, Il atteint le bonheur. Nous tentons de l’imiter, de suivre son chemin pour atteindre la félicité que sa présence nous promet. Nous ne savons pas si nous sommes faits pour son chemin ; pourtant nous risquons encore plus de déséquilibres en tentant de le suivre. La destinée de l’être humain est parsemée d’embuche. Le monde actuel, en faisant la promotion continuelle et agressive de récompenses inaccessibles, est une machine à créer du désordre émotionnel et de la frustration. Les communicants et les publicitaires se défendent habilement d’être la source de notre malheur et transmutent leurs mensonges éhontés en rêves profitables, pour les marchands, pour eux et leurs putes à 99 francs, soit le vrai pouvoir des temps modernes. Le bulletin de vote est une suite de note sortie d’un pipeau ou d’un appeau attirant les naïfs et les niais qui croient être sortis de la burne de Jupiter alors qu’ils jettent leurs bulletins dans une urne funéraire où un vote utile se noie parmi des millions de téléspectateurs de TF1. Je crois que je me suis encore égaré là. Il est toujours avantageux de se perdre quand on n’a rien à y gagner. Quand on allume la télé, on est sûr que la vérité est ailleurs, c’est pour cela que les gens vont chercher une bière. En cela, il ne respecte pas les conseils du corps médical. Les substances maltées n’ont aucun effet comparable à la vaseline.

Dead kennedys / insight
Who’s that kid in the back of the room?
Who’s that kid in the back of the room?
He’s setting all his papers on fire
He’s setting all his papers on fire
where did he get that crazy smile?
Where did he get that crazy smile?
We all think he’s really weird
We all think he’s really weird
We never talk to him
He never looks quite right
He laughs at us
We just beat him up
What he sees escapes our sight
We never see him with the girls
We never see him with the girls
He’s talking to himself again
He’s talking to himself again
Why doesn’t he want tons of friends?
Why doesn’t he want tons of friends?
Says he’s bored when we hang around
Says he’s bored when we hang around
We never talk to him
He never looks quite right
He laughs at us
We just beat him up
What he sees escapes our sight
We’re all planning our careers
We’re all planning our careers
We’re all planning our careers
He says we’re growing old…

Oasis / Don’t look back in anger
So I start a revolution from my bed
Cause you said the brains I have went to my head
Step outside the summertime’s in bloom
Stand up beside the fireplace
Take that look from off your face
Cause you ain’t ever gonna burn my heart out