2.4.3.2 Désert

Je n’avais jamais vraiment lu la bible jusqu’à cet été 2012. Cette lecture était bien entendue nécessaire pour l’élaboration de cet article. Je suis de culture judéo chrétienne mais je ne me définis pas comme croyant avec tout ce que cela suppose d’abandon de la pensée discursive au profit d’une soumission à une parole venue d’en haut, c’est-à-dire venant d’une clique à la rhétorique non opposable et bien rodée à laquelle je n’offre généralement qu’une fin de non-recevoir. Les chrétiens n’ont-ils jamais pleinement réalisé l’or qu’ils avaient sous les yeux ? Il faut lire la bible en jetant ses œillères, de quelque provenance qu’elle soit, et adopter les lunettes de la théorie de la dominance que j’ai développée dans ce blog. Des lunettes de vue et non les lunettes de Jaruzelski. Certes, je n’ai pas tout lu, je n’ai pas les réflexes d’un exégète mais je sais lire. Je peux donc essayer de montrer que la théorie peut éclairer certains aspects fondamentaux de la vie de Jésus, et réciproquement.

Il faut bien garder à l’esprit que Jésus est un personnage qui a très probablement existé et que les évangiles ne se veulent pas une être une notice biographique. Toute théorie se basant seulement sur la geste christique est voué à souffrir de sévère désagrément épistémologique. Cependant une théorie qui tente de de montrer ou d’illustrer ce qu’elle est par l’apport biblique ne se met pas dans une position de faiblesse. Si l’illustration se révèle fausse alors la théorie n’est pas touchée dans ses fondations. Il y a suffisamment d’élément dans la théorie pour oser intégrer Jésus dans son raisonnement. Elle est suffisamment forte pour prendre le risque de l’y intégrer sans se mettre en danger elle-même. Je voudrais souligner que Jésus n’est pas le sujet principal de ce blog, seul le phénomène qui permet l’éclosion du phénomène Jésus est intéressant pour mon propos.

L’un des premiers actes de la geste christique est la décision de l’Esprit d’emmener Jésus dans le désert. L’esprit, c’est Jésus. Et Jésus a compris qu’il vaut mieux qu’il soit seul quand l’Esprit arrive car il veut éviter ce qui est l’arrêt de mort pour tout maniaque éruptif : être traité de fou. Jésus l’a compris et il ne connaissait pas la psychoéducation, il n’avait pas de psychotrope et pourtant il l’a compris : ce combat, il doit le mener seul pour ne pas être jugé et condamné par les « bien portant », pour ne pas être sanctionné par la communauté. Que fait-on dans un hôpital psychiatrique lorsque vous être trop agité ? On vous isole dans une cellule pour, d’une part, tarir la source des stimuli et d’autre part pour éviter toutes interactions stimulante avec le reste du groupe. Jésus semble avoir une intuition de toutes ces choses de manière empirique.

De là à dire qu’il avait accumulé cette expérience durant toutes ces années où l’on entendit jamais parler de lui? C’est fort probable au vu de ces versets surprenant. Il semble que Jésus veuille se défende a priori contre toute accusation de folie. L’accuser de folie appelle le plus fort des châtiments. Le fait qu’il implique la figure du frère semble montrer les difficultés qu’il a peut-être vécues au sein de sa propre famille avant de vaincre ses démons dans le désert. En fait, de mon point de vue, Jésus tente d’élargir sa liberté d’expression, ni plus, ni moins.

Matthieu 5
22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca (« vide de cervelle)! Mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! Mérite d’être puni par le feu de la géhenne.

Il est important de souligner que l’accusation familiale de folie rode dans la bible :

Marc 3
21 Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui; car ils disaient: Il est hors de sens.

Mais venons-en à l’épisode du désert où la diminution de la soif et de la faim est un symptôme maniaque (source : http://www.esculape.com) qui tombe à point nommé lorsque vous devez résister à un jeun forcé dans un environnement hostile. Il n’est donc pas étonnant que la résistance de Jésus ait impressionné. De là à dire que cela a duré 40 jours, je suis très sceptique d’autant que 40 est un chiffre avec une signification biblique. Dans la bible, à chaque fois qu’il y a une signification symbolique ou une adéquation avec une prophétie, je deviens méfiant. Ces 40 jours sont donc un exemple précis qui montre la nécessité d’établir une claire délimitation entre la foi et la science. Qu’on me comprenne bien. Je ne dis pas que la croyance est fausse, je dis qu’elle n’est pas démontrable par ma théorie. Est-ce que je crois à la croyance ? Mais, savez-vous ce que c’est de vivre les fenêtres ouvertes ? Le problème des sains d’esprit est d’y croire. Mon problème à moi, est de ne pas y croire de manière absolue à cause de l’amplification maniaque.

Matthieu 4
01 Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable
02 Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
03 Le tentateur, s’étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains
04 Jésus répondit: Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu
05 Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple
06 et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre
07 Jésus lui dit: Il est aussi écrit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.
08 Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire
09 et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores
10 Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul
11 Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient.

Mathieu illustre sans le savoir, l’un des articles angulaires de mon blog (révolution). L’excès de dominance, la surdominance provoque une multitude d’amplifications du soi (motrice, idéique…). Cet accroissement du soi n’est pas encore bien maîtrisé par son système de représentation et pas du tout accepté par la communauté dans lequel évolue le maniaque. Mais le plus grave réside dans le fait que la surdominance est une agression physique pour le cerveau. A ce stade il faut que je précise ma pensée. Qu’entends-je précisément par surdominance ? La dominance est un concept, il a une visée générale et synthétique. Il désigne et regroupe un certain nombre de phénomène. Il est donc une catégorie dans laquelle je regroupe diverses manifestations. Ma théorie n’est pas une philosophie, il faut donc que je tente d’expliciter ce que j’entends par dominance au niveau neurologique.

Nous avons besoin d’une variable neurologique sous-jacente à la dominance. Il me suffit d’écouter mon psy pour trouver l’inspiration. Un jour il me demanda si j’étais «excité ». A l’époque j’avais compris qu’il me demandait si j’étais excité sexuellement (!). Je n’avais pas encore lu Konrad Lorenz qui conceptualisa les différents types d’excitation. L’excitation a, d’un point de vue simplificateur, deux origines. Au niveau du neurone, il s’agit du seuil d’excitabilité au-delà duquel un potentiel d’action est créé. Au niveau de l’organisation interne du cerveau, il s’agit des rapports d’inhibitions intermédiés par les relations électrochimiques (Potentiel d’action/neurotransmetteur) qu’entretiennent les cellules nerveuses à toutes les échelles. La dominance doit correspondre donc à une sorte de niveau général d’excitation dépendant du seuil d’excitation et de l’état d’un système inhibiteur d’un ou de plusieurs paquets de neurone situé dans la partie archaïque du cerveau régissant les comportements liés à la dominance. Je ne suis pas neurologue mais je veux vous montrer que la dominance est liée au concept d’excitation de manière consubstantielle. La dominance est donc une théorie qui est vérifiable, qui se veut sérieusement ancrée dans la science d’aujourd’hui. Que se passe-t-il quand le niveau d’excitation n’est pas encore bien géré par l’évolution ?

L’évolution génère des erreurs qu’elle n’a pas la faculté de résoudre immédiatement. Elle génère des erreurs car tout système complexe génère des erreurs, l’auteur de ces lignes travaille dans les systèmes d’information et il sait donc de quoi il parle. Dame nature ne résout jamais la cause racine de l’erreur, contrairement à l’informaticien (espérons-le !). Car l’erreur provient d’un système ayant atteint un certain degré d’équilibre et résoudre le problème à sa source reviendrait à tout casser. Ça les informaticiens n’aiment pas, dame Nature non plus. Derrière cette réflexion se cache le coût marginal de réparation de l’erreur. Mettre une rustine à une roue de vélo a un coût marginal moins élevé que de remplacer le vélo. C’est exactement ce que Dame Nature calcule, nous sommes faits de bric et de broc, c’est ce qu’affirme Dawkins avec justesse quand il veut contrer les crétins de l’intelligent design. Toutefois, il faudrait s’entendre sur ce que veut dire « intelligent » pour réunir tout le monde. Un ingénieur est incapable de créer un cerveau. Le hasard si. Le hasard est-il intelligent ?

Une crise maniaque est bien l’évolution que Dawkins aime à décrire comme se déroulant sous nos yeux : Un excès d’excitation, une erreur non maîtrisés par le cerveau actuel. Jésus vous le montre à son cœur défendant. Son Néocortex se bat. Et que fait-il pour calmer le jeu ? Il se soumet à Dieu. Est-ce un hasard au regard de la théorie de la dominance ? Il se soumet à un dominant qui n’est pas visibles, auquel on peut se soumettre sans limite et sans restriction. Voilà la puissance curative du mème Dieu destinée à l’avant-garde de l’évolution que représente l’hyperdominant. Jésus veut donc rester maître de l’excitation liée à son hyper dominance, ouvrir la soupape d’une cocotte-minute en surpression pour permettre à un processus d’habituation de se mettre en place. Le mème dieu est en dernier ressort un potentiel d’action caché dans les recoins du cerveau. Il a un pouvoir qui s’apparente à un levier d’inhibition puissant par la soumission archaïque et animale qu’il induit : il module l’excitation sans avoir besoin de neuroleptique. Et plus la croyance au mème Dieu est grande, plus forte est la modulation. Personne n’a autant cru en dieu que le Christ.

Vu d’une perspective plus psychologique que neurologique, Le Christ a un atout de taille dans ce combat dantesque. Il est fondamentalement humble de caractère. La dominance va amplifier ce caractère qui va s’opposer à l’amplification de l’égo («, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire/ et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores »). Voici la tension créatrice du Christ. Son caractère humble lui a permis de surmonter l’ego inflationnaire du maniaque lambda. En quelque sorte, l’estime de soi neurologique s’accrochant à l’humilité du Christ a contrecarré l’estime de soi psychologique amplifiée, soit la folie de sa propre grandeur.

Mais revenons à la perspective évolutionniste. Des millions de maniaques ont existé. Parmi eux, certains ne savaient même pas ce que voulait dire dieu ou humble mais ils ont subi la surdominance, soit un excès d’excitation, et ils savaient dans leur tréfonds animal ce que voulait dire se soumettre. Dieu est donc consubstantiel à l’acte psychologique de soumission. Pour affermir, perfectionner et renforcer ce levier, Dame Nature, c’est sa nature, va rajouter un paquet de neurones par ci par là dans l’ontogénèse du néocortex pour endiguer la surexcitation. Ceux-ci vont faire que le surdominant va obtenir un gain sélectif énorme car il va pourvoir maîtriser ce surcroit d’excitation, et vu ces performances avec la gente féminine (hypersexualité), il va léguer facilement ces gênes au pool génique humain. Ces nouveaux neurones vont former des ilots de plus en plus intégrés de contrôle itératif, récursif et non linéaire. Ne suis-je pas en train de vous décrire l’émergence de la conscience ? Des milliards de surdominant ont existé avant Jésus. A partir de quel chiffre et de quel taux de fécondité obtient-on la palme évolutive, c’est-à-dire le pouvoir d’influer sur l’Evolution ? Jésus est l’homme de révolution qui roule à 500 km/h. Il doit trouver une solution pour convertir la vitesse en gain sélectif sinon c’est la folie. Et pour ce faire il utilise ses gènes et ses mèmes. Dieu, dans cette perspective, est un mème majeur. Il devient par là même un acteur majeur de l’évolution. Pas besoin d’intelligent design, le hasard suffit. Mais qu’est-ce que le hasard au juste ? Nous y reviendrons car c’est une question qui me turlupine. Le dernier avantage du mème dieu est qu’il contre la tachypsychie. Plus besoin de se poser de question et d’y répondre. Dieu un point c’est Tout.

Au niveau éthologique, Jésus illustre bien l’idée que la structure de dominance (tout comme les hiérarchies de dominance chez les animaux) n’a pas qu’une utilité de reproduction différentielle ou d’allocation des ressources. Son principal but, que l’éthologie moderne n’a pas (encore) reconnu ou compris, est d’augmenter le niveau d’excitation. Plus le niveau d’excitation est haut, plus la probabilité d’erreur est grande, plus la transgression du programme génétique/mèmique est probable. Plus la probabilité d’erreur est grande, plus la probabilité de création (erreur adaptée au milieu) est grande. Les dominants du règne animal sont donc capables de créer de l’erreur, qui se transformera en création si le milieu le veut. Konrad Lorenz a bien étudié les comportements issus de la phylogénie mais il n’a pas compris comment ceux-ci naissaient. C’est tout simple : d’erreur, comme d’habitude avec Darwin. Si le comportement a un quelconque sens évolutif, les animaux grégaires vont l’imiter. Ceux qui ne pourront pas l’imiter (gène) seront impitoyablement éliminés. L’homme se distingue par son pouvoir massif et exceptionnel d’augmenter et de transmettre, par le biais du signal honnête, son excitation. De multiples comportements fous au pléistocène ont dû fleurir qui ont reçu l’onction du milieu. Mais ce que l’homme a le plus perfectionné est le comportement d’imitation. A partir du moment où les comportements des homos sapiens ou hominidés dominants sont devenus variés, la possibilité de pouvoir rapidement les imiter a dû rapidement devenir un avantage sélectif dans la hiérarchie de dominance, jusqu’à donner naissance à la faculté d’apprendre des comportements ? Cette genèse pourrait être liée primordialement à la structure de dominance et non au milieu. L’environnement reprenant à son compte cette avancée, mais on apprend toujours d’un membre de la structure de dominance. Vous avez été jeune ?

Si on approfondit la réflexion sur des domaines plus spéculatifs, on doit s’interroger sur la nature et la genèse de la réalité, ou plus précisément, selon Dawkins, sur le simulateur qui nous permet d’appréhender la restitution de la réalité. La question est passionnante. En ce qui concerne la réalité, deux choix sont possibles, Soit la réalité est une illusion au sens de Berkeley ou de Matrix, et dans ce cas-là il n’y a pas de simulateur, la réalité est la simulation. Soit la représentation de la réalité est une adaptation à ce que les philosophes pourrait appeler l’être ou l’en soi. La deuxième solution parait la plus intuitive car la réalité suit les mêmes lois darwinienne : le hasard crée de l’adaptation. Comment cela se peut-il ? N’avez-vous jamais entendu parler des hallucinations ? Si on considère que 80% des informations provient des formes que nous percevons, les hallucinations sont un bon candidat pour représenter la grande roulette qui décidera du gagnant dont La perception aura obtenu un gain sélectif (1 fois sur combien de million ? la psychiatrie a 200 ans, l’évolution 4 milliards d’année, il faut avoir un peu d’imagination !). Qui est capable d’hallucination ? Les bipolaires de type I, donc les surdominant. A partir du moment où vous liez le phénomène bipolaire au phénomène de dominance alors vous changez de paradigme sur votre vision de la vie. Tout devient simple à comprendre. Tout devient logique. Plus on approche de la vérité, plus la logique formelle et discursive s’applique : la représentation de la réalité est fabriquée dans le rift médio océanique de la folie, théâtre d’une intense activité volcanique. Mais cher lecteur, vous ne pensiez tout de même pas que l’œil créait la représentation ? Il est impératif que le système neuronal suive et il n’y a pas mieux qu’un surdominant halluciné pour agir comme un pourvoyeur de création de formes sanctionné par l’onction du milieu. Il y’a là les pièces d’un puzzle que j’essaierais d’assembler dans un slide. Mais essayer de comprendre l’idée, elle est révolutionnaire, j’y reviendrais.

A partir du moment où le gain sélectif est acquis, n’oubliez pas que le surdominant humain a une effarante capacité à transférer (combat ou signal honnête de bonheur) son excitation (sa dominance), il indique un chemin aux autres, certains vont supporter ce surcroit d’excitation et déclencher ce que le programme génétique et « mèmique » permet, d’autres vont être impitoyablement supprimés. Les massacres perpétrés au nom de « dieu », en complète contradiction avec les textes, s’explique très clairement par la théorie de la dominance. Ceux qui ne « croient » pas, c’est-à-dire ceux qui ne connaisse pas les mèmes d’un hyperdominant, sont occis par les membres de la hiérarchie de dominance. Nous sommes des animaux. En doutiez-vous ? Mais nous ne sommes pas que cela, nous avons un néocortex. Fort heureusement, il semble bien développé aujourd’hui.

Sans me prendre pour Jésus (je vous vois venir avec vos gros sabots), je m’identifie clairement à l’épisode du désert. J’ai vu des choses très perturbantes. Je n’étais pas conscient, j’étais en moi-même. Je me suis retrouvé dans un « endroit » devant deux formes de lumière blanche neutre sur fond noir, un peu comme les yeux de Donald mais vu de l’intérieur. Ma conscience s’était lovée dans cet espace neutre. Je ne pouvais pas m’en échapper. Je sentais qu’on me piquait, c’est tout ce qui me parvenait de l’extérieur et des pratiques hospitalières. Cela durait, et j’essayais de m’échapper en respirant. Je ne me souviens pas de la façon dont j’en suis sorti, je ne sais pas si c’était un rêve mais j’étais en pleine conscience. Je me souviens aussi d’avoir perçu la réalité comme des vagues qui s’approchaient et s’éloignaient. Je percevais des sons familiers comme la voix de mon père mais tout cela allait et venait. Très impressionnant. Le phénomène le plus effrayant fut une complète déconnexion entre ma conscience et ma pensée. Ma pensée devint une sorte de missile indépendant que je regardais fonctionner de l’extérieur. La vitesse était effarante. Les Questions/réponses se succédaient dans une embardée vertigineuse. Tout d’un coup, ma pensée s’arrête sur trois mots, je ne me rappelle plus lesquels. Ils se répètent, comme si un équilibre avait été atteint ; un second missile venant de ma droite m’avertit que si je reste comme ça je vais rester bloqué, je vais devenir fou et je ne reviendrais jamais. Ma pensée comprends le message et reprends sa cavalcade de plus belle, étrangère à la volonté de ma conscience. Le plus incroyable c’est que la conscience résiste à tout, elle continue de rendre compte. Si elle est l’écran d’un ordinateur, alors cet écran ne se casse jamais. Jamais, jamais ?

La différence avec Jésus ? Je ne me suis jamais soumis et la question de dieu ne s’est jamais posé à l’époque. Je suis un sale gosse de nature. J’ai toujours été un rebelle. On ne m’a jamais appris à me soumettre. Alors comment je m’en suis sorti ? Je ne sais pas ou plutôt si grâce aux outils de la psychiatrie. Quand on ne croit pas, c’est peut-être le recours. J’aurais pu rester coincer dans ces dimensions inconnues. Et je suis là à écrire ces lignes remerciant le ciel qui est pluvieux ce soir.

Cher lecteur, vous pourriez m’objecter que les évangiles ne parlent pas des phases dépressives de Jésus. Dans les affaires de dominance tout est relatif. Jésus fluctuait entre la dominance (hypomanie) et l’hyperdominance (plus haute humeur ou excitation connue). S’il n’avait pas fluctué il serait resté dans le désert. Encore une fois les hautes valeurs de dominance nécessitent apparemment une fluctuation. Nous essaierons de comprendre pourquoi dans un prochain article. Pour le moment, continuons de suivre le fil conducteur de la bible dans le prochain article.

C’est un peu robuste aujourd’hui, ne vous inquiétez pas je continuerais à approfondir. Dites, vous comprenez ce que je raconte ? C’est un peu brut de décoffrage, j’en conviens, mais je me donne un plan de travail, un travail de clarification reste à faire sur cet article.

Pretenders / I’ll stand by you
Oh, why you look so sad?
Tears are in your eyes
Come on and come to me now
Don’t be ashamed to cry
Let me see you through
’cause I’ve seen the dark side too
When the night falls on you
You don’t know what to do
Nothing you confess
Could make me love you less
I’ll stand by you
I’ll stand by you
Won’t let nobody hurt you
I’ll stand by you
So if you’re mad, get mad
Don’t hold it all inside
Come on and talk to me now
Hey, what you got to hide?
I get angry too
Well I’m a lot like you
When you’re standing at the crossroads
And don’t know which path to choose
Let me come along
’cause even if you’re wrong
I’ll stand by you
I’ll stand by you
Won’t let nobody hurt you
I’ll stand by you
Take me in, into your darkest hour
And I’ll never desert you
I’ll stand by you
And when…
When the night falls on you, baby
You’re feeling all alone
You won’t be on your own

Arthur Simms / It’s only mystery
We could dream of a grand evolution
Where we wouldn’t ask any more questions
There will be no, no more pretenders
Use the love that I offer

Axel Bauer / éteins la lumière
Nettoie ce qui n’est pas toi
Souffle la poussière sur toi
Éteins la lumière
Montre-moi ton côté sombre
Regarde les ombres
Qui errent
Cherche un peu de lumière
Tout s’éclaire