2.4.3.7 Miracles

Il est impossible de parler de Jésus sans parler des miracles. Je ne suis pas un fan du surnaturel et, je l’ai déjà dit, j’ai des difficultés avec le verbe croire auquel je préfère le verbe douter qui n’exclue rien. Finalement, énoncer une croyance de quelque nature qu’elle soit, c’est déclarer son appartenance à un camp. A partir du moment où il y’a camp, il y’a conflit avec ceux d’en face, donc mauvaise foi de part et d’autre. J’ai l’impression que les humains ont du mal à jongler avec plusieurs idées en même temps précisément à cause de leurs cristallisations dans des groupes sociaux homogènes qui ont chacun leur mode de pensée. Les gens devraient s’astreindre à effectuer l’excellent exercice qui consiste à voir le monde à travers des prismes différents. C’est un exercice dangereux et déstabilisant car il peut détruire la charpente de l’estime de soi. Attaquer ses certitudes, c’est attaquer son estime de soi. Il y a surement là une part de masochisme pour le commun des mortels. Mais les bipolaires de type I devraient s’astreindre à ces remises en question. Cela leur permettrait de se protéger de l’intensification des certitudes qui, catalysées par la dominance, deviennent absolues lors de la manie. Il faut être un peu autodestructeur pour garder un pied dans le réel.

L’analyse des miracles doit justement commencer par le réel donc par une perspective éthologique. Nous avons établi l’existence de la structure de dominance, que peut-on dire des comportements, des relations entre les membres de cette structure ? Il faut, pour répondre à cette question, y remettre au centre le signal honnête de dominance bonheur que j’ai évoqué dans ce blog.  Ce signal a une intensité et les effets qu’il induit sont proportionnels à cette intensité. Ce signal ne traverse que les strates de l’inconscient. Au final, il influence ou dévie un comportement habituellement neutre vers un comportement validé inconsciemment par la structure de dominance. L’exécution du comportement est complètement inconsciente et le sujet soumis à la dominance à l’impression que la décision de son exécution lui appartient en propre. Jésus le savait parfaitement  (voir Royaume), car la venue du Royaume (ou structure de dominance) n’a pas vocation à frapper les regards.

Notons que le cerveau est tout à fait habitué à ce genre d’exercice. Dans le domaine du conscient, il sait très bien faire la différence entre un discours public et un discours privé. Il le fait sans réfléchir en fonction de l’auditoire qu’il a en face de lui et du contexte. Par exemple, lors de l’entame d’une réunion il se peut que vos interlocuteurs discutent de sujet divers, des résultats du loto ou du foot. Vous n’allez pas leur dire « de fermer leurs gueules » même si l’envie vous en prend. Vous allez leur dire « mesdames, messieurs puis-je avoir votre attention ? ». L’environnement a bien influencé votre comportement. C’est la même chose pour le signal honnête. Il influence votre comportement pour qu’il rentre dans le cadre de la structure de dominance.  Votre conscient réflexif ne peut pas détecter cette inflexion tant elle s’incorpore à la source du sentiment de soi. Le fait que le maniaque ne sait pas qu’il est maniaque provient d’une indétermination du même ordre. Cependant, lorsque certains individus ont des hauts niveaux de dominance, les comportements extrêmes qui sont associés à une haute intensité du signal de dominance peuvent être révélés à des yeux objectifs.

Le premier comportement qui vient illustrer mon propos est le comportement sexuel. Il faut vous rappeler de Tang, notre gourou cassoulet de tribu primitive. J’avais déjà dit que la puissance de sa dominance créait de la communauté. Elle révèle également des comportements qui paraissent aberrant pour des observateurs extérieurs. Ils le sont moins si l’on considère la présence d’un signal honnête de dominance inconscient.

