3.991 Wargames

Il faut raisonner de manière quantique puisque nous le pouvons. Il ne s’agit pas de respecter le point de vue de l’autre, on se bornerait alors à respirer l’air insipide du temps. Il s’agit plutôt de se vêtir de son référentiel et, ainsi, de voir le monde d’une autre perspective en y investissant toute l’affectivité dont nous sommes capables. Et nous en sommes capables. Il faut juste accepter de jouer à ce jeu dangereux et d’accepter que « je » peux simuler un autre. S’il n’y a pas d’affectivité dans le jeu alors il y’a perte de précieuses informations, nous nous bornons alors à récolter les informations qui constituent nos habitudes alors que le jeu consiste à déformer ou à réinterpréter notre réalité sous l’influence acceptée de l’autre, un peu comme la lumière est courbée par la masse. Appelons cela théorie de l’Esprit.

Lorsque nous regardons une autre personne lever le bras, nos propres neurones moteurs, qui commandent cette action, sont activés. Nous pouvons nous mettre à la place de l’autre. L’évolution nous en a donné la faculté. Elle renforce cette posture sociale dont l’intensité est si spécifiquement humaine. Elle ne se limite pas à ressentir l’autre mais à pouvoir voir le monde comme l’autre le perçoit. Attention, il ne s’agit pas d’être un caméléon et de nous farder des couleurs de l’autre, il s’agit d’un exercice naturel qui ne doit pas nous faire oublier que je vois le monde à travers toi. Chacun joue à ce jeu qui débusque l’autre, et chacun tente, par les informations nouvelles que l’exercice produit, de manipuler l’autre pour qu’il soit conforme à ses propres intérêts. Je sais d’où tu viens, ce que tu vois et ce que tu ressens ce qui me permet de t’amener là où je veux t’emmener.

Attention, les bipolaires et leurs sensibilités aux fenêtres grandes ouvertes sont très forts à cet exercice-là. Tout dépend de l’humeur. En bas, la sensibilité nous assomme et nous rends vulnérable aux as des petites piques mesquines. En haut, cette sensibilité se transforme en un redoutable système d’information sur l’autre, et vos pauvres rets vous dévêtent car ils signalent vos propres faiblesses et vos intentions prédictibles. Nous lisons les pages de votre livre grand ouvert et nous vous influençons grâce au signal honnête de dominance. Si quelqu’un se rendait maitre de sa manie, qui pourrait-il être ? Celui qui est ? L’Eveillé ? Pas si vite, la pensée quantique exige la suspension du jugement. Elle écrit avec une encre sympathique dans la mémoire de travail. Elle ne prend jamais partie, elle prêche le pour et vante le contre, elle brouille les pistes pour mieux se dissimuler. Elle sait quel type de vérité est par-delà le vrai et le faux. Quand on ne comprend rien, on invoque le spirituel alors qu’il suffit de convoquer le cœur pour comprendre les larmes de mes céphéides. Elles gisent en attendant le jusant. Elles seules ont le bon fond.

Echauffons nous l’Esprit voulez-vous ? Peut-être en prévision d’un prochain article qui étonnera, j’en suis sûr. Les esprits échauffés aiment malheureusement la guerre. Ce n’est pas mon cas. Ce n’est pas le cas non plus du réalisateur du film Wargames que j’ai évoqué dans un article précèdent. Pas une seule scène de violence dans ce film reposant. C’est remarquable pour un film américain où le bien triomphe généralement du mal dans le carnage le plus total et la destruction la plus aboutie, où la violence occupe tout le spectre des perceptions esthétiques si bien qu’elle en devient un ballet où l’une des figures imposées est le face-à-face final, à main nue, entre le gentil et le méchant, alors qu’ils ont, paradoxalement, tout au long du film, abondamment fait montre d’une grande maîtrise dans l’utilisation stylisée des armes les plus meurtrières qu’ils esquivent avec un talent digne du cirque des ombres. Il y’a dans ce combat à main nue un reste de justice éthologique, témoignage du passé où le combat seul avait une valeur agonistique ou représentait le jugement de Dieu. Avec les joujoux d’aujourd’hui, même le freluquet le plus crétin peut tuer son prochain, plusieurs de ses prochains ou la multitude de ses prochains en appuyant au choix sur un bouton, sur une détente ou en effleurant un écran. Comment dame nature va-t-elle retrouver ses petits ? Quel système de sélection naturelle sommes nous en train de bâtir, de détruire ou d’amender?

