1.6.6 Mode d’emploi

La dominance est une variable mise en jeu dans la structure de dominance. La variabilité est assurée par l’intensité du signal honnête de dominance. Ce signal est conceptuel. Son utilité est de rendre de compte des modifications dans mon univers comportemental lorsque mon humeur s’élève. Les comportements des autres changent et sont congruents à mon humeur. L’assise du phénomène est biologique et phylogénétique. Les gens n’apprennent pas à changer leurs attitudes en fonction de ma dominance. Chez l’être humain, la phylogénèse des comportements disparait derrière l’apprentissage. Elle reste néanmoins très active dans l’initiation des comportements. Les motivations nécessaires à la survie sont toutes innées. Elles visent à maintenir le corps dans le meilleur état possible. La faim, la soif, l’évitement de la douleur concourent à la conservation du corps. L’instinct sexuel et la libido sont impliqués dans la reproduction. Toutes les autres motivations qui ne concourent pas à la conservation et du corps et de sa reproduction sont toutes dérivées d’un instinct qui porte plusieurs noms: la recherche de la dominance, la recherche du bonheur ou la volonté de puissance. Toutes les activités, même les plus altruistes, surtout les plus altruistes, concourent à nous assurer une place de choix dans la structure de dominance. La motivation est une des composantes du système de récompense, pièce maîtresse du système de dominance en tant qu’il convertit la domination en augmentation de l’intensité du signal honnête. La domination apparaît alors comme l’assouvissement de la motivation liée à la poursuite de la dominance. Motivation, action et récompense. Aucun de nos actes n’est innocent dans la structure de dominance.

Le cerveau est un parfait exemple d’une complexité naturelle s’appuyant sur des briques simples. Les neurones échangent des messages chimiques. Ces interactions sont bien décrites au niveau d’un ou quelques neurones. Le principe de causalité réductionniste s’applique. Une cellule est excité à cause d’une autre cellule, un potentiel d’action est créé et se propage. La difficulté surgit lorsque l’analyse porte sur tout ou partie du cerveau. Le phénomène décrit causalement à petite échelle devient un phénomène qui échappe à la compréhension. La causalité réductionniste cesse d’être valide, la conscience devient une propriété émergente du tout et non de ses parties. Même des phénomènes simples à modéliser échappent à notre sacrosaint concept de cause. Nous avons beaucoup de mal à penser un système où A agit sur B qui agit sur C qui rétroagit sur A. la cause de B est-elle A ou est-elle C ou les deux ? C est il la conséquence où la cause de A ? Ces questions ont-elles un sens ? La cause est-elle présente dans les objets simples ou dans leurs contributions à l’équilibre dynamique global du système ? La dominance, son signal et le bonheur sont-ils des phénomènes individuels ou de groupe ? La récurrence de ce type de question prouve l’universalité de la problématique des phénomènes non linéaire où la cause n’est plus proportionnelle à l’effet. La présence de boucle de rétroaction perturbe le raisonnement.

Pour tout un chacun, le bonheur est la résultante d’un sentiment lié à des succès financiers, affectifs ou sexuels. Les causes sont parfois les conséquences et inversement. Un rappel d’un article précédent est éclairant. Les scientifiques posent que les réseaux sociaux sont la cause, le cadre ou une des conditions nécessaires à l’épanouissement du bonheur. Ils oublient un peu vite une autre possibilité logique. Le bonheur est la cause créatrice des réseaux sociaux. Les gens s’assemblent instinctivement et affectivement entre personne d’humeur littéralement égale et mesurée par le signal honnête. J’entendais une interview d’une actrice française, Mathilde Seigner, qui déclarait qu’elle ne supportait que les gens à tempérament solaire. L’exemple est typique. La seule possibilité de suivre ces tempéraments fatigants, c’est d’être comme eux. Cette discrimination naturelle est présente dans toutes les strates de l’humeur. Elle se mélange bien sûr avec les affinités de domination. Plus des relations sont affectives, plus la dominance régit les groupes sociaux. La structure de dominance repose sur un équilibre dynamique global. Ce type d’équilibre est conditionné par un mode de communication entre les entités construisant sa complexité. Le signal honnête de dominance joue le même rôle que les neurotransmetteurs dans le cerveau. Si les causes et les conséquences sont identifiables à une échelle donnée, elles se perdent dans le tableau global. La contribution de chaque neurone à l’équilibre dynamique est la seule causalité floue qu’il est possible d’établir. La contribution de chaque être humain à la structure de dominance en modifie la conformation. La théorie de la dominance implique une vigilance particulière quant à la caractérisation de phénomène en cause ou en effet.