Source : Ariegenews.com, Affaire Le Dinh aux assises de Foix: «Bis repetita placent»
Sur la question des «viols», les avis sont, ici aussi, à l’exact opposé. D’un côté: «il n’y a jamais eu de contrainte… Si je ne voulais pas avoir de rapports, je refusais…Tous les actes étaient consentis… Les plaignantes d’aujourd’hui étaient les plus proches de Tang à l’époque…C’est elles qui faisaient le premier pas… Elles étaient demandeuses… Toutes les femmes étaient amoureuses de Tang»
De l’autre: «nous étions manipulées, soumises. Consentantes? Oui, mais pas conscientes…Désir de bien faire, de faire plaisir, de plaire à une personne qu’on vénère… C’était Tang!… J’avais peur de la «Loi du Retour»… Oui! il y a eu viol!…Il m’appelait et mon devoir était de le faire, ça me valorisait… Servante de l’Elu, j’étais Elue moi-même… On était bien obligées de passer dans son lit…»

Nous avions déjà abordé la question de l’accouplement dans la tribu primitive. Il n’y a pas grand-chose de nouveau dans l’extrait de cet article. Les mots clé sur lesquels je veux insister sont : « Consentantes ? Oui, mais pas conscientes ». Ils résument à merveille l’effet du signal honnête de dominance par une formule apparemment absurde. Comment ne peut-on pas avoir conscience de son propre consentement ? Le consentement n’est-il pas conscient par définition ? Oui mais voilà, la conscience s’efface devant la structure de dominance et le signal honnête du dominant, le comportement est infléchi dans l’intérêt du mal dominant. Je me ferais juste l’avocat du diable en faisant remarquer qu’il ne faudrait pas établir une jurisprudence du viol sur la base de la  conscience ou non d’un consentement. Tout deviendrait alors très compliqué. Le viol dans les sectes sont commis par des dominants biologiques alors que dans le reste des cas, il est le fait de « low status male » ne pouvant obtenir le consentement de leurs victimes. Il s’agit donc bien de deux typologies de viol distinctes appelant sans doute un traitement intellectuel différencié.

Il n’y a pas que les comportements sexuels qui sont régis par la structure de dominance. Il y’a bien entendu les comportements de soumission qui prennent encore une fois volontaire mais « non consciente » : « Désir de bien faire, de faire plaisir, de plaire à une personne qu’on vénère… ». Ce n’est pas une soumission subie sous une quelconque pression ou menace,  c’est une soumission active qui permet au dominant de n’avoir aucun effort à fournir pour asseoir sa sujétion, les subordonnés s’occupant eux-mêmes d’établir son rang. Cela vous fait peut être rire mais attention, nous jouons tous à ce jeu, même quand le signal honnête est moins intense. Lorsque nous énonçons un jugement positif sur nos proches amis, nous n’hésitons pas à le parer de toutes les vertus. Nous le déclarons intelligent sans hésitation alors que le concept même d’intelligence est flou. Un tel jugement démontre une propension à la subjectivité, terre d’élection de l’influence de la dominance. Quand nous nous occupons d’un sapin de Noël, nous l’entourons de guirlandes. C’est la même chose pour le dominant, nous voulons inconsciemment le servir et surtout nous nous le figurons plus qu’il n’est. Parfois beaucoup, beaucoup plus et ce, parfois, avec un total mépris de la réalité et du jugement d’autrui (en l’espèce ici le journaliste) preuve que l’estime de soi a changé d’intensité et d’objet. Elle s’est transformée en estime du gourou.

Source :
Ariegenews.com, Affaire Le Dinh aux assises de Foix: «Bis repetita placent»
Il n’en est pas moins vrai que, pour ses adeptes, Robert Le Dinh, dit «Tang» est «un extraterrestre… Envoyé de Dieu… Messager de Dieu, au-dessus des autres…Son discours est comme une drogue… Pour les anciens, c’était DieuIl a des pouvoirs surnaturelsC’est un être divin… un Dieu, je croyais tout ce qu’il disait… Oui, c’est un thaumaturge, Oui, il a des pouvoirs, Oui, il fait des choses miraculeuses…Il a le pouvoir surnaturel et mystérieux de faire des miracles … Son nom sort des quatre éléments: L’eau, la terre, le feu, et l’air…Il peut tout faire, tout ce que Dieu lui ordonne de faire… Il a un regard profond et pertinent sur énormément de choses !

Les adeptes tressent des couronnes au dominant. Ils ne sont ni idiots ni faibles encore moins confinés, la secte de Tang n’était pas une prison. Les adeptes étaient parfaitement intégrés dans la société. Ce ne sont pas des mots, c’est un véritable comportement actif de subordonné dans la structure de dominance. En outre, il s’agit de gens qui ont côtoyé le gourou. Ils ne racontent aucun racontar, c’est bien d’une « vision » directe dont ils rendent compte. Il n’est même pas utile de me prononcer sur la véracité des propos. Il me suffit de constater un comportement sous-jacent. L’éthogramme humain s’enrichit donc d’un comportement de soumission actif, volontaire et dirigé vers le renforcement du statut de dominant de la structure de dominance. Il faut insister, il n’y a là aucune contrainte. Les gens parlent librement devant un journaliste et n’ont même pas conscience qu’on va les prendre pour des doux cinglés. Ils sont aussi sincères qu’un fou. Le dominant n’a même plus besoin d’être présent, la sujétion perdure de toute façon.

