2.4.3.4 Royaume

Cet article est le premier d’une série de quatre articles consacrés à Jésus et aux évangiles. N’oubliez pas de visiter les autres articles ! Vous pouvez agrandir la fenêtre pour une lecture plus agréable. Bonne lecture.

Echo du Royaume
Chronique du Royaume
Evangile selon Louis

La lecture des évangiles permet de définir les contours du projet religieux de Jésus. L’enseignement du Royaume de Dieu occupe la plus grande place dans la doctrine du Christ. Les définitions de l’église catholique permettent d’expliciter ses concepts et ses objectifs.

Source : http://www.eglise.catholique.fr
Royaume de Dieu
Le Royaume de Dieu est un concept théologique à dimension eschatologique. Les textes bibliques définissent le Royaume de Dieu comme une réalité présente d’une part et une promesse d’autre part. Le Royaume de Dieu et l’annonce de sa venue se trouvent dans les Evangiles au cœur même de la prédication de Jésus qui a utilisé de nombreuses comparaisons (Paraboles: Mt 13, 24-53) pour essayer de faire ressortir les différents aspects de celui-ci. Avec Jésus de Nazareth, s’ouvre effectivement la perspective d’un Royaume de Dieu dont tous les hommes sont appelés à être membres. C’est la finalité de notre histoire.
Théologie
Discipline qui traite essentiellement du Dieu de la foi connu dans sa Révélation. La théologie fait appel aux différentes méthodes scientifiques parmi lesquelles l’histoire tient une place particulière, en restituant les documents de la foi à leur contexte, et en s’employant à les faire revivre. Mais la théologie bénéficie des apports de la philosophie de la psychologie, de l’ethnologie et, en général, de toutes les sciences qui permettent de mieux connaître l’homme, auquel Dieu se révèle.

Le royaume est bien une réalité présente mais son aboutissement eschatologique n’est pas encore réalisé. Le royaume de Dieu désigne à la fois un processus et à la fois une fin. La promesse résume parfaitement l’esprit des Evangiles ; elle porte en elle la fin et les conditions d’accès à cette fin. L’église reprend donc fidèlement la trame qui définit le Royaume dans la Bonne Nouvelle. L’objectif de cet article n’est pas de donner une interprétation complète des paraboles que Jésus a enseignées. L’étude se restreindra aux versets où le Royaume de Dieu est défini comme un concept et non comme un ensemble de pratiques morales. En comprenant le concept du Royaume, les commandements moraux coulent de source. La théorie de la dominance permettra de s’introduire dans le logiciel de Jésus. La connaissance acquise au fil des articles de la psychologie des hautes atmosphères mettra en perspective le magistère en tentant de l’enraciner dans une réalité observée d’un autre promontoire. Voici donc le concept du Royaume des Cieux tel qu’il apparaît dans l’Evangile.

Source : Evangile selon Luc (à la foule)
13.20 Il dit encore :  » A quoi comparerai-je le royaume de Dieu?
13.21 Il est semblable au levain qu’une femme prend et mêle dans trois mesures de farine, de façon à faire lever toute la pâte.

Quand les Evangélistes rendent compte du Royaume, ils contextualisent le discours de Jésus. Ce dernier dispense un discours adapté à chaque public. Chez Luc (13.21), Le Royaume de Dieu est révélé à la foule comme une forme qui s’accroit, qui est et sera en expansion jusqu’à un terme non temporellement précisé. La forme est décrite mais le processus qui rend possible l’expansion n’est pas mentionné. Il reste mystérieux. D’évidence, la chimie des levures n’était pas connue à l’époque du Christ. Aucune finalité n’est mentionnée autre que le royaume établi. La matérialité des composants de la parabole est surprenante. Pain, levain et pâte définissent les ingrédients d’une recette complètement terrestre. Ils sont en parfaite contradiction avec une abstraction purement spirituelle. Jésus ne dévalorise pas a priori une interprétation terrestre du Royaume. L’arrière monde n’est pas automatiquement symbolisé par la parabole, une interprétation préservant le sens de la terre est toujours autorisée par l’Evangéliste.

Source : Evangile selon Marc (aux apôtres)
4.30 Il dit encore:  » A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu? Ou par quelle parabole le représenterons-nous?
4.31 Il est semblable à un grain de sénevé qui, lorsqu’on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qu’il y ait sur la terre;
4.32 et lorsqu’on l’a semé, il monte et devient plus grand que toutes les plantes potagères, et il étend si loin ses rameaux, que les oiseaux du ciel peuvent s’abriter sous son ombre.

A son tour, Marc rend compte du Royaume de Dieu. Cette fois, il est révélé aux apôtres. La forme est encore en expansion et son mécanisme interne de croissance n’est toujours pas défini. Le processus a un terme décrit précisément par une allégorie spirituelle: les oiseaux du ciel peuvent s’abriter sous l’ombre des branches parvenues à maturité. Le Royaume de Dieu finalisé est la condition du véritable projet spirituel de Jésus. Les oiseaux du ciel constituent la sanction visible que le processus est arrivé au terme désiré. Rien n’indique que le Royaume ait quitté sa matérialité. Le spirituel trouve refuge sous les branches de la plante potagère. Les branches n’ont pas brusquement changé de dimension. La parabole décrit un mouvement du spirituel vers le matériel et non l’inverse. Jésus a très peu parlé du monde spirituel caché aux yeux des hommes. Son enseignement s’est focalisé sur l’établissement d’un Royaume dont la matérialité aboutie ne constituerait plus un obstacle pour la spiritualité qu’il symbolise par les oiseaux du ciel, les anges. Une des significations possibles des anges est la résurrection. Jésus lie les anges aux retours des morts lorsqu’il inflige un soufflet aux sadducéens sur la question du mariage. La finalité, l’eschatologie du Royaume est donc très certainement la résurrection, la résurrection dans la matérialité du monde des vivants car Dieu est le Dieu des vivants. La spiritualité pénétrant le Royaume devient une forme de la matérialité. Seuls les apôtres sont mis dans la confidence du Royaume et de sa fin, les anges ne sont pas mentionnés à la foule.

L’interprétation de la forme ne pose pas de difficulté : un royaume est composé d’êtres humains. Jésus décrit donc une communauté humaine en expansion. La forme évidente cache le mécanisme interne qui permet l’accroissement. Il n’est pas mentionné. Certes, les ingrédients symboliques sont connus. Cependant la graine ou le levain n’explique pas la recette, le processus ou la causalité de la croissance : comment la graine se transforme en plante ? Comment le levain fait-il lever toute la pâte ? Bien sûr, il est tentant de rassembler l’ingrédient et la recette dans la personne de Jésus. L’approche souffre cependant d’un défaut majeur. Le Christ s’exprime en parabole ; il souhaite provoquer la réflexion. L’esprit d’analyse commande d’identifier les zones d’ombre. Le comment de l’expansion est un questionnement majeur adressé à la parabole. La Parole du Christ est la candidate idéale qui vient naturellement à l’esprit pour rendre compte du phénomène d’expansion. La Parole rassemble, les assemblées sont nombreuses dans les versets du Nouveau Testament. Le Verbe est un choix séduisant ; Il est certain que Jésus rassemblait les foules. La parole était-elle vraiment le vecteur caché de l’expansion ? Les discussions du Christ avec les pharisiens nous commandent d’apporter une sérieuse nuance à sa toute-puissance.

Source : Evangile selon Luc (aux pharisiens)
17.20 Les Pharisiens lui ayant demandé quand viendrait le royaume de Dieu?  » Il leur répondit :  » Le Royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards;
17.21 On ne dira point : « Il est ici ! » ou : « Il est là ! » car voyez, le royaume de Dieu est au milieu de vous.

Les castes les plus éduquées du peuple d’Israël ne sont pas sensibles aux paraboles. Le Christ doit se dévoiler mais il ne peut décrire précisément ce qu’il est le seul à connaître ou à voir. Le mécanisme d’expansion est clairement impliqué dans ces versets. L’habileté de Jésus est de le révéler tout en en conservant son mystère. Il faut reconnaître que le lecteur n’est pas plus avancé. Deux informations importantes sont pourtant communiquées. Le mécanisme est invisible puisque rien ne vient à frapper les regards. Bien pire, le commandement de regarder ne provoque aucune réaction des pharisiens. Ils n’ont pas plus conscience du phénomène alors qu’il est présent et que la forme impérative du verbe voir leur demande de faire preuve de discernement. Invisibilité et inconscience, dans le sens de non conscient, sont donc les deux engrenages du mécanisme de contagion du Royaume.

Un paradoxe temporel ne doit pas laisser indifférent. L’inconscient a été défini au début du 20ème siècle. Jésus contourne la difficulté en utilisant le sens de la vue. Voyez, mais vous ne voyez rien. Jésus dans ces deux versets joue à l’équilibriste. Il dit la vérité sous forme de paradoxe car il est dans l’incapacité de communiquer la vrai teneur de sa pensée et de ses observations. L’accusation de folie rôde dans le Nouveau Testament. Elle est le cauchemar de tout homme de Dieu. Guérir les fous est un excellent moyen de s’immuniser contre les attaques de la classe sacerdotale. La retenue dialectique et le mystère entretenu révèlent la pertinence toute relative de la Parole dans l’explication de l’expansion. La parole n’est ni inconsciente ni invisible. Elle se prête facilement à la description par les sens, à l’élaboration d’un raisonnement supérieur terrassant visiblement le pharisien le plus chevronné. La Parole de Jésus coupe court à toute discussion en frappant les Esprits par le paradoxe logique. Le but de la Parole n’est pas la discussion mais l’inoculation d’un virus logique provoquant la réflexion nécessaire au retour à l’équilibre de l’esprit. Ce retour à l’équilibre est impossible et la doctrine frappe les esprits. L’inconscient inconnu de l’époque aurait permis la résolution du paradoxe, de cette tension dialectique. Une partie inconsciente de vous voit alors qu’une partie consciente est aveugle. Tous les versets du type « et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent pas » (Marc 4.12) sont bâties sur la contradiction logique qu’entraîne l’ignorance de l’inconscient. L’inconscient lorsqu’il est observé dans des comportements est très facilement compréhensible dans le langage de tous les jours. Les observations de Jésus rendent compte d’un sujet qui exécute un comportement dont une composante clé échappe à son savoir, à son vouloir.

La théorie de la dominance implique un signal honnête de dominance qui permet de résoudre le conflit logique en chassant sur les terres de l’inconscient. Le signal honnête de dominance est inconscient dans son émission, sa communication et sa réception. Il vient en appui des fonctions du corps et de l’esprit comme le langage. Le charisme permet ainsi la persuasion par addition de la parole et du signal. Ce signal de dominance est détectable chez les bipolaires qui déclarent tous avoir des capacités sociales nettement améliorées en manie. Il peut même provoquer l’adhésion à des propos irrationnels, on restera bouche bée devant son sens de la formule venant de l’au-delà. Les interlocuteurs sont alors persuadés d’écouter les paroles d’un autre monde, à haute valeur ajoutée spirituelle. Il induit aussi des comportements très subtils de soumission chez les interlocuteurs. L’acceptation d’une parole irrationnelle est bien la preuve d’une force inhibant certains canaux critiques de la conscience.

Le conflit exégétiques concernant la locution « au milieu de » remplacée par « au-dedans de » dans certaines traductions ne posent aucun problème au signal de dominance au vu de la nature inconsciente de sa source, de sa cible et de son mode de propagation. Jésus ne peut pas transmettre la connaissance résultant de ses observations car lui seul est capable d’observer ce qui sous-tend le ballet des comportements des pharisiens. Le simple fils de charpentier qu’il était ferraille dialectiquement avec les pharisiens, caste la plus éduquée chez les juifs. Les docteurs de la loi et les prêtres sont attirés par lui, lui posent des questions et écoutent attentivement son enseignement même s’ils le rejettent. L’attirance est bien au milieu d’eux, au-dedans d’eux mais ils n’en ont pas conscience. Ils pensent consciemment l’éprouver alors qu’ils ne savent pas qu’ils sont des moustiques dont les ailes rhétoriques brûlent au contact de la lumière du Christ. Jésus ne peut pas leur dire « voyez ! Vous êtes attirés par moi et vous ne le savez pas » car rien ne peut être démontré. Aucun homme ne peut rentrer dans lui-même et se demander d’où vient cette mystérieuse attraction. La conscience de soi est le fondement du soi. Le quant à soi ne peut pas admettre qu’il est manipulé. Jésus est condamné à offrir un service minimum : « Le Royaume est au milieu de vous ».

Le mécanisme d’expansion a révélé des secrets. L’expansion peut être observée au niveau individuel par un observateur averti. Néanmoins, le mécanisme demeure inconscient pour les autres. L’astrophysicien constate l’expansion de l’univers ; personne n’en a conscience lorsqu’il vaque à ses activités terrestres. Des phénomènes réels peuvent échapper à notre expérience sensible. La théologie chrétienne est une immense machinerie à révéler un phénomène biologique : la dominance. L’alternative est simple. Jésus voit effectivement un phénomène enraciné dans la réalité que les autres ne voient pas ou il est atteint de symptômes positifs de Schizophrénie. Autrement dit, Jésus souffrirait d’hallucination. Cette possibilité est séduisante mais elle souffre d’un handicap majeur. Une hallucination est une forme, une illusion qu’on peut décrire. Jésus disqualifie l’hallucination car il ne décrit rien. Tout est invisible et inconscient. Le constat est rationnellement établi puisque Jésus utilise des paradoxes logiques pour rendre compte de ces observations. La folie n’utilise ni la logique ni la communication intentionnelle de ses paradoxes. Il frappe les esprits en toute connaissance de la théorie de l’esprit : il connait très bien les conséquences voulues de son discours sur ses interlocuteurs. L’opposition fou/sain d’esprit n’est pas la bonne manière de se positionner face au phénomène messianique. Avant de commencer la discussion sur une opposition beaucoup plus féconde, l’analyse d’un récit de l’évangile de Jean, couplée avec mon expérience personnelle, va permettre d’avancer dans la connaissance du mécanisme d’expansion du Royaume.

Source : Evangile selon Jean
3.1 Mais il y eut un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs,
3.2 qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui.
3.3 Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.
3.4 Nicodème lui dit: Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître?
3.5 Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
3.6 Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit.
3.7 Ne t’étonne pas que je t’aie dit: Il faut que vous naissiez de nouveau.
3.8 Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit.
3.9 Nicodème lui dit: Comment cela peut-il se faire?
3.10 Jésus lui répondit: Tu es le docteur d’Israël, et tu ne sais pas ces choses!
3.11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu; et vous ne recevez pas notre témoignage.
3.12 Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes?

Nicodème est un chef des juifs, un dirigeant de la classe sacerdotale si honnie par Jésus. Il représente le nec plus ultra pharisien. Jésus ne peut pas utiliser les outils rhétoriques qu’il affectionne habituellement. Les paraboles et les paradoxes logiques sont des armes à double tranchant devant des membres de la caste la plus éduquée d’Israël. Un dialogue risquerait de mettre à nu la dialectique du Christ. Jésus est obligé d’être un peu plus précis que de coutume, il doit se dévoiler devant Nicodème qui est un proche du Royaume, un atout politique qu’il faut convaincre. Il reste cependant sur ses gardes, il continue sa révolution elliptique pour ne pas trahir un soleil qui le vouerait aux gémonies de l’accusation de folie. Nicodème vient de nuit pour ne pas nuire à sa réputation et commence par passer un peu de pommade, signe de soumission respectueuse. Jésus n’est pas dupe de la flagornerie. Elle lui permet pourtant de prendre immédiatement et brutalement la direction de la conversation, le pouvoir dialectique. La brusquerie lui permet d’accentuer la position d’infériorité du chef des pharisiens. En outre, toute volonté de poser des questions trop précises est inhibée. Nietzsche dirait que Nicodème est condamné à la réaction et a perdu toutes velléités d’action dans l’échange. Jésus a le pouvoir et va pouvoir distiller les messages qui vont nous permettre d’en apprendre un peu plus sur l’expansion du Royaume.

Le dialogue révèle un élément fondamental. Jésus sait parfaitement qu’il voit un phénomène qui échappe aux communs des mortels. Il en est parfaitement conscient car il utilise une logique sourcilleuse pour communiquer la présence du Royaume. La communication logique n’est pas la seule preuve de sa pleine conscience. En effet, il explique, il donne la cause de l’aveuglement de ses congénères. Il donne des éléments de réponse tout en restant mystérieux. La naissance de nouveau constitue bien une information supplémentaire, une explication quant à la faculté de « voir royaume de dieu ». Le verbe voir est sans équivoque ; un scientifique aurait utilisé le verbe « observer » pour supprimer toute ambiguïté. Par ailleurs, il faut trancher le débat exégétique concernant la confusion résultant de la traduction du grec.

Entre « naitre de nouveau » et « naitre d’en haut », le choix est évident et il convient d’utiliser la logique pour détruire la réputation immérité d’idiot que les chrétiens ont faite à Nicodème. Nicodème n’est pas sot. Il a parfaitement compris l’idée de la renaissance à laquelle sa raison n’adhère pas ; il tente donc de ramener Jésus dans le concret mais n’y parvient pas. Nicodème est un chef des pharisiens, caste la plus éduquée du peuple d’Israël. Il ne peut pas ne pas comprendre ce que dit Jésus. Il a étudié, interprété et transmis les textes les plus précieux et les plus mystérieux aux yeux des Juifs. La probabilité qu’il soit un idiot est nul. « Naître d’en haut » ne rend pas compte de la fluidité du dialogue. La locution aurait automatiquement entrainé une réponse consacrant l’arrogance du Christ à se prendre pour le Fils de Dieu. La renaissance est en avant plan alors que la naissance d’en haut peut venir en filigrane pour frapper l’esprit. Il n’est pas exclu que le Christ joue sur les mots pour faire passer son message. Les deux locutions ne sont pas contradictoires mais naître d’en haut accrédite l’idée de la virginité mariale à laquelle ma raison n’adhère pas. Nous ne sommes pas fait que de raison.

Peu importe que la naissance soit à nouveau ou d’en haut car Jésus ne se réfère pas à sa naissance biologique. La renaissance pointe vers un évènement exceptionnel dans la vie du Christ. L’idée de renaissance est préférée à la naissance d’en haut car elle implique une connexion avec mon expérience personnelle. Avant de renaître, il faut vivre une expérience qui vous oblige à affronter l’idée et la sensation absolue de la mort. Le retour consécutif à la vie peut tout à fait être interprété comme une renaissance. Mon expérience m’indique que seule une NDE (near death experience) peut graver une telle interprétation dans les méandres de l’âme. Ma mort avait suspendu son vol ; mon interprétation était basique. Jésus a été beaucoup plus sophistiqué et a interprété le phénomène comme une renaissance. Différentes interprétations rendent compte d’une même « réalité ». Je parle de la chose ». Jésus utilise le vocabulaire spirituel de l’Esprit pour le lier à une réalité vécue. Il cherche à se faire comprendre, a suscité la réflexion alors il utilise l’abstraction spirituelle qu’il a à sa disposition pour la transformer en réalité tangible. Il se met au niveau de Nicodème, jusqu’à un certains point. Il ne peut en effet rien démontrer. La NDE est un phénomène qui n’appartient pas au monde sensible. Jésus nous indique où et quand la NDE a eu lieu. L’eau et l’Esprit localise l’expérience de mort imminente. Le baptême de Jean eut un effet puissant sur le Christ. Il a provoqué une expérience de mort imminente. Voici les différents récits des Evangiles qui relatent l’évènement :

Source : Evangile selon Mathieu
3.16 Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui
3.17 Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.
Source : Evangile selon Marc
1.10 Au moment où il sortait de l’eau, il vit les cieux s’ouvrir, et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.
1.11 Et une voix fit entendre des cieux ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis toute mon affection.

Source : Evangile selon Luc
3.22 Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit
3.23 et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis toute mon affection.

Source : Evangile selon Jean
1.32 Jean rendit ce témoignage: J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et s’arrêter sur lui.

La NDE du Christ suit le même schéma que la mienne. La première étape évoque une similarité entre le ciel qui se déchire et mon espace noir étoilé. De la même manière que le déchirement du papier peint laisse entrevoir le mur, le ciel qui se déchire révèle l’espace et les étoiles. La seconde étape, le tunnel blanc, est symbolisé par la colombe, forme blanche qui s’approche et descend vers l’âme expérimentant la fin inéluctable. Enfin, le message est délivré : « tu es mon fils bien aimé » ou « écoute ton cœur ». Mathieu et Marc ont raison, seul Jésus a vécu la NDE. Luc est neutre alors que Jean rend compte de l’évènement de manière inexacte. Jean le Baptiste est dans l’impossibilité de voir la NDE du Christ. Cependant, je ne saurais dire ce qu’observe un tiers lorsqu’il observe la NDE d’autrui. La mienne a été vécue seul dans une chambre d’hôpital alors que rien ne menaçait mon intégrité physique.

Ma NDE et ma manie était concomitante. Les hauts de dominance peuvent donc provoquer des EMI à froid. Jésus a vécu le même type d’expérience à la frontière de la mort dans des circonstances maniaques identiques. L’expérience de mort imminente est provoquée par une manie de très haute intensité. Jésus a réussi a donné un sens à l’épisode du désert qui s’ensuivit. Pour un œil extérieur psychiatrique, il ne peut s’agir que de symptôme de délire canalisé hors de tout contact social. Jésus reconnait lui-même que la lutte dans le désert est un combat contre le diable ; il sait la nature dangereuse de cette expérience car il la symbolise par un repoussoir spirituel.

L’expérience de l’amour intense est rapportée par un grand nombre de rescapé du voyage ultime. Il est presque synonyme de NDE. Le Christ s’en est inspiré tout au long de son magistère : Amour inconditionnel du prochain, générosité inconditionnelle, pardon des péchés, compassion. Son enseignement ne vient donc pas de nulle part.

Revenons au dialogue entre Nicodème et le Christ. La vision du Royaume de Dieu est permise par la renaissance. Cette renaissance est l’interprétation évidente d’une NDE dont les figures imposées ressemblent étrangement à la mienne. Une difficulté logique surgit et peut être éludée immédiatement. Le Royaume n’est pas observé dans la NDE. Jésus le dit lui-même aux pharisiens, il est au milieu d’eux. Le Royaume est donc une vision consécutive à la NDE qui est une expérience propre au sujet déambulant le long de la frontière séparant les morts des vivants. La théorie de la dominance explique la cause de la NDE : elle est rendue possible par un haut niveau d’excitation. Ce haut niveau d’excitation, ce rang élevé dans la hiérarchie de dominance est la cause ultime de la vision du Royaume et de la NDE que le dominant seul peut observer : les comportements à son égard change dans un sens qui lui est favorable. Jésus a une vision proximale ; Sa NDE, sa renaissance est cause proximale de la vision du Royaume. La cause ultime est la dominance qui subsume l’une et l’autre. La cause biologique des changements dans les rapports sociaux est inconnue à l’heure actuelle et la théorie de la dominance postule un signal honnête qui reste à découvrir. Ce signal devient dès lors la cause de l’expansion que nous recherchons. Jésus révèle à Nicodème sa connaissance de l’effet du signal inconscient dans le Verset du Vent. Il va sans dire que cet aveu est bouleversant et ne risque pas d’être compris tant la forme métaphorique employé apparaît comme un moyen de révéler la vérité tout en la cachant. Le christ sonde, il envoie des ballons d’essai pour tester les connaissances des meilleurs docteurs de la loi. Il sera toujours déçu.

Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit.

La lecture du verset laisse le lecteur dans un certain brouillard. L’impression se dissipe pour laisser la place à un signal invisible représenté par le vent, lui-même symbole du pneuma ou Esprit. Cette onde semble se propager de manière erratique pour l’observateur extérieur. Elle suit en fait son vouloir qui implique une logique inconnue. Elle pourrait être confondue avec un phénomène naturel pour un observateur actuel. Le Christ l’associe à l’Esprit. L’Esprit n’a pas besoin de Jésus pour exister. Il est séparable de la personne du Christ. Le Christ l’a observé d’une manière ou d’une autre avant sa renaissance de l’Esprit. Il a eu tout le loisir de constater l’existence ou la non existence du signal jusqu’au Baptême de Jean. Après tout change en comparaison. Jésus, né de l’Esprit Saint, prend possession des propriétés de la colombe. Il émet le signal mystérieux qui change les comportements habituels de son environnement immédiat. Jésus intellectualise dans le Verset du Vent un des piliers de la théorie de la dominance. Il a pleinement conscience de ses effets, il est incapable de prouver son existence. Le mode opératoire du signal l’en empêche : sa génération, sa communication et sa réception sont inconscientes. L’un des leviers le plus puissant du drame des Evangile réside dans cette impossibilité. La difficulté de démonstration est du même niveau que la mise en évidence des ondes gravitationnelles.

La théorie a exploré les effets du signal honnête. La faculté du dominant à rendre les gens heureux masque un des modes d’action du signal, il enferme l’influence dans un paquet cadeau agréable. Le Christ parle afin que ses disciples aient en eux sa joie parfaite. Il constate, il n’est pas étonné que sa parole provoque la joie alors qu’il est en train d’annoncer sa mort prochaine. L’effet du signal implique une hausse du charisme. Le groupe suit si le chef est heureux. D’un point de vue évolutionniste, c’est tout à fait justifié. La parole s’envole sous l’effet du vent décrit dans le dialogue avec Nicodème.

Source : Evangile selon Jean
17.13 Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite.

Le vent atteint sa cible qui ne sait pas d’où il vient. La mise en évidence d’un signal inconscient est ici montré par la négation du verbe savoir. Quelque chose arrive mais je ne sais pas. Le contexte du premier siècle rend incompréhensible ce signal, on ne connaît que l’intentionnalité consciente du comportement. La seule et unique façon de savoir si le message invisible a été reçu est d’observer un comportement chez le récepteur. Le type de comportement n’est pas indiqué car la prudence dicte au Christ de ne pas rentrer dans les détails qui pourraient lui faire perdre l’ascendant dialectique qu’il conserve en restant mystérieux. Il passerait pour un fou à vouloir argumenter autour d’un phénomène enterré dans l’inconscient. Autant vouloir démontrer l’existence de Dieu. Jésus essaye désespérément d’enseigner un phénomène dont les fondements théoriques ne seront connus que 2000 ans plus tard avec Freud, Schopenhauer et Nietzsche. Dans sa communication, le Christ est très prudent. Il attend de son interlocuteur qu’il admette son extraction divine, il attend que le signal émerge du lieu secret pour s’épanouir dans le savoir, le conscient des gens. Cette prudence est évidente lors de l’entrevue avec Pilate où il n’affirme pas sa royauté d’emblée. Il attend le signal de l’autre pour le confirmer : « tu le dis ».

Les interlocuteurs n’ont non seulement aucune notion de ce qu’il les affecte mais ils n’ont aucune idée du mode de propagation du signal. Ils ne savent pas d’où il vient, ils ne savent pas où il va. Ils ne savent rien. Jésus est le seul à pouvoir observer l’action de l’Esprit. Il n’est pas analytique dans la métaphore. Le signal est reçu et provoque un comportement. Aux yeux de Jésus, il s’agit d’une et une seule manifestation de l’Esprit. La perspective du Christ est celle du connaissant. Il sait qu’il est la source de signal. Il sait où il va. L’esprit se décompose en un signal et un comportement réactif qui est aussi un signal, un signal retour. Le Christ connait le signal retour, la direction du comportement réactif. Chaque mot est important dans le verset du vent. Si le Christ affirme que le récepteur ne sait pas où il va, il implique que lui le sait. Les seules personnes impliquées dans le verset sont l’émetteur et le récepteur. Le signal ne va pas au récepteur ; la boucle fermée est absurde. Il est naturellement renvoyé au Christ de telle manière que ce dernier sache où il va. Il va vers Jésus, seule solution possible et logique du verset. L’échange de regard est le seul comportement dirigé infra conscient, auquel on ne pense pas qui permet la certitude de la direction du signal comportemental retour. Le regard est impliqué dans les comportements de dominance. Le verset du vent est un verset sur le Royaume des regards. Bien d’autres comportements existent. Mais l’attirance des regards est la première chose qui frappe en manie consciente. Le libre arbitre est donc perturbé par le signal honnête et sa traduction comportementale. L’influence, le commandement est reçu sans que le système attentionnel n’intervienne. Le transfert du signal produit des effets :

Source : Evangile selon Luc
9.1 Jésus, ayant assemblé les douze, leur donna force et pouvoir sur tous les démons, avec la puissance de guérir les maladies.
9.2 Il les envoya prêcher le royaume de Dieu, et guérir les malades.

Cette effectivité motivationnelle ne nous est pas inconnue aujourd’hui mais nous ne la reconnaissons pas comme telle. Le service le plus fier qu’on puisse donnée à la dominance est de nier son existence. Ainsi, personne n’est sur ses gardes et personne ne réfléchit plus. Une conscience soutenue est la meilleure arme des faibles. On ne peut pas dire que le monde actuel fabrique des armures contre les bobards dominants de la télé. L’égalitarisme est l’arme de destruction massive que les dominants utilisent envers les faibles. Il fait baisser la plus prudente des gardes. Jésus était hyperdominant, il a tenté de faire comprendre ce qui se passait, il a été honnête. Mal lui en a pris, les ressorts du pouvoir, de la dominance pervertie ne peuvent être divulgués aux pauvres. Les deux témoignages suivant mettent en exergue la discrète mais puissante action du signal de dominance.

Source : France Culture
Le président des jeunes populaires (jeune de l’UMP) a expliqué hier sur France Culture qu’être reçu par Nicolas Sarkozy (Hyperthymique évident, ndlr) avait autant d’effet que la prise d’un rail de coke. Lancar Benjamin : Les quelques fois où j’ai eu la chance d’être reçu dans son bureau, vous en sortez et vous n’êtes pas loin d’avoir pris un rail de coke. Vous êtes avec une surmotivation.
Source : Pam Kemp – Amie de Ron Hubbard et ex-scientologue (Bullshit inc.)
Vous savez, il était vraiment flamboyant (Ron Hubbard, guru et bipolaire, ndlr), je veux dire qu’il était vraiment vivant, et il promenait son Harley Davidson, on se payait des soirées, il jouait de la guitare, chantait avec son chapeau de cow-boy, et on s’amusait bien. On allait tous ensemble faire des exercices et essayer de faire tomber les képis des flics, simplement avec la pensée, et essayer de voir quel genre de pouvoirs on pouvait exercer comme ça, quelle énergie ça développait, tout ça. On s’amusait vraiment.

Richard Dawkins, l’éminent zoologiste athée, est incapable de faire la connexion entre la dominance et le phénomène religieux. Il a pourtant toutes les cartes en main. Ils ne pensent pas au château qu’il pourrait construire car le manque d’imagination scientifique le rend malheureusement hargneux. Malgré son aversion pour la religion, il ne peut la penser comme un phénomène évolutionniste de dominance. Ses cartes neurales sont bloquées par un combat qu’il croit noble alors qu’il montre son incroyable manque de curiosité. Un grain de sable salé suffirait à le mettre en bon ordre de marche. La religion est un phénomène humain du plus haut intérêt scientifique.

Source : Richard Dawkins
EN: «The point [in religion] is not its pernicious aspect. Although I actually think it is pernicious. The point there is that it is infectious. It is something that grips the mind in the same way as a virus, as a conventional virus grips the body in that it takes control and it does so the better to propagate itself »
FR: «  l’important dans la religion n’est pas son aspect pernicieux. Même si je pense qu’elle est pernicieuse. L’important est son caractère infectieux. Elle s’empare de l’esprit de la même manière qu’un virus s’empare du corps en en prenant le control. Elle fait ainsi de son mieux pour se propager »

Jésus voit, observe le Royaume de Dieu. Il est hyperdominant alors que les autres sont la plupart du temps en normodominance. Cette opposition hyperdominant / normodominant est beaucoup plus efficace dans son pouvoir explicatif que la dialectique du fou et du bien portant. Les calembredaines d’Onfray sur la religion en tant qu’hallucination collective est bien le signe de la prostitution de la philosophie à des fin médiatiques ou commerciales, cela revient au même. La philosophie télévisuelle permet à des gens à courte vue de s’arroger le monopole de l’intelligence voire du cœur. A chaque fois qu’Onfray éructe sa sempiternelle tirade sur les étudiantes prostituées, on devrait lui faire remarquer que les copyrights chrétiens sont éternels. La cuillère est grande tendue pour collecter la soupe des flagorneurs vaguement émoustillés par tant de provocation convenue. On ne peut pas lui en vouloir au philosophe antilibéral, grande gueule devant l’Eternel. Un bon philosophe s’effeuille dans ses ouvrages. La télé l’oblige à la pornographie de l’engagement qui sert à astiquer le beau sourire de Loanna Salami et la rogne prédictible de roquet belles oreilles, canidés de garde de l’ennui profond et de l’aboiement monosyllabique au service de leurs carrières sonnantes et trébuchantes. L’image du philosophe rebelle devient une vaste galéjade. Sartre et sa laideur aussi repoussante que conquérante a désespéré Billancourt. Je parle de sa laideur. Onfray parle de la laideur de Saint Paul. Personne ne verra donc d’inconvénient à ce que le débat d’idée avec Onfray soit élevé à sa hauteur. C’est la juste bassesse qui permet de passer à la télé.

Jésus voit des comportements qu’il ne constatait pas avant l’inauguration de son magistère. Le Royaume des Cieux est caractérisé, et le Messie en devient son Roi. La renaissance de la NDE et Les attitudes changées sont les deux ingrédients qui ont fait de sa recette messianique une recette magistrale. Son magistère se base sur des évènements réels et existants. Le langage de la spiritualité ne sert pas à dissimuler un discours cause de lui-même, performatif dirait Onfray. Vous voyez je garde l’esprit toujours ouvert, l’intolérance n’est pas mon fort. L’Esprit donc est le souffle qui plane à la surface des eaux dans la genèse. Il n’y a rien de plus terrestre que l’Esprit créateur. La rencontre avec l’Esprit est une réalité : « En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu; et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes ».

Toute tentative d’exégèse fumeuse et hors sol est réduite à néant par Jésus. Leur délire psychotique débusque partout la morale et les petits hommes spirituels. Les rigolos sont grandement dans l’erreur. Le Christ a expérimenté un phénomène lié à la dominance, cela n’est pas exclusif d’une intervention de Dieu. Dieu s’exprime rationnellement dans le monde. La sulfateuse spirituelle devrait être remisée dans un hangar sous bonne clé, elle est une menace pour le message du Christ. Le Magistère a mobilisé toute son énergie pour expliquer des phénomènes terrestres. Il a finalement très peu parlé des choses célestes car personne n’a rien compris aux choses terrestres, préalable à la compréhension des cieux. L’évangile est l’histoire d’un individu qui voyait un phénomène que les autres ne voyaient pas. Il a été crucifié par les ignorants et les ignorants sont une race prolifique. Les lapins ont exécuté Galilée et Giordano Bruno, qui avait le commis le crime de reprendre l’idée d’eau vive inépuisable de Christ. Les scientifiques avaient les épaules conceptuelles des géants pour convaincre, Jésus était complétement seul, rebelle, hyperdominant et conquérant de la connaissance.

Jésus était nomade et sa parole masquait l’action et la propagation du signal honnête. Il voulait allumer un incendie dans chaque ville où il passait. La réalité de la viralité du bonheur, signe visible du signal honnête, du rang de dominance est démontrée par la science. Jésus est une source, le centre de l’étoile créé par une propagation intense. Une source d’eau vive puissante et inépuisable. Le royaume de dieu est la formulation religieuse de la structure de dominance éthologique au sens du blog. L’idée est d’autant plus intéressante que les chrétiens et les darwiniens n’y souscriront pas. La réalité est divisible dans l’heuristique, une dans la perception. Les ordres de comte-sponville et le NOMA de Gould sont de pures constructions théoriques d’analyse. Personne ne fait le grand saut de la synthèse pour des raisons de morale de boutiquier ou de pacte inconscient de non-agression.

En manie, la vision du Royaume des Cieux est une observation. L’univers comportemental habituel change. Le Royaume des Cieux, c’est une touriste américaine qui vous aborde manifestement pour vous séduire. J’avais un train à prendre et un rendez-vous en ville. J’ai eu toutes les peines du monde à me débarrasser du grappin. C’est aussi un homme perdu qui s’assied à côté de vous et vous demande son chemin. Il vous raconte toute sa vie alors que vous connaissez de lui ni d’Eve ni d’Adam. Ces choses-là n’arrivent pour ainsi dire jamais en euthymie, en dominance de marée basse. Je le sais je me promène souvent seul. Je sais aussi quand je suis haut. Mes prodromes sont cohérents avec les symptômes comportementaux des autres : Une brusque logorrhée de mes interlocuteurs était une cause d’effroi avant que l’habituation ne prenne un relai salvateur. Mon coiffeur devenait intarissable, quelque chose l’avait changé. Il était souriant et enjoué. La tristesse de mon air renfrogné devait avoir disparu. Le rayonnement remplaçait l’irradiation.

Le signal honnête est aussi impliqué dans un évènement de ma première crise de manie. Nous étions trois dans une salle d’hôpital. J’étais en compagnie de ma psy traitante que je connaissais et d’une autre psy, une femme que je ne connaissais pas. Soudain, dans le cours d’une conversation dont je n’ai aucun souvenir, la psy inconnue se mit à fondre en larme, à me toucher et à me remercier sans raison. Cet incident se grava dans ma mémoire, dans l’entrepôt de donnée Indiana Jones. Je ne revis jamais cette psy. Elle avait dû prendre un congé maladie. Quelque chose dont je n’avais pas le contrôle direct l’avait affectée, réconfortée. D’autres bipolaires ont ce genre d’expérience où l’on apprend que la vérité est ailleurs ou au moins quelque part, on ne sait pas où.

Source : Gérard Garouste, l’Intranquille
Un jour, tandis que je frôlais les [grilles de l’hôpital psychiatrique] en courant dans la cour, une femme d’un certain âge, un peu « armée du salut », me regardais passer depuis l’autre côté. Je me suis arrêté. Elle m’a touché comme si j’étais un miracle vivant, elle m’a dit « dieu est avec vous ». Peut-être était-elle folle, elle aussi, plus que moi. Je devais en tout cas dégager quelque chose d’étrangement serein.

L’introduction du blog doit être rectifiée. Je n’ai plus une vision distanciée de la religion. Je crois que j’ai eu tort. Il faut aimer Jésus. La vénération est la plus venimeuse des maladies vénériennes. Seuls les pharisiens vénèrent, ils vénèrent tellement qu’ils en oublient d’aimer. La théorie de la dominance humaine se réclame de l’éthologie, de Darwin, de Wallace, de Lorenz et… de Jésus, premier observateur de la structure de dominance. Il semble que « la chose » nous a fait tel que nous sommes au plus profond de nos gènes. L’homme doit formuler une nouvelle alliance entre lui-même et… ce qu’il est quand il se connait. On ne se connait bien que lorsqu’on est en hyperdominance. On sait alors que le but de la vie c’est d’être heureux pour rendre les autres heureux. C’est comme l’oxygène dans un avion, on fait d’abord attention à soi et après on aide les autres. Vous avez un devoir de ne pas faire la tête. Faites-le pour vous et pour les autres. Mais n’anticipons pas, pour l’instant nous restons toujours dans une démarche rigoureuse. Il ne faut pas se réjouir. Le Royaume de Dieu est la formulation religieuse de la structure de dominance. Cette dernière reste bien un phénomène naturel, elle n’est ni bien ni mal. Le verset du vent est la clé, à nous de lui donner un nouveau souffle. Jésus décrit un réel inconnu de nos jours, cela me prouve qu’il a existé.

Chris de burgh / High on emotion
Well here we go again
Living in a world that others cannot share
Yeah here we go again
We are moving from a spark to a flame
I am high on emotion, high again, high on emotion
your love will find the way

Evanescence/bring J. to life
How can you see into my eyes like open doors?
Leading you down into my core
Where I’ve become so numb
without a spirit, my soul sleeping somewhere cold
Until you find it there and lead it back home
(Wake me up), wake me up inside
(I can’t wake up), wake me up inside
(Save me), call my name and save me from the dark
(Wake me up), bid my blood to run
(I can’t wake up), before I come undone
(Save me), Save me from the icon I’ve become
Now that I know what I’m without
You can’t just leave me
Breathe into me and make me real
Bring me to life
(Wake me up), wake me up inside
(I can’t wake up), wake me up inside
(Save me), call my name and save me from the dark
(Wake me up), bid my blood to run
(I can’t wake up), before I come undone
(Save me), save me from the idol I’ve become
Bring me to life, bring me to life
Frozen inside without your touch without your science, Louis
Only you are the life among the dead
(All of this time I can’t believe I couldn’t see
Kept in the dark but I knew you’d be there right after me)
I’ve been sleeping two thousand years it seems
Got to open my eyes to everything
(Without a thought without a voice without a soul)
Don’t let me die here
There must be something more)
Bring me to life
(Wake me up), wake me up inside
(I can’t wake up), wake me up inside
(Save me), call my name and save me from the dark
(Wake me up), bid my blood to run
(I can’t wake up), before I come undone
(Save me), save me from the icon I’ve become
Bring me to life

Stéphanie de Monaco / Ouragan
Un sentiment secret, d’accord
Un sentiment qui hurle fort
Comme un ouragan
La tempête en moi
A balayé le passé
Allumé ma vie.
C’est un incendie
Qu’on ne peut plus arrêter
Comme un ouragan
Qui est passé sur moi,
L’amour a tout emporté.
Dévastée ma vie
Des vagues en furie
Qu’on ne peut plus arrêter.

Selena Gomez / love you like a love song
It’s been said and done
Every beautiful thought’s been already sung
And I guess right now here’s another one
So your melody will play on and on, with the best of ’em
You are beautiful, like a dream come alive, incredible
I’ve been set free
I am hypnotized by your destiny
You are magical, lyrical, beautiful
You are… And I want you to know baby
I, I love you like a love song, baby
And I keep hitting re-peat-peat-peat-peat-peat-peat

Dead Kennedys/The man with the dogs (paying tribute to the cleverest rock song writer ever!)
I am no one
But I’m well known
For I am the Man with the Dogs
I stare at you shopping
Watch while you’re walking
Two dogs run around your toes
You turn around
Two eyes break you down
« Now, who does that guy think he’s starin’ at? »
Stop in your tracks
You’re being laughed at
You armored ego is nude
And I do and I do
Crack up ‘cos I’m getting to you
I see you I see you
And you’re pretty self-conscious too
Down to your church
I’m looking for victims
Spell of the Man with the Dogs
I’ll haunt you
And follow you to work
That ghost is back again
Creep into you
I won’t go away
You’re taking yourself too seriously
I smile as you frown
And turn to walk away
Your habits for all to see
I see a shrew
I see you
And the rodent things you do
You see you I see you
And you’re pretty self-conscious too
And I’m gonna crack your mask
Yeah and I’m gonna laugh
Open wide
Saw you again
You’ll see me tomorrow
Curse of the Man with the Dogs
You may not like me
You won’t forget me
Not safe even in Walgreen’s
They’ve seen me
Ask your friends
‘Oh I know him’
Seen but I’m never heard
By your lot
A stare
Is worth a thousand biting phrases
See how stupid you are?
I dare you I dare you
To erase my laser tattoo
You see you see you
And you’re pretty self-conscious too
And I’m gonna crack your mask
Yeah, and I’m gonna laugh
What’s inside?
Is it pubic hair
Is it cobweb air
I bet you just don’t care

Jean Jacques Goldman / je marche seul
Je suis riche de ça
Mais ça ne s’achète pas
Et j’m’en fous, j’m’en fous de tout
De ces chaînes qui pendent à leurs cous
J’m’enfuis, j’oublie
Je m’offre une parenthèse, un sursis
Je marche seul
Dans les rues qui se donnent
Quand ma vie déraisonne…