3.96 Amoralisme I (Paradoxes)

Vous savez, c’est étrange. Je vois bien le but de ce blog maintenant. Je connais quelques réponses et j’essaie de vous amener, plus précisément de vous emmener vers ce que je suis ; vous êtes en voyage vers ce que j’ai vécu. Personne ne me connait comme vous me connaissez si vous avez eu le courage de vous attelez à la lecture de tous ces articles qui sont autant de chapitres d’un livre en devenir, virevoltant au gré de mes déviances, vorace de la chair vivante de mes mots enjoués. C’est très perturbant. Mon royaume est fait de confusion et d’éclair, de terre et de feu, de bout du monde, de lumière et de ténèbres, de grottes obscures et de vastes plaines où l’on déambule à découvert, à ciel ouvert, de dunes désertes où l’on démonte les mouvements des raz-de-marée. Heureux mes paysages tourmentés de mer d’Iroise, de terre et d’eau de feu. Ils se présentent à mon regard avec contraste mais sans contradictions ! La dominance humaine, qui brûle parfois au creux de mon cœur et qui se répand dans mes pensées, confusions dont il vous faut embrasser d’un seul trait l’interprétation entre les lignes, ne se laisse entrevoir que par paradoxes :

Intéressons-nous au point de vue de l’hyperdominant quand il décrit la relation de dominance et le « joug doux» qu’il exerce (Matthieu 11:30). Qu’est-ce qu’un joug ? Au propre « Pièce de bois servant à atteler une paire d’animaux de trait », et au figuré « Dure sujétion, contrainte matérielle ou morale (source : larousse.fr). Maintenant, il faut m’expliquer comment un joug peut être doux ou léger. Il y’a bien paradoxe. Le point de vue de celui ou celle sur qui est exercée la dominance est tout aussi absurde. Rappelez-vous les mots très intelligents des victimes du gourou Tang : «Consentantes ? Oui, mais pas conscientes ». Comment un consentement peut-il être inconscient ? Il y’a aussi paradoxe. Paradoxe résolu par la théorie de la dominance humaine. Il n’y a qu’à écouter la douce musique des sentiments des gens et le roman de l’air du temps. Il est temps de moissonner, oui, les mots sont parvenus à maturité, fine est la farine qu’on en tire, tentatrices sont les crêtes qui se retournent lourdement chargées de confitures éternelles.

Analysons succinctement la vie de Jésus. Je suis le Fils de Dieu, je balance des paraboles incompréhensibles (enfin pas pour moi). Pourquoi ? Tout simplement parce que j’observe un phénomène que seul moi en tant qu’hyperdominant peut observer. Pour me sortir du paradoxe, j’invoque Dieu. La situation du Christ était absurde, il voyait le comportement des gens changer dans le ministère du joug doux inconscient, et il compta, jusqu’au dernier moment, sur la voix de Dieu pour officialiser dans les cœurs et dans les raisons son statut de roi des rois. Malheureusement, la voix de dieu, sur laquelle il comptait tant, ne se fit pleinement entendre que lors de la confession de Pierre. Maintenant, réfléchissons deux secondes voulez-vous ? Je suis dominant, je suis donc le chouchou de dame nature. Je suis homo sapiens donc je n’ai pas été sélectionné uniquement sur mes biscotos mais aussi sur mon intelligence et ma sagacité. Quelle invention merveilleuse va inventer Dame Nature pour protéger son favori ? Comment Agnan va tenir tête à Eudes ? Evident, tout le monde va devenir brusquement très sympa avec lui (appelez cela Amour) et le laissera tranquille pour le temps, très long chez l’être humain, nécessaire à élever sa progéniture. Il y’avait paradoxe mais ce paradoxe-là est résolu de manière très simple par la théorie de la dominance humaine.

Il y’a un autre paradoxe chez Jésus que les exégètes fumeur de moquette n’ont pas relevés dans le verset du vent. Comment peut-on ne pas connaître la provenance d’un vent et sa direction? De tout temps, on a connu une manière extrêmement sophistiquée pour savoir la provenance et la direction du vent. Vous portez votre index à votre bouche, vous l’humectez légèrement, vous le pointer vers le ciel (vous évitez le majeur, tas de mécréants) et là vous sentez une légère fraicheur qui vous donnera la provenance, et, par un raisonnement mathématique extrêmement complexe impliquant la géométrie Euclidienne, vous connaîtrez sa direction c’est-à-dire où il va. Jésus vivait dans le monde du signal honnête de dominance intense. Il essayait de l’enseigner mais personne ne comprenait rien. Pas étonnant qu’il ait tenté le Tout pour le Tout et tenté d’éveiller les conscients par l’absurde. Peut-être supputait-il que l’absurde des épées tournoyantes ouvrait les voies du Seigneur ?