Revenons au jeu de la guerre. Le scénario semble tenir sur une feuille de papier à cigarette. Un jeune étudiant hacker s’introduit par hasard dans les systèmes informatiques de la défense américaine et manque de provoquer une 3ème guerre mondiale, ce qui ne manque pas d’émoustiller la ravissante Jennifer qui va tomber amoureuse du bandit binaire, sans qu’on nous transforme, et c’est heureux, en vil voyeur. Le protagoniste, David Lightman, fut la figure de proue d’une certaine génération geekoïde. Mon identification au personnage a toujours été en demi-teinte. Dans les années 80, les réseaux étaient balbutiants et l’insatiable curiosité des étudiants se portaient plutôt sur les langages de programmation. Certains développaient des jeux et certains se débrouillaient pour qu’ils soient copiables facilement. L’industrie en bande organisée du piratage telle qu’elle existe aujourd’hui ne peut pas se comparer au jeu innocent de nos années 80. On faisait les zouaves, on buvait du coca et on mangeait des big macs. Tout cela ne nous rapportait pas un kopek, seul le défi intellectuel nous importait. Wargames était sans nul doute le film auquel s’accrochait la symbolique d’une certaine communauté. Et j’ai appartenu à cette communauté-là.

En y réfléchissant, le héro ne démontre pas grand-chose en informatique. Il fait joujou avec des mots de passe et préfigure ce qui deviendra une branche prospère du piratage qui, plutôt que de s’attaquer aux systèmes aux protections toujours plus sophistiquées, se contente de se concentrer sur leur faille ultime : l’être humain. David Lightman, toujours prêt à tout, même à apprendre, pour s’approprier des mots de passe confidentiels, préfigure ainsi ce que l’on appelle l’ingénierie sociale ou l’art de gruger son prochain, art qu’il convient d’exhiber avec une certaine fierté. D’un point de vue technique, l’ingénieur social est un escroc. Le déplombeur, lui, a des connaissances beaucoup plus dures que l’escroc qui, un peu feignant, se contente de son charisme pour s’introduire dans des systèmes pour foutre la merde, si vous me passez l’expression. Le lecteur aura compris que j’ai une piètre estime pour les escrocs. Ils n’ont aucune peine à rester dans le juste anonymat improductif qu’ils habitent avec une frénésie inversement proportionnelle à leur talent. Certains devraient être même jugé pour haute trahison, tout cela pour quoi, juste pour l’attention du bon peuple, le besoin irrépressible de révéler LA vérité au mépris du fonctionnement d’un état libre et démocratique où rien n’est parfait mais tout est perfectible. Donc David Lightman serait-il juste un petit escroc ?

D’évidence le problème n’est pas là. Il y’a derrière l’histoire de wargames, un fleuve souterrain qui parfois, remonte à la surface pour qu’on le devine puis rampe subrepticement vers les profondeurs de l’inconscient collectif. Je vais vous conter la véritable trame du film telle que l’a imaginé le cerveau et l’inconscient de l’auteur : un drame cosmologique où le bien et le mal risquent de se consumer dans une confrontation terminale. Il y’a deux débuts dans cette histoire, l’un, cinématographique, fige David dans son époque ludique, l’autre se fait presque oublié en tant que commencement chronologique. Plaçons-nous du point de vue le plus important, celui du professeur Falken. Le vrai film commence avec la mort tragique de son fils Joshua alors qu’il est un savant reconnu dans le domaine des systèmes experts et des réseaux neuronaux, sortes de logiciels capables d’apprendre de leurs erreurs grâce à des stratégies basiques inspirées de certains jeux de société. A propos, Joshua, cela vous évoque quoi?

Source: behind the name
From the Hebrew name יְהוֹשֻׁעַ (Yehoshu’a) meaning « YAHWEH is salvation ». Joshua was one of the twelve spies sent into Canaan by Moses, as told in the Old Testament. After Moses died Joshua succeeded him as leader of the Israelites. As an English name, Joshua has been in use since the Protestant Reformation. The name Jesus comes from a Greek translation of the Aramaic short form יֵשׁוּעַ (Yeshu’a), which was the real name of Jesus.

