1.6.3 Signal Honnête

Le système de sélection naturel humain se distingue par la multiplicité des attributs mis en jeu pour accéder à la dominance. L’exploitation de ses attributs définit le processus de domination qui influe sur l’humeur. La domination est un processus alors que la dominance est un état. L’humeur est la récompense de long terme qui caractérise une position de dominance dans la structure de dominance. Cette structure est souterraine. Elle est basée sur le bonheur. La poursuite du bonheur qui motive nos actions et nos pensées est le principe structurant d’une hiérarchie dont nous avons peine à mesurer les contours. Cette hiérarchie ignore les classes sociales, les hiérarchies locales de compétitions. Elle est notre langage commun éthologique. Elle est asexuée puisqu’homme et femme sont capables de bonheur. Les femmes ne choisissent pas uniquement les mâles parce qu’ils sont banquiers. Elles ignorent les cercles fermés et cherchent l’amour là où elle le trouve ; elles raisonnent plus en réseaux qu’en hiérarchie. Les hommes auront beau faire, beau dire et beau posséder, les femmes choisiront les males heureux. Durkheim était grandement dans l’erreur en affirmant que le mariage protège les hommes du suicide. Les femmes sélectionnent les mâles bienheureux. Ces derniers ont beaucoup moins de chance d’attenter volontairement à leurs jours. Le filtre se débarrasse des bougons de mauvaise humeur. Comprenez les dépressifs, les inhibés et les privés de l’euphorie alcoolique perpétuelle.

La sociologie est l’art de faire parler les chiffres pour qu’ils cadrent avec les préjugés des sociologues. Surtout politique. La sociologie n’est pas une science humaine, c’est une science politique où le vent souffle toujours à gauche. La sélection naturelle continue de plus belle, ne leur en déplaise. Elle est cachée. En découvrant ses propriétés, l’homme et les femmes se connaitraient mieux et comprendraient mieux les liens qui les lient à la communauté. Les liens sociaux sont un abus du langage. Les liens sociaux sont des liens de dominance. La dominance créée la structure de dominance. Aucune information sérieuse d’ordre sociologique nous apprend ce qui créé le groupe social, la sociologie constate, avec tous les biais permis par une épistémologie hasardeuse. Côté Darwin, le gène égoïste n’explique pas l’altruisme massif de l’être humain. L’intérêt porté à l’autre et à sa survie est avant tout un résultat de la sélection sexuelle humaine. L’altruisme est une motivation et un comportement d’ordre biologique. Cet instinct a évolué grâce à la structure de dominance spécifique à l’être humain. L’évolution suit son intuition, pas les préjugés qui sont accolés à la notion de dominance. Il ne faut pas confondre dominance et domination.

Le bonheur est un état psychologique interne. Il ne peut pas créer de structure dans l’espace public si Dame Nature est incapable de transmettre l’intensité de l’humeur de congénères en congénères. Les homos sapiens ne sont pas connus à ce jour pour leur talent de télépathe. La dominance est signalée par le bonheur. Il faut donc une courroie de transmission pour passer du bonheur à la structure de dominance. L’existence d’un outil éthologique conceptuel permet à la femelle de choisir le meilleur mâle. Le signal honnête de dominance remplit cette fonction. La théorie de la dominance restreinte étend la causalité du signal qui acquiert une fonction de reconnaissance permettant la construction de la structure de dominance. Il permet un établissement immédiat d’une relation de dominance. Aucun signal honnête n’a été à ce jour mis en évidence chez l’être humain. Des recherches s’intéressent à des morphotypes. Par exemple, des études ont montré que la forme de la mâchoire serait corrélée aux promotions dans l’armée. Les articles futurs prendront l’hypothèse que ce signal existe est qu’il n’est pas propre à un sexe. La forme de la mâchoire n’est pas la solution à un problème que le blog ne résoudra pas. La subtilité, la complexité, le caractère hautement composite du signal rend sa découverte pour l’instant impossible. Des conclusions seront tirées de cette difficulté : la théorie de la dominance générale.

Source : Fabien Génin Docteur en biologie du comportement
Signal honnête / signal malhonnête : En sélection sexuelle : Un signal est dit honnête s’il renseigne effectivement les femelles sur l’aptitude du mâle (par exemple, la couleur vive est associée à une bonne résistance aux parasites) et malhonnête s’il n’est lié à aucune aptitude (le mâle est par exemple de couleur vive mais stérile).

Le signal honnête n’est pas connu à ce jour. Des hypothèses de bon sens peuvent être formulées à son sujet. Il ne doit pas être dépendant de la volonté consciente du sujet. Un individu ne peut pas décider d’être dominant. Si la dominance était une variable dépendante de la volonté, le jeu sélectif serait faussé et tous les mâles auraient un accès égal aux opportunités sexuelles et aux ressources de toutes natures. Ce n’est manifestement pas ce qui est observé. La conscience a uniquement le contrôle de la domination et de l’ensemble des attributs exploités. La domination est sous le contrôle de la conscience, elle mène à la dominance en cas de succès adaptatif. Le passage de la domination à la dominance est encore une inconnue dans l’équation du bonheur. Il est certains qu’une interaction de type dyadique est à privilégier : Humiliation d’un congénère, mise à profit d’une autorité biologiquement illégitime pour affirmer un lien de subordination, petite plaisanterie vicieuse mettant les rieurs de son côté au dépend d’un individu identifié comme sensible et faible, aide apportée à un collègue qui le met dans un état de dépendance ou qui prouve implicitement son ignorance. Beaucoup de nos comportements sociaux sont des comportements de domination. Personne ne s’en rend compte car tout le monde veut accéder à la dominance ni vu ni connu dans un cadre contraint par la moralité. Le blog s’interroge sur la dominance en tant qu’état. Dame Nature apporte-t-elle une prime aux dominants hors attribut de domination ? Le signal honnête de dominance répond affirmativement à cette question. Son intensité étançonne la structure de dominance. Les comportements de la dominance diffèrent peut être des comportements de domination. Le bonheur rend l’être humain plus vertueux. La sagesse vient avec la dominance. Pas avec la domination. Pour être honnête, il faut être riche.

Le système de sélection naturelle de l’être humain repose sur le choix de la femelle. Le mâle est habile à masquer ses faiblesses. L’achat de beaux habits, de belles bagnoles ainsi que la poursuite d’un statut social pas forcément en rapport avec ses réelles capacité sont des tromperies qui sont entrées en scène relativement récemment dans l’évolution. L’homme accuse la femme de vénalité et achète des costumes Hugo Boss qui prennent l’air dans des Porsche pour les plus misérables. Le but est de montrer qu’on a plein de pognon. Ce petit jeu est absurde et masque notre corruption matérialiste. Si l’évolution avait compté sur ce ballet, il n’est pas exactement certain que la conscience serait apparue. Notre système de sélection naturelle est comparativement plus efficace que celui des chimpanzés moins conscients que nous, de l’avis général. Il est de bon ton de chercher l’intelligence partout dans le monde animal. Pourtant, les singes ne vont ni à la messe ni au cinéma. Au lieu de se polariser sur les différences génétiques, une analyse comparative des systèmes de sélection naturelle amènerait à une interrogation. Pourquoi aucun singe ne joue de la clarinette comme Jimmy Hendrix ? La femelle humaine a mieux choisi ses partenaires sexuels. Elle a été mieux renseignée sur ces véritables capacités. Le seul fondement théorique que l’on peut donner à ce choix qui a précédé la conscience est le signal honnête de dominance. L’indicateur externe complète ainsi le bonheur, indicateur interne destiné à la conscience. Tous deux sont des mesures de la dominance. La dominance, le bonheur sont le but ultime de l’être humain. Dominance biologique et puissance Nietzschéenne navigue dans les mêmes eaux territoriales. Christophe André affirme que le bonheur ne sert à rien. Le psychologue ne se positionne pas dans l’histoire évolutive. Il ne peut pas comprendre toute son importance.

La soirée maniaque que j’avais passée en boîte lors de l’épisode III s’explique théoriquement par le signal honnête. Les regards convergeaient vers moi alors que rien dans mon attitude n’avait changé. Je contrôlais la manie et mes comportements. Le delta de séduction ne pouvait s’expliquer que par un autre delta : une augmentation de l’intensité du signal honnête. L’accroche du regard est intéressante car les psychologues le considèrent comme un point focal des comportements liés à la dominance. Les yeux ne naviguent pas de manière innocente. Dans les transports, les regards qui se croisent provoquent des gênes, de la réprobation ou de l’indifférence appuyée. L’exiguïté d’une rame génère des codes la plupart du temps écrit. Il est avantageux pour une femme de lire un livre, de jouer frénétiquement à candy crush ou de feindre le sommeil plutôt que de laisser trainer ce satané regard. Personne ne s’est jamais intéressé à l’éthologie d’une rame de train. C’est dommage. Les yeux font partie du diagnostic d’un épisode maniaque. Les psychiatres parlent d’un regard brillant. On ne sait pas bien à quel critère biologique ce jugement se rapporte. Mon psy m’a dit que des changements hormonaux pouvaient être à l’origine de cette étincelle.

Source : Psychologie de la soumission et de la manipulation, Nicolas Guéguen
Le contact visuel pourrait avoir la même fonction, mais plutôt que de permettre une différentiation statutaire comme c’est le cas du toucher, il semble plutôt conduire à une inférence du niveau de dominance à propos d’autrui. Il s’agit donc d’une dimension spécifique alors que le statut est une composante multidimensionnelle./…/ Les résultats montreront que le compère (l’expérimentateur, ndlr), en condition de regard prolongé, est jugé plus dominant qu’en condition de regard furtif. Dans le même temps, le sujet regardé a estimé que le compère le jugerait moins dominant en condition de regard prolongé qu’en condition de regard furtif. Pour Thayer (1969) de tels résultats qui ont été répliqué (Argyle, Levebre et Cook, 1974) confirmeraient le modèle animal d’expression de la dominance : le privilège du dominant est de regarder le dominé.

Intuitivement, il serait tentant d’attribuer à un visage heureux ou épanoui le support biologique au signal honnête. Mon intuition est qu’il est un indicateur secondaire de la dominance. Il peut être simulé bien qu’un sourire forcé est difficile à maintenir dans la durée. L’être humain sait parfaitement faire la distinction entre un rire social et un rire franc. La même faculté s’applique peut-être au visage. Le visage est intéressant, je ne trancherai pas le débat dans cet article.

Damien Saez / Jeunesse lève-toi
Dis-moi qu’on brûle encore
Dis-moi que brûle encore cet espoir que tu tiens
Parce que tu n’en sais rien de la fougue et du feu
Que je vois dans tes yeux ?