2.6 Crépuscule

Il m’a fallu deux ans pour formaliser et rationaliser ma folie qui est maintenant devenue une théorie nouvelle et solidement étayée. Elle est, je le crois, vertigineuse. Pourquoi la bipolarité n’a pas été pensée dans ces termes ? Tout simplement parce qu’il faut le voir pour le croire. Et pour le voir, il faut que soit réuni un certain nombre de conditions. Tout d’abord il faut être bipolaire. Nous autres fluctuants, connaissons mieux que quiconque l’âme humaine. Mais ce n’est apparemment pas tout puisque je suis le seul à avoir cette vision de mon trouble. Je reste néanmoins persuadé que chaque bipolaire ayant eu une phase maniaque peut comprendre ma théorie.

Quatre-vingt milliards d’être humain ont peuplé la planète. 800 millions de bipolaires ont lutté pour leurs survies durant toute l’évolution de l’homo sapiens. Dans le proche passé connu, seules de rares figures ont tenté de penser ce qu’il leur arrivait. Jésus l’a pensé en terme religieux et Nietzsche l’a exprimé philosophiquement. Humblement, je propose une troisième interprétation. Elle est de nature scientifique et éthologique : il existe une relation profonde entre la bipolarité et la dominance. Cette dernière est un fait établi pour tous les animaux sociaux. Pour les êtres humains on peut distinguer la domination et la dominance. Henri Laborit a confondu les deux dans son ouvrage « éloge de la fuite » car il a adopté une analyse fortement teintée de marxisme dans son raisonnement. Les rapports de production, la plus-value sont la résultante de ce que j’appelle une certaine classe de domination mais non de dominance au sens de ce blog. Nos ancêtres du pléistocène ne connaissait pas cette domination car la techno structure économique que décrit Laborit n’existait tout simplement pas.

Un phénomène naturel devait exister pour réguler les rapports entre individu à une époque où nos instincts se sont formés il y’a des dizaines de millier d’année lorsque la technostructure économique était si balbutiante qu’il serait malhonnête d’affirmer qu’elle existait. Ce phénomène naturel, c’est la dominance, phénomène de communication inconscient et état de dominer. La domination, elle, existait aussi sous des formes primitives comme la violence et l’assouvissement des instincts primaire mais, au cours des âges elle s’est diversifiée pour atteindre cette prodigieuse multitude de source de gratification (Jeux, sexe libéré, activités de production artistique et économique,…). En quelque sorte il serait plus intéressant de parler de la généalogie de la domination que de la généalogie des valeurs. N’en déplaise à Nietzsche.

Avec l’avènement de la pensée rationnel, les phénomènes de domination conscients ont masqués les processus de dominance inconscients car cette dernière s’exerce de manière très subtile, inconsciente et donc invisible. Un différentiel de dominance est imperceptible sauf pour des cas extraordinaires comme Jésus. Le Christ a vu le comportement des autres changés comme je l’ai montré dans le verset du vent. Pour des différentiels élevés mais commun, nous arrivons à nommer le phénomène : le charisme. Mais personne ne se pose véritablement la question de savoir d’où cela vient. L’explication, la seule possible, est qu’il existe un signal honnête de dominance variable chez l’être humain que le conscient ne perçoit pas et que l’inconscient interprète pour dévier nos comportements dans l’intérêt du dominant. Ceci explique l’effroyable complexité à le détecter et à le comprendre. Comment voulez-vous établir un protocole expérimental sur la base de quelque chose que vous ne voyez pas consciemment?

Être bipolaire ne suffit pas pour comprendre la dominance. Il faut être maniaque. Les maniaques sont tellement dirigés vers l’extérieur à cause de leurs frasques qu’ils ne prennent pas la mesure des subtils changements de comportement de leurs entourages. Ils expliquent le changement d’attitude par des « techniques sociales » ou par leurs frasques. Ils se trompent, quelque chose leurs donne un a priori favorable dans leurs relations avec les gens jusqu’à ce qu’ils soient enfermés dans un hôpital quand l’excitation dépasse la résistance innée et acquise de leurs êtres. Pour observer la dominance il faut être maniaque, solitaire et introverti. Intuitivement, on s’étonnera plus du changement des comportements des gens si l’on est solitaire. En phase de manie, vous attirez les gens. Ce qui est intéressant c’est que les prophètes ont décrit ce phénomène dans le chant du serviteur souffrant où un être solitaire et rejeté devient l’élu de dieux. Ces prophètes avaient des sautes d’humeur et ne faisaient pas une prophétie ; ils avaient identifié un phénomène et pressentait l’arrivée d’un individu qui, lui resterait en haut et contrôlerait la situation.

Esaïe 53
2 Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée; Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n’avait rien pour nous plaire.
3 Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas.

Nous voici à la fin de « in vivo ». Le crépuscule de mes idoles laisse encore entrevoir leurs lumières rougeoyantes. Nietzsche n’a pas réussi à penser la puissance en termes de dominance. Jésus a, lui, pensé un peu trop vite le phénomène religieux. Pour ma part, je dois paraître un peu mégalomane. A la question ai-je vu ce que Jésus a vu ? La réponse est oui. Est-ce que je me prends pour Jésus Christ ? La réponse est non car moi, voyez-vous, je monte et je descends. Je suis plus prophète que messie ! Et puis la NDE que j’ai décrit, des millions de gens l’ont vécu. Ils sont même allés beaucoup plus loin (décorporation). Ceux que personne n’a décrit c’est la dominance. Pour créer une religion il ne suffit pas d’une NDE, il faut la dominance qui va propager le virus à travers les communautés. Jésus avait les deux et il était si haut et si maître de lui-même. Et je ne suis pas du tout sûr de lui donner tort car, enfin, quand je suis très haut je sens cet amour, cette chose. Le christ déclarant qu’il est né de l’esprit de la NDE, c’est une manière très logique de rapporter les choses. C’est comme si «la chose» nous irradiait de l’intérieur dans la manie.

J’hésiterais toujours à donner tort à Jésus. J’aime penser en terme religieux et rationnel. La dominance est-elle un phénomène divin ? S’est ont égaré en créant des religions alors que le phénomène fondamental était éthologique ? Je n’ai aucune réponse tranchée à ce sujet. J’ai encore 40 ans pour y réfléchir. Et voyez-vous j’aime bien réfléchir, ça me tient compagnie. Nous avons défini beaucoup de concept dans ce blog, ils vont nous entourer dans la 3ème partie de ce blog : Pensées.

Question : mais qu’a-t-elle donc Ella ?

France Gall / Ella elle l’a
C’est comme une gaieté
Comme un sourire
Quelque chose dans la voix
Qui paraît nous dire « viens »
Qui nous fait sentir étrangement bien
C’est comme toute l’histoire
Du peuple noir
Qui se balance
Entre l’amour et l’désespoir
Quelque chose qui danse en toi
Si tu l’as, tu l’as
Ella, elle l’a
Ce je n’sais quoi
Que d’autres n’ont pas
Qui nous met dans un drôle d’état
Ella, elle l’a, Ella, elle l’a
Ou-ou ou-ou ou-ou ou
Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou, cette drôle de voix
Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou, cette drôle de joie
Ce don du ciel qui la rend belle
Ella, elle l’a, Ella, elle l’a,
Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou
Ella, elle l’a
Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou
Elle a ce tout petit supplément d’âme
Cet indéfinissable charme
Cette petite flamme
Tape sur des tonneaux
Sur des pianos
Sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains
Montre ton rire ou ton chagrin
Mais que tu n’aies rien, que tu sois roi
Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi
Tu vois ça ne s’achète pas
Quand tu l’as tu l’as
Ella, elle l’a
Ce je n’sais quoi
Que d’autres n’ont pas
Qui nous met dans un drôle d’état
Ella, elle l’a
Ella, elle l’a