Le comportement n’est pas culturel, il n’est pas appris. Partout où il y a des gourous vous retrouverez ce genre de discours. Ce n’est pas une soumission face à l’autorité car ce type particulier de soumission est appris et sa source provient du monde conscient et réel. En outre, le gourou n’appartient à aucun corps constitué fournissant de l’autorité (état, police, professeur, blouse blanche…). Il y’a donc une forte suspicion d’un comportement inné dont la source est inconsciente. La règle innée serait « Je suis subordonné donc je renforce le statut du dominant par mes mots et mes actions ». Cette soumission est typique de la soumission dans la structure de dominance. Les autres formes de soumissions sont conscientes et appartiennent à des hiérarchies locales spécifiques de dominance (pouvoir, peur, violence…).

Le comportement est reconnaissable dans toutes les cultures mais aussi de tout temps. Il semble que 2000 ans d’apprentissage critique n’ont en rien modifié le comportement spécifique de soumission de la structure de dominance. L’envoyé divin, le thaumaturge et le faiseur de miracle rappellent naturellement la geste christique. Finalement, les évangiles ne racontent pas autre chose que les adeptes de Tang lorsqu’elles relatent les miracles du Christ. Certes, il s’agit d’une autre échelle mais elle est rendue possible par le pouvoir de modulation d’intensité du signal honnête de dominance.  Jésus fut certes un cas unique mais les comportements demeurent et se modulent en fonction des hauteurs de dominance. Ils vont de l’acquiescement passif aux tressages de couronne actif. Le comportement est donc indépendant de la culture, il est présent dans n’importe quelle culture et surtout à toutes les époques. Les évangélistes et les adeptes de Tang partagent le même comportement face à la dominance. Encore une fois, le comportement en lui-même est établi, ce qu’il tente de nous faire croire est un autre problème. Je ne comprends pas pourquoi l’on n’étudie pas plus dans le détail la psychologie des adeptes de Tang. La science détourne le regard en rangeant tous ces phénomènes sur l’étagère de l’irrationalité donc de la folie.

Les adeptes de Tang et les apôtres de Jésus partagent la même certitude des faits et gestes de leur mentor. Ceci s’explique très bien par le fait qu’il y’a transfert de dominance entre le dominant et le subordonné. Il y’a donc transfert de bonheur mais aussi et surtout transfert d’estime de soi qui va se fixer sur la personne du dominant, le parant de toutes les qualités mêmes les plus invraisemblables. L’estime de soi est le mécanisme agissant ici mais il est fixé sur la personne du dominant. Il s’agit bien d’une sorte de viol du soi. Si le transfert est trop important alors le subordonné peut atteindre ses propres limites de dominance et ressentir les effets bipolaires (Hallucinations, distorsion de la réalité, bouffée de délire…). Lorsque les athées dénoncent la geste christique comme une hallucination collective, ils ont en partie raison mais il renonce à démonter le mécanisme éthologico-psychiatrique qui a présidé à l’écriture des évangiles.

Source: Dr Kay Redfield Jamison, touched with fire
Moods are by nature compelling, contagious and profoundly interpersonal, and disorders of mood alter the perceptions and behaviors not only of those who have them but also of those who are related or closely associated.
Les humeurs sont par nature envoutantes, contagieuses et profondément interpersonnelles et les troubles de l’humeur altèrent les perceptions et les comportements non seulement de ceux qui les ont mais aussi de ceux qui leurs sont liés ou très proches.

Dans la première partie de cet article, j’ai voulu montré que les mêmes causes produisent les mêmes effets lorsque la dominance spécifique que j’ai révélée dans ce blog est en action. Cependant, je ne mets pas Jésus et Le Dinh sur un même pied d’égalité. L’un avait vécu une véritable expérience subjective qui l’a poussé à dispenser un enseignement cohérent, l’autre s’est bâti une communauté dans le seul but d’assouvir ses besoins matériels et sexuels au motif qu’il était, selon ses dires, un envoyé du Christ. Il serait intéressant de creuser dans quelles circonstances exactes ce message lui a été signifié. On découvrirait sans doute une brusque élévation de la dominance comme je l’ai décrit dans religion. Encore une fois, Il faudrait également tenter de comprendre la psychologie des adeptes (et du gourou d’ailleurs). Pourquoi leurs visions de la réalité sont si obscurcies ? On conclurait immanquablement sur un phénomène de dominance qui est le trait d’union entre le phénomène religieux et le phénomène sectaire quoiqu’en dise les autorités ecclésiastiques. Ces dernières ne s’y trompent pas lorsqu’elles se sentent menacées par les lois anti sectes, révélant par la même la même nature de la force sous-jacente qui s’exprime.

A 2000 ans d’intervalle, on observe donc les mêmes comportements sémantiques des adeptes ou des évangélistes. Est-il besoin que je me prononce sur la véracité des miracles ? La question est un peu complexe mais lorsque la dominance est impliquée, la première victime est la vérité objective. Tout un tas d’a priori positif vont envahir la pensée du subordonné. On est donc déjà dans le domaine de la distorsion de la réalité. Dans le cas des évangiles, il y a bien sûr et en outre la tentation d’enjoliver la réalité à des fins de propagande chrétienne. Les rédacteurs ne semblent pas avoir directement côtoyé Jésus et ont dû prendre des libertés avec la vérité. Les deux effets s’ajoutent donc. Mais je pense qu’il ne faut pas non plus prendre les gens pour complètement fous. Il faut des faits pour que leurs perceptions ou leurs interprétations soient manipulés par la structure de dominance.

Il faut donc des faits ou des motifs pour que l’interprétation soit distordue. Regroupons les miracles de Jésus en trois catégories. Premièrement, il y’a les miracles qui contreviennent aux règles physiques régentant le monde objectif. La transformation de l’eau en vin, marcher sur l’eau et la multiplication des pains font partie de cette catégorie. La seule explication objective est l’incroyable influence de Jésus qui a pu persuader les apôtres d’avoir une interprétation hautement subjective de la réalité. Une coïncidence additionnée à une direction interprétative fournie par le Christ est instantanément transformé par le groupe en vérité absolue. Notons que Jésus avait le génie des mises en cène spirituelles. Dans le cas de la multiplication des petits pains, il a pu s’agir d’un rite dans lequel la foule en état modifiée de cognition a pu croire être rassasié. N’oublions pas que la dominance diminue la faim et la soif. Lorsqu’elle est partagée avec la foule, elle pourrait donner ce sentiment de satiété. Je pourrais me livrer à une analyse détaillée de tous les miracles contrevenant à la physique mais cela prendrait trop de temps. Pour moi, le seul miracle, est sans doute que tout le monde partageait la même vision subjective favorable à Jésus et que tout le monde, le Christ y compris, était sincère. Il y’avait vérité subjective. C’est le seul miracle incontestable et il se répète encore au 21ème siècle avec les adeptes de Tang.

Les miracles médicaux peuvent être scindés en deux catégories. Il y’a les guérisons biologiques et les guérisons psychiatriques. Les guérisons organiques sont banales lorsque l’on parle de messie, de gourou ou de surdominant. N’oublions pas que Raspoutine était aussi un bipolaire guérisseur. Je me rappelle avoir lu un article traitant d’un guérisseur indien dont la réputation thaumaturge était établie. Un scientifique avait démontré l’inanité des miracles qui lui avaient été attribués. Cependant il ne faut pas oublier notre fait générateur de croyance qui transforme un fait en certitude absolue. Je suis persuadé que le surdominant est doté d’un pouvoir de soulagement et de réconfort psychologique. Il faut rappeler les mots d’Hélène Carrère d’Encausse à propos de Raspoutine :

Source : L’ombre d’un doute (France 3) / Les secrets de la mort de Raspoutine.
Ce n’était pas un homme ordinaire, c’est un homme qui avait en lui tout de même, une force, divinatoire je ne sais pas, mais en tout cas une force magnétique une force, une capacité à soulager c’est certains.

Les personnes étaient soulagées et l’exprimaient. L’inconscient des adeptes chauffés à blanc n’avait plus qu’à se saisir de ce fait pour le transformer en miracle. Nous avons donc, de manière quasi-certaine, d’un côté un pouvoir de soulagement et de l’autre une réceptivité et une réactivité complètement centrée sur le dominant. C’est la clé pour comprendre les miracles médicaux. Mais je pense que l’on peut aller plus loin tout en entrant dans le domaine de la spéculation. Si le dominant transfère de la dominance, il se peut que des guérisons aient lieu. N’oublions pas que nous ne connaissons pas les causes de l’effet placebo et les raisons des miracles attestés à Lourdes. Aucune étude, pour cause d’indétermination scalaire de la dominance, n’a étudié la santé en fonction de la dominance mais, intuitivement, on peut accepter sans violer sa raison que les plus heureux soient ceux ayant la santé la plus robuste. Dame Nature veut malheureusement se débarrasser des dépressifs, il n’est pas exclu qu’elle le fasse par des moyens physiologiques. Inversement, elle favoriserait les plus aptes, les plus heureux en fortifiant leur santé. En tout cas, Jésus rendait très heureux, il transférait sa « joie parfaite ».

Source : Sanctuaire Notre Dame de Lourde
Jeudi 11 octobre 2012, l’évêque de Casale-Monferrato (Italie) a reconnu comme miracle la guérison d’une religieuse de son diocèse survenue à Lourdes en 1965. Sœur Luigina Traverso devient ainsi la 68ème miraculée de Lourdes. Sœur Luigina Traverso est née le 22 août 1934, à Novi Ligure (Piémont), en Italie, en la fête de Marie Reine. Elle n’a pas encore 30 ans lorsqu’elle éprouve les premiers symptômes d’une paralysie de la jambe gauche. Après plusieurs interventions chirurgicales infructueuses sur la colonne vertébrale, au début des années 1960, la religieuse, obligée de demeurer régulièrement alitée, demande à la Mère supérieure de sa communauté la permission de se rendre en pèlerinage à Lourdes ; elle y part fin juillet 1965. Le 23 juillet, alors qu’elle participe sur un brancard à l’Eucharistie, elle ressent au passage du Très Saint-Sacrement une forte sensation de chaleur et de bienêtre qui la pousse à se lever. La douleur a disparu, son pied a recouvré sa mobilité.

Les miracles psychiatriques sont les plus faciles à expliquer. L’effet qui va influer sur la réceptivité des évangélistes est bien la dominance pure. En effet, si l’on considère que la folie et la dominance sont liées alors il n’est pas absurde d’attribuer à Jésus un pouvoir de commander aux démons des malades mentaux. Il était l’hyperdominant de la structure de dominance. Les fous qu’ils rencontraient devaient trouver leur maître et ils se soumettaient instinctivement à la puissance du signal honnête de dominance bonheur. Cette soumission a dû fortement influencer les apôtres.

La cohérence de la théorie sort renforcée de cet article. En effet, J’ai lié le phénomène sectaire à la religion ce qui n’est pas nouveau. Mais en liant Tang à Jésus, j’ai rapproché de manière logique les sectes et les troubles de l’humeur car il faut considérer que, superficiellement, Jésus avait des fluctuations de l’humeur (communication avec Dieu, épisode du désert). Le phénomène sous-jacent dans les deux cas est bien la dominance. Enfin, j’ai voulu montrer comment le phénomène des miracles était une des formes extrêmes de son expression comportementale mais je sens bien que je dois prendre un peu position sur le fond. Alors je dirais que je doute, c’est sans doute ma façon de croire. Personne ne sait ce qui peut se passer quand un hyperdominant de la trempe de Jésus est présent. Il n’y a aucune expérimentation possible, seulement des cas approchant. De toute façon, un miracle est expliqué : La faculté de construire des représentations et des comportements dominant-centrées est sans limite pour certains types de populations sur lesquelles nous reviendrons dans un prochain article. De mon point de vue, je n’ai pas besoin des miracles pour « savoir » en Jésus. J’observe qu’ils ont eu une utilité pour propager les mèmes chrétiens durant 2000 ans. De nos jours, ils apparaissent comme un obstacle à la diffusion de l’enseignement pour des populations s’abreuvant aux mamelles de la science et de la réflexion critique.

The Ramones / I believe in miracles
I have been blessed with the power to survive.
After all these years I’m still alive.
I’m out here kickin’ with the band.
I am no longer a solitary man.
Every day my time runs out.
Lived like a fool, that’s what I was about, oh
I believe in miracles.
I believe in a better world for me and you.
Oh, I believe in miracles.
I believe in a better world for me and you.