Le bonheur n’est pas qu’une résultante de succès sociaux. Il en est aussi la cause. Les causes sont conséquences et les effets deviennent cause. A l’échelle d’un individu, la dominance ou bonheur est à la fois cause et conséquence de son succès. Le rôle du signal honnête de dominance peut se comparer à la masse musculaire. Les combats se succèdent, la masse musculaire augmente et facilite la victoire du prochain combat. La masse musculaire n’est pas une récompense ; la métaphore n’est pas complète. Son acquisition est une conséquence d’un combat victorieux mais aussi une cause de la victoire du prochain combat car elle permet soit d’intimider soit de vaincre par la force. Après une victoire, l’homme ou la femme n’est plus tout à fait le même individu par sa musculature. La dominance n’est renforcée que par des victoires et s’accompagne d’attributs biologiques. Le signal honnête de dominance n’est pas connu à ce jour mais il est connu que le succès modifie les taux de testostérone et de sérotonine dans le cerveau. Il ne permet pas des victoires physiques. Son périmètre d’action est l’influence sur les comportements, il est avant tout social.

Une étude scientifique prouve que le bonheur est un adjuvant précieux du succès : « The Benefits of Frequent Positive Affect: Does Happiness Lead to Success ? ». L’article est une méta analyse. Il compile les résultats de nombreuses publications consacrées au bonheur. Ses conclusions ne doivent donc rien au hasard. L’acquisition de bonheur par le succès est sanctionnée par l’augmentation du signal honnête de dominance qui donne à son tour une probabilité plus élevé de réussite sociale. La structure de dominance et la hiérarchie sociale sont liées sans se superposer parfaitement. La réussite change l’organisation biologique et sociale. Toutes deux régulent l’acquisition de bonheur. Les arbres ne montent pas jusqu’aux ciels. On suppose que la dernière unité de bonheur acquise demande une dépense de plus en plus importante : Stress, statut menacé et menaçant des dominants supérieurs ou compétition plus exacerbée.

Source : Sonja Lyubomirsky, university of California,Riverside,Laura King, university of Missouri—Columbia/ Psychological Bulletin Copyright 2005 by the American Psychological Association 2005, Vol. 131, No. 6, 803–855
De nombreuses études montrent que les individus heureux réussissent dans des domaines multiples comme le mariage, l’amitié, le revenu, la performance au travail et la santé. Les auteurs suggèrent un modèle conceptuel pour tenir compte de ces découvertes tout en arguant que le lien bonheur/succès existe non pas seulement parce que le succès rend les gens heureux mais aussi que les affects positifs engendrent également le succès….Les résultats révèlent que le bonheur est non seulement associé avec le succès mais le précède dans de nombreux cas.

L’extrait cité montre bien la difficulté à penser le bonheur en tant que cause et non en tant que récompense. La réussite sociale est facilitée par un facteur sous-jacent : la dominance acquise. L’hypothèse du blog est de considérer que le médiateur entre l’individu et la reconnaissance sociale du groupe est un signal honnête de dominance qui modifie l’univers comportemental du sujet dans un sens correspondant à ses intérêts affectifs et financiers.

Bien que les auteurs (scientifiques) reconnaissent que la causalité peut être bidirectionnelle, ils utilisent une terminologie qui implique que la cause part de la ressource pour aboutir au bonheur. Par exemple, ils suggèrent que le mariage pourrait accorder une meilleure protection aux hommes qu’aux femmes, en passant sous silence la possibilité d’une sélection différentielle dans le mariage basée sur le bien-être.