Bien, nous savons que le fils de Falken est Joshua/Jésus donc faisons l’hypothèse, raisonnable, que Falken est une allégorie de Dieu dans le film. Le nom anglais Falken est apparenté à faucon, c’est-à-dire à quelque chose qui voit les choses du ciel. N’oubliez pas que Falken manipule une maquette d’oiseau de proie préhistorique lorsqu’il apparait pour la première fois à l’écran, hasard ? je ne crois pas au hasard dans un film. Falken/dieu est inconsolable de la mort de son fils et lui rend la vie (le ressuscite ?) à travers un logiciel. Le scénariste n’est pas idiot, il distingue bien le software à savoir Joshua, reconnu par un David aux yeux écarquillés plus tard dans le scénario, et le hardware à savoir le WOPR. Le temps passe et on devine que Falken, abattu par la mort de son fils et incapable de comprendre les applications pratiques de son œuvre, est mis au rebut dans son île. Dieu est mort, l’auteur connait ses classiques et convertit le Logos du temps présent en idée métaphorique. Dieu a tiré sa révérence, Dieu est mort abandonné de tous, victime de la compassion qu’il avait pour son fils. Et Dieu est aussi et surtout…caché dans son île. Mais il se trouve qu’il y’a des gens qui comprennent les applications pratiques de son œuvre. MacKittrick, chef informatique du Norad, est le dépositaire du code, à ce titre il représente l’église chargée de sa transmission, de sa réplication et de son exploitation. Son nom est tout à fait étranger à l’Irlande, pays bien connu aussi bien pour son athéisme militant que pour sa profonde aversion pour la bière. Nous avons donc : Joshua/wopr = Jésus, Falken = Dieu et MacKittrick = église. Le décor est planté, j’allais dire planqué, suivons le fils de l’eau. La première décision de l’église MacKittrick est de promouvoir la suppression de l’homme du circuit du déclenchement des missiles balistiques. L’exécution de l’ordre ultime ne doit pas dépendre de la chair. Hé oui, « l’esprit est bien disposé mais la chair est faible » (Mat 26:41). Il se frite avec le général Beringer qui lui est l’allégorie de l’Amérique qui croit en l’homme. Nous reviendrons sur ce personnage. Intéressons-nous maintenant au début apparent du film. L’une des premières scènes met en exposition les talents de trublion du sieur David Lightman… Attendez, attendez. David Lightman, cela vous inspire quoi ? Tout d’abord, il y’a David, un prénom absolument inconnu dans la geste judéo chrétienne. Et puis il y’a Lightman…

Source: the free dictionnary
a man who carries or takes care of a light.

Bien, nous avons donc maintenant le cinquième élément, perturbateur, qui est là pour transporter ou prendre soin de la lumière. Vous couplez cela à David, et vous comprenez qu’on n’est pas forcément là que pour rigoler dans ce film. Dans cet esprit, La scène de la classe de biologie est un grand moment d’enfumage où l’auteur se cache derrière les rires pour montrer ce qu’il pense. Oui, peut-être le monde est-il fait d’amour comme le dit Jennifer, cela aucun bipolaire maniaque sérieux ne pourra totalement le contredire. Et puis qui suggéra le premier la reproduction asexuée ? La question venant d’un professeur de biologie, personne ne remarque rien, donc tout le monde pouffe à la réplique de David (« heu votre femme ? »). Sauf que, réfléchissez bien, qui est le premier à avoir suggéré la reproduction asexuée ? La bible ? Le Saint Esprit ? Rira bien qui rira le dernier semble indiquer l’auteur.

Le scénario nous emmène à la connaissance de David. On apprend qu’il ne laisse pas les filles insensibles, c’est Jennifer qui attaque la première. Il possède une sorte de clairvoyance des gens. Il sait par exemple que Jennifer acceptera finalement le changement de sa note en biologie et il manipule ses parents biologiques comme de vieilles chaussettes. Et puis, par-dessus tout, il connait le code, le langage machine de Joshua; il aime les ordinateurs et les jeux. Il va accidentellement se connecter sur un serveur de la Défense en pensant pirater les jeux de Protovision. Le serveur lui résiste mais grâce à deux copains, il apprend l’existence des « back door », sorte de mot de passe sodomite laissé par le développeur dans le but de se reconnecter incognito. A propos, les portes dérobées et l’incognito, cela ne vous parle pas ? Si je vous dis que les sens des paraboles ont un sens caché ? Que Jésus s’est toujours caché ? Qu’il a toujours attendu que quelqu’un comprenne, que le cœur parle, se déchaîne et s’enchaine dans le joug doux. Pour trouver le code, le mot de passe, il doit se plonger dans le codex, il doit apprendre Dieu (Falken). C’est donc par Joshua qu’il va faire la découverte de Dieu, n’était-ce pas ce qui était écrit ? Joshua et Lightman ont une relation spéciale. Le premier appelle le second alors que cela ne se peut selon l’église MacKittrick qui ne semble pas croire aux miracles.