Ce que j’ai appelé dans ce blog le système de sélection naturelle chez l’être humain recèle aussi des paradoxes apparents. Tout d’abord qu’est-ce qu’un système de sélection naturelle ? Très simple, il localise le concept de sélection naturelle au niveau de l’espèce tout en le rendant holistique (notion de système où l’environnement ne devient qu’une composante parmi d’autres). Il prend en compte le type d’environnement, les comportements sexuels (cour ou drague pour les non-initiés, coït, reproduction sexuée, asexuée, etc…), hiérarchie de dominance (la femelle sélectionne-t-elle ? est-elle « violée » systématiquement par le mâle ?), compétition pour un territoire, outil technique de conservation, duplication, mélange de l’ADN (exemple : méiose, crossing over, ontogénèse etc…). Vous avez tout cela en tête ? Tout nous paraît simple par ce que nous le pratiquons tous les jours (espérons-le !). Mais le concept de système de sélection naturelle est extrêmement complexe car il reçoit par héritage les deux mamelles de l’évolution à savoir le hasard (mutation génétique) et la nécessité (sanction de l’environnement).

Mettons côte à côte notre système de sélection naturelle (vous pouvez l’observer tous les jours), son résultat (en gros vous et moi) et la manière dont nous le percevons. Le résultat ? A ma droite, une fantastique créature capable de remporter un nombre incalculable de victoires contre l’environnement. A ma gauche ? « L’amour est enfant de bohème, il n’a jamais connu de loi ». Ma main droite semble ignorer ce que pense ma main gauche. Comment un système qui ne connait pas de loi peut-il engendrer un tel être sur terre, un tel être (conscience, pensée, sociabilité…) comparé aux autres créatures issues d’autres systèmes plus primitifs de sélection naturelle, système semblant complétement rationnel et visible comme la hiérarchie de dominance des chimpanzés ? Il y’a un énorme paradoxe. Il faut bien qu’il y’ait une différence majeure d’efficacité entre nous et les chimpanzés au niveau de ce système. Je veux dire par là que les chimpanzés ont, en gros, eu le même temps d’évolution, alors pourquoi cette différence, ce paradoxe naturaliste ? La sélection chez l’être humain est tout à fait rationnelle. Mais c’est une rationalité qui ne se voit pas.

Tous ces paradoxes sont résolus par la théorie de la dominance qui affirme que le système de sélection humaine est la machine la plus sophistiquée et la plus efficace que Dame Nature ait jamais inventée, Dame Nature utilise des outils dont nous n’avons tout simplement pas la connaissance actuellement. Je vous rappelle que lorsque Darwin a écrit sa théorie il ne savait pas ce qu’était un gène et la rencontre fructueuse avec Mendel n’arriva point, lui qui formalisa les règles de transmission d’un machin qui n’était pas encore appelé de l’ADN. Messieurs les éthologues cessez de vous focaliser sur la taille de la mâchoire du soi-disant dominant ! Vous insultez Dame Nature. Je crois que l’étude du système de sélection de l’être humain apportera beaucoup de surprise… et pourquoi pas à une rencontre avec l’Esprit Saint ? Dans quelques centaines de milliers d’années peut être.

Vous dites : « il n’y’a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ». Je dis « L’amour existe, je l’ai vu, mais je suis infoutu d’en apporter quelque preuve que ce soit, pour l’instant ». Il vous faudra attendre que j’en sois à l’article de la mort… Cet article, il a déjà un titre : Statistiques. Mais attention je vous dis pourquoi vous ne voyez rien. Dame Nature donne la conscience et en même temps elle rend le système de sélection partiellement indétectable car le petit galopin réfléchit, scrute et observe. On ne va pas en prime lui révéler comment il est sélectionné sinon il va sortir de son chapeau tout un tas de tactiques de reproduction qui aboutiront à une impasse évolutive. Au passage, vous croyez que la sélection naturelle a suspendu son vol avec l’être humain. Grave erreur, elle est d’autant plus présente qu’elle fait discrètement rage.

Et là surgit un autre paradoxe très perturbant. Comment et pourquoi Dame Nature nous a équipé d’un tel système lorsque nous vivions dans des grottes, alors qu’elle n’avait pas prévu du tout que l’homo sapiens et sa science se passerait lui-même au crible scientifique du connais-toi toi-même ? Dame Nature est extrêmement prévoyante, vous ne trouvez pas ? Un peu trop à mon goût. La théorie de la dominance n’a pas d’explication à ce sujet. Le hasard… toujours le hasard. Bien sûr… La non volonté soit le hasard, et son corollaire, la croyance dans le hasard, est une forme de volonté. Quand la science nous serine que nous ne sommes qu’accident fortuit, elle croit. Quand vous aurez compris cela, vous pourrez entamer le dialogue avec l’Esprit Saint (Jésus et al, 30), avec Dame Nature, ou avec l’être suprême. Avec vous-même ?

L’existence de paradoxe doit être résolue et je serais assez leibnizien. Un paradoxe ne peut être qu’apparent et il en existe de nombreux lorsque l’on aborde la question de Dieu. La réponse de Voltaire, philosophe léger, à Leibniz est somme toute pertinente. Nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes possibles (voir son poème sur le désastre de Lisbonne) c’est-à-dire sans contradiction. Pourquoi Dieu ne nous fait-il pas vivre dans le meilleur des mondes possibles ? Pourquoi la souffrance ? Pourquoi les jérémiades de Job ? Je dois répondre à cette question pour une raison bien simple. N’oubliez pas que lors de mon premier épisode, je me suis pris pour Dieu. Bien sûr je ne braillais pas que j’étais Dieu mais une petite musique en moi me serinait que j’étais le Big Boss. Je combattais cette musique insistante. Elle me fit complètement oublier que mon comportement avait follement changé et que je n’étais plus à même de vivre en société. Hôpital, sortie de l’hôpital, et retour à l’hôpital. Mais au fait, pourquoi ce retour à l’hôpital ?

Je lis beaucoup de blog de bipolaires, tous sont très intéressants. Ils ont tous une saveur et des couleurs, haut les cœurs et parfois haut le cœur. Maniaques prophètes, réincarnation de Vishnou à bouddha en passant par la vierge Marie. Tout cela c’est très bien mais pas beaucoup de Big Boss. En tout cas je vous préviens d’un petit problème qui pourrait vous arriver si, d’aventure, vous vous preniez pour Dieu. D’abord, il n’aime pas la concurrence, et il a donc laissé un piège. Une chausse trappe aussi vicieuse que bête. Si vous n’êtes pas bipolaires, la folie peut vous paraître abstraite. Attention un bipolaire maniaque est sincère, il croit ce qu’il dit et il croit ce qu’il est, c’est extrêmement concret, ce n’est pas juste « oh il fait son numéro cela va lui passer ». L’estime de soi vous enlève tout doute, elle m’a quand même laissé suffisamment de contrôle pour raisonner. Bien, ok, je suis Dieu. La question qui suit normalement, moralement et immédiatement après est : puis-je porter tel Atlas la responsabilité morale du monde, de ses souffrances, de ces guerres, de la mort du Christ, de tout quoi. Je n’ai jamais autant souffert d’une telle douleur morale de toute ma vie. C’était horrible, bien sûr que je suis incapable d’une telle responsabilité. N’épiloguons pas sur ma souffrance, elle n’a pas beaucoup d’intérêt. Retour, donc, à l’hôpital et verdict technique :

Source : Pavillon Jaune, Plaisir Grignon
Rechute anxieuse qui s’est traduit par des contractures extrapyramidales, il a demandé à être ré hospitalisé.
Les troubles ont rapidement cessé sous correcteur J’ai pu verbaliser avec lui : Son utilisation du corps comme court-circuit de la mentalisation de sa souffrance affective

Tout traumatisme appelle un mécanisme de défense. Tout cela pourra se répéter, et je ne veux payer aucun tribut à l’amor fati même s’il m’a enserré dans ses griffes, cajolé dans ses serres et envolés sous ses ailes. Je dois être prêt, ce qui ne me tue pas me rend plus fort. Lors du prochain tremblement de terre, le Big One, je sais que je ne pourrais pas m’empêcher de prêter l’oreille à cette musique de sirène destructrice et entêtante. Se prendre pour Dieu n’est pas grave en soi, porter un costume trop large pour soi, n’est-ce pas le contraire du cintré ? Mais c’est bien le piège moral qui suit auquel je dois me préparer. Il me faut développer des mécanismes de défense. Pour cela, à froid, est-il permis de se prendre pour le Big Boss ? Cela aidera la réflexion. En haut, de toute façon, la dialectique de la volonté et du hasard ne tient pas. Il y’a une volonté, il y’a quelque chose qui aspire ma volonté vers une autre Volonté. Autant, à l’euthymie, vous pouvez raisonner à froid, examiner les nombreuses options logiques qui se présentent, autant quand la machine à brûlot commence à vrombir, les choses se simplifient. Et il me faut penser la dernière simplification, pour survivre. Et pour survivre, il me faut devenir amoral et penser la diagonale du fou pour mettre en échec les fluctuations chaotique causées par le créateur et les jérémiades de ses séides. En vérité, je vous le dis, celui qui cherche la vérité empreinte les veines qui conduisent au cœur du Seigneur ; et au cœur de ces veines vous ne trouverez aucune chance, aucun hasard. Divine Evolution et sainte Providence, les deux ventricules de mon cœur anxieux et meurtri…

Evanescence / Tourniquet a tourniquet is a device used by doctors to stop bleeding, un garrot.
Am I too lost to be saved?
Am I too lost? …
… My wounds cry for the grave
My soul cries for deliverance
Will I be denied Christ?
Tourniquet
My suicide

Alpahaville / big in Japan
You did what you did to me
Now it’s History I see
Here’s my comeback on the road again
Things will happen while they can
I will wait here for my Man tonight

Diogène De Sinope
Je cherche un homme