Cette citation montre la difficulté à conceptualiser la dominance. Elle y est impliquée fortement mais elle n’est pas nommée. La sélection différentielle est admise dans une relation qui mène à la filiation, étape clé du processus de sélection naturelle. Malgré l’aversion profonde, culturelle pour la sélection naturelle, les auteurs lancent un pavé dans la mare en posant que cette dernière est toujours active chez l’homo sapiens sapiens. D’autant plus active qu’elle se montre des plus discrètes. Des cours de sociologies de faculté tressent toujours des couronnes à Durkheim pour son ouvrage « Le suicide ». L’inventeur de la sociologie, les français sont toujours un peu fanfaron, était grandement dans l’erreur en affirmant que le mariage confère une protection contre le suicide aux hommes. Les femmes sélectionnent ex ante les hommes qui ont le moins de chance de se suicider. Elles choisissent les hommes les plus heureux, les plus dominants. La sélection sexuelle est la cause ultime de la « protection » contre le suicide. Les hommes mariés ne constituent donc pas un échantillon correct. Durkheim cherche du chocolat dans un œuf de Pâques.

Le système de dominance régule toutes ses composantes biologiques : signal honnête, système de récompense qui traduit la domination en dominance, système d’inhibition ou d’activation comportementale. Lorsque le bonheur est mentionné, il n’est pas identique à la dominance. Il est un signal interne de dominance destiné à l’édification de la conscience. Il est la récompense du processus motivation, domination et dominance. La soif provoque la recherche d’une source, s’étanche et le corps signale qu’il est content. La volonté de puissance de Nietzsche est sa meilleure définition dans le domaine de la philosophie. Les motivations concourant au maintien, à la conservation et à la perpétuation du corps sont des fonctions de support. Notre instinct le plus méconnu est la recherche de la dominance. Il constitue la source de toutes nos motivations sociales et de réalisation de soi. Il explique toutes nos activités. Le bénévole d’association caritative, le loup de Wall Street qui se poudre le nez ou le guitariste : tous jouent le jeu de la puissance, de la dominance. Le jugement moral est le second étage de la fusée. Nietzsche avait parfaitement compris la motivation première. Les leçons de morales précèdent souvent la violence d’un désir de soumettre l’autre. La dominance, la vraie morale, est de susciter le désir d’imitation de l’autre en imposant un modèle ayant prouvé sa capacité à rendre heureux. Ce modèle doit être adapté à la structure de dominance et à l’environnement. A ce titre, l’altruisme massif de l’être humain est un résultat direct de la sélection sexuelle.

Source : Le miroir aux alouettes, principe d’athéisme social (Michel Onfray)
C’est Pierre qui m’a montré ce que voulait dire être de gauche : non pas voter à gauche, ce qu’il fit toute sa vie, bien sûr, mais mener une vie de gauche. Autrement dit : donner, partager, distribuer ce que l’on a.

L’environnement n’est pas le plus sur chemin pour penser à la survie des autres. Le pivot des comportements soucieux des autres est la sélection sexuelle, c’est-à-dire de la pression sélective exercée par une hiérarchie de dominance. L’hypothèse du gène égoïste est parfaitement recevable en tant que causalité réductionniste ultime. L’ennui dans un système complexe, c’est que toutes les causalités sont recevables car elles sont partout et nulle ne part ; elles contribuent toutes à son équilibre dynamique. Le véhicule de Dawkins, le corps, n’est que l’image différée du génome. Il prend sa forme définitive par l’ontogénèse, l’apprentissage de la structure de dominance et les leçons tirées de l’environnement.

Si l’apprentissage est maître de nos comportements, il n’est pas maître des motivations. La nature laisse le soin à l’être humain de se débrouiller à partir d’un guide biologique. La phylogénie exerce sa pleine influence sur les motivations. La motivation à aider l’autre a pu émerger grâce à l’œil des femelles guidé par la théorie du handicap de Zahavi. Aider l’autre est bien un handicap au même titre que la queue gênante des paons. La queue des paons est un désavantage pour la survie du mâle. Si ce dernier peut survivre malgré ce handicap alors il signale honnêtement sa dominance. La théorie de Zahavi est valide pour la queue du paon et les comportements humains. Il suffit de ne pas se laisser arrêter par des différences de formes : comportement et plumage ne sont en dernier ressort que des codes dans un génome.

L’altruisme est ainsi pleinement un résultat de la sélection naturelle. Le monde évolue dans un monde conditionné où la représentation du bien est produite par les fonctions les plus intellectuelles de la conscience. L’évolution Darwinienne est le diable impitoyable : la destinée du faible est de périr sous les coups du plus fort ou dans les pièges d’un environnement hostile. Les fanfarons de l’altruisme affecté sauvent le monde des griffes de Darwin par leur esprit philosophique, religieux ou spirituel. Je ne crois pas à ce roman une seule seconde. Aider son prochain est signe de dominance. Il existe une morale phylogénétique du plus fort chez Darwin ; l’évolution n’avait pas prévu que le bardage suffirait à duper les foules. La virtuosité pesante de la communication médiatique joue avec cette morale ; elle l’ensevelie sous une tonne de bavardage. Elle privilégie le tribun qui s’occupe des plus pauvres. S’occuper des faibles est une profession de foi en politique. La ficelle est grosse. Côté agora, on communique ses valeurs de gauche, côté privé, on méprise les sans dents. Nous aimons tous Robin des Bois. Il pille les riches pour donner aux pauvres. Nous adorons tous ce personnage parce qu’il paye le coup de son engagement : il risque sa peau en voulant défendre la veuve et l’orphelin. On ne peut pas dire que Martine Aubry prenne beaucoup risque en nous donnant des leçons de justice payée sur des deniers qu’elle n’a pas gagnés. Plus la java médiatique communique sur les pauvres, moins elle s’en soucie. Les postures devant les micros sont aisées ; les idées, le courage politique sont des risques trop importants pour les carriéristes politiques qui parlent mais ne font rien.

La dominance se mesure donc à la capacité à surmonter un handicap en partageant les ressources avec le groupe. L’altruisme est un signe visible de dominance tout comme le serait une taille élevée. Le signal honnête et l’altruisme se complète pour former un groupe harmonieux. L’existence d’une compétition dont le fondement serait l’altruisme est un sujet intéressant d’étude. L’altruisme suppose aussi une compétition pour les ressources. Il se donne ainsi la capacité de pouvoir les répartir comme bon lui semble. Le pouvoir est ainsi défini dans sa dimension clientéliste. Il est la fossilisation de l’altruisme dans la civilisation. Il séduit les femmes car il est un signe de dominance via la composante de simulation d’altruisme sous-jacent qu’il implique.

Après cette parenthèse évolutionniste, les moutons reviennent dans la bergerie. Concrètement, la signification de la dominance pour un maniaque est un équilibre dynamique perturbé par le signal honnête de dominance. La concomitance d’un altruisme exacerbé joue un rôle intéressant. Le signal honnête et l’altruisme regroupent des gens autour du maniaque et lui permet de constater sa mainmise sur des esprits qui deviennent joyeux à son contact. Les thématiques collectives de grande réception et de grand repas reviennent souvent dans les épisodes de manie. Jean Albou en fait abondamment mention dans son livre un fou dans l’art. Il s’agit de réunir les gens pour constater son altruisme en distribuant des ressources nutritives mais aussi de constater l’amère petitesse de ses proches incapables de comprendre le grand génie qui se cache derrière le tiroir-caisse devenu soudain trop prodigue. Les gens réunis deviennent le reflet de la puissance du bipolaire en phase haute. Des victoires sociales sont facilement remportées. Elles renforcent le signal de dominance qui vous fait remporter encore plus de victoire. La spirale est sans fin, le phénomène s’entretient tout seul. L’effet est comparable au larsen, la vision du changement comportemental de l’entourage rétroagit sur le système de dominance. Ce dernier ne semble pas avoir de limite, l’excitation n’a pas de frontière dans les hauteurs. A la fin, la chaudière se saisit elle-même du charbon pour faire exploser la cocotte-minute. L’environnement ne joue plus son rôle de sanction ; il redevient brutalement le roi lorsque les portes du palace sans étoile s’ouvrent pour accueillir Icare le chat qui n’est jamais échaudé par la température brulante du soleil. La première chose à faire en manie est de s’isoler, d’appeler votre psy et d’écouter de la musique classique.

L’excitation et son intensité est une mesure de la dominance. Elle est une inconnue biologique. Est-elle la modification du seuil d’excitabilité des neurones ? Des scientifiques s’intéressent à cette question. Quand l’excitation augmente, elle vous prend pour cible ainsi que votre histoire. Chaque trait saillant de votre personnalité lui donne un tremplin. Une passion pour une culture, un tempérament rebelle. Le conditionnement par la publicité va donner naissance à des envies jusque-là fort justement refoulées. Vous êtes une table de mixage dans un studio, tous les boutons vont être manipulés pour vous faire entrer en piste. Dame Nature éprouve la résistance du maniaque. Elle lui fait voir en outre des choses étonnantes : les fameuses synchronicités. Les nommer « signe » c’est déjà les interpréter. Il ne faut strictement rien en penser même si la notion de hasard prend parfois la direction déroutante de la déroute. Des esprits faibles peuvent soudain se prendre pour des prophètes à cause d’une systématisation hasardeuse des coïncidences. Une explication rationnelle des synchronicités peut venir à bout des caprices du temps. D’une part, le débit des pensées et la distractibilité augmentent et offrent une quantité accrue d’information reçue à traiter par le système d’attention. D’autre part, il n’est pas exclu que la manie catalyse également les capacités mnésiques. Plus de mémoire, plus d’information. La capacité de détecter des similitudes et des similarités dans l’expérience de tous les jours est statistiquement augmentée. La référence établie avec la vie normale confère un caractère de « signe divin » à une situation banale qui se répète à l’identique du seul fait du hasard. Un monde gouverné par des lois est-il cependant compatible avec l’existence du pur hasard ?

La relation de dominance est différente de la relation de domination. Elle ne se voit pas. Le différentiel de dominance entre deux individus est exagéré lorsqu’un des individus en interaction est maniaque. La manie n’implique pas la folie. Le délire ne constitue pas la totalité du temps maniaque. On peut se sentir très haut et conserver la majorité de ses facultés. Si l’on est observateur, le différentiel de dominance peut être observé : la capacité de rendre l’autre heureux est étonnante. Ce transfert d’affect positif est transparent et ne nécessite pas d’action particulière. Si une action est entreprise et qu’elle reste dans la légalité sociale, alors elle sera perçue positivement par le tiers normal. Le mensonge le plus criard devient vérité. Jean Albou en sait quelque chose. Le charisme, le charme sont des paravents derrière lequel se cache le signal honnête de dominance. Les femmes sont bien les premières victimes car elles sont très sensibles à ce qu’un homme dégage. La nouvelle est plutôt bonne pour ceux qui sont un peu trop influencés par la dictature de l’apparence télévisuelle. Il ne sert à rien de se lamenter sur un physique ingrat. Il vaut mieux s’investir dans des activités pro sociales épanouissantes. Balancer une bombe dans la boite à con par exemple.

La relation de domination a encore une spécificité par rapport à la relation de dominance. Elle est contextualisée, ad hoc, temporaire. Donner un ordre, battre quelqu’un au tennis, remporter une victoire quelconque, rabattre le claquet de Dugodet en réunion sont des activités qui nécessitent un contexte bien visible. Une fois la domination terminée, elle disparaît. La dominance est persistante, elle permet de signaler son rang hors de la domination. Lorsqu’une grande entreprise s’achète un nouveau grand patron, le choix de la dominance éclipse la connaissance du métier. Elle achète de la dominance. C’est-à-dire la capacité à fédérer les différents requins dans un courant unique. L’intelligence est secondaire, l’harmonie du groupe est primordiale et seule la dominance est capable de la créer, de la maintenir et de la renforcer. La dominance haute est une denrée humaine très rare et elle s’achète très cher. Les maniaques ne sont pas millionnaires car ils sont incapables de la maîtriser.

Les groupes humains affectifs (Amitié, sexualité…) se forment sur la base du bonheur et construisent des structures de dominance. Les groupes d’amis sont le plus parfait exemple d’une structure de dominance. L’entreprise est un parfait exemple de structure de domination où des gens profitent d’un système pour assouvir leur secret mépris envers leur prochain. Le monde du travail est l’organisation rationnelle quoiqu’inconsciente du mépris des uns envers les autres. Le bonheur se créé dans la domination mais il peut aussi se recevoir dans une structure de dominance. Notre civilisation n’éclipse ni la volonté de puissances ni la sélection naturelle. Elle ne veut simplement pas voir les réalités. Soit par cynisme, soit par bon sentiment. Et chacun devrait savoir que les bons sentiments sont le summum du cynisme des inconscients.

Evanescence / Exodus
Here in the shadows
I’m safe
I’m free
I’ve nowhere else to go but
I cannot stay where I don’t belong
Show me the shadow where true meaning lies
So much more dismay in empty eyes