Source: Matthieu 14 :6
Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Après moult tentatives de connexions infructueuses, la forteresse protovision va s’effondrer entrainant dans son sillage la défense américaine. Juste avant la découverte du mot de passe fatidique, Jennifer entre dans la maison et le père biologique de David, qui n’est pas avare de signe, lui demande si elle connait la signification du mot tumulus, c’est juste pour ses mots croisés soit cross word, en anglais farouchement hostile au signe ostensible religieux. Pour 90% des américains, ce mot ne veut rien dire mais pour celui qui voit des signes partout, il ne peut s’agir que d’un clin d’œil avant-coureur de la fringante boucherie qui doit signer la fin de l’humanité. Et, bien sûr, « Armageddon » fait partie des essais de connexion. Jennifer est celle qui inspire la découverte du mot de passe. Toute similitude avec une certaine Eve ne peut être que fortuite. Dès qu’on commence à écouter les nanas, c’est la porte ouverte vers la sortie silencieuse du paradis (Si vous comprenez celle-là, je vous offre un verre d’eau. Si !). J’interprète la pensée de l’auteur, je dis cela avant que les féministes ne me balancent leurs Tampax à la figure.

Et conceptuellement il y’a une figure imposée très intéressante, il y’a cette idée que l’évolution et Joshua sont bâtis sur la même heuristique. Lors de la fameuse scène du conte avant le coucher, Le professeur Falken se transforme en apologète inconscient de sa propre création en décrivant l’Evolution. Quelle est l’heuristique de l’Evolution ? Essais et erreurs. Maintenant, comparons avec Joshua. Joshua est un système informatique sophistiqué. Quelle est sa caractéristique principale? Essais et erreurs. Il apprend de de ces erreurs en s’inspirant des stratégies basiques des jeux de société. Jésus et l’Evolution sont deux créations de Dieu et Dieu aime l’erreur car elle ressemble étrangement à la création, vous comprenez, au tout début, lorsque qu’elle n’a pas encore été interprétée par le système, par le filtre, par l’algorithme de sélection. Une création est une erreur qui a bien tourné, une rébellion qui s’est transformée en révolution. Le message est subliminal mais il est d’une rare puissance. Je me demande parfois si mes idées ne viennent pas de quelque part.

Source: Wargames
Stephen Falken: Now, children, come on over here. I’m going to tell you a bedtime story. Are you sitting comfortably? Then I’ll begin. Once upon a time, there lived a magnificent race of animals that dominated the world through age after age. They ran, they swam, and they fought and they flew, until suddenly, quite recently, they disappeared. Nature just gave up and started again. We weren’t even apes then. We were just these smart little rodents hiding in the rocks. And when we go, nature will start over. With the bees, probably. Nature knows when to give up, David.

La seule différence entre Joshua et l’Evolution est incroyable de sens. L’évolution sait lorsqu’elle doit abandonner. Joshua ne sait pas faire cela malgré les tentatives du créateur de lui apprendre la futilité. Dieu enseigne, le fils de l’homme, il est bien homme à ce compte, reste libre. Puissant non ? Mais reste-t-il si libre alors qu’il ne connait pas la futilité ? Objectivement, Jésus est complètement obnubilé par le jugement dernier (Mathieu, chapitre 24 et 25) ; il a une sorte d’intérêt malsain à ce qu’il se réalise. Sa réplique, Joshua, l’est tout autant ; elle égrène inexorablement le temps qu’il reste avant le feu d’artifice final. Le but de son programme codé en dur par professeur Dieu dans le marbre d’une dureté effroyable n’est-il pas « Win the game ! » ? La réalité n’est-elle pas subsumée par ce but ultime ? Est-elle un jeu, le je de la volonté de puissance ? Ou encore la réalité est-elle identique au jeu comme le laisse entendre Joshua à un David abasourdi devant le décompte mortuaire des larmes nucléaires qui tombent du ciel?

Source: Wargames
Stephen Falken: The whole point was to find a way to practice nuclear war without destroying ourselves. To get the computers to learn from mistakes we couldn’t afford to make. Except, I never could get Joshua to learn the most important lesson.
David Lightman: What’s that?
Stephen Falken: Futility. That there’s a time when you should just give up.

Avant d’arriver sur l’île du Dieu caché, il y’a cette scène poignante où David tente de convaincre Jennifer que Dieu est bien vivant et qu’il habite sur son île. Au début, Jennifer n’y croit pas à cette histoire. David, le porteur de la lumière, se retrouve ainsi dans la même situation que Jésus qui voudrait bien qu’on reconnaisse qu’il est le fils de Dieu. Mais tout est caché et on ne reçoit pas son témoignage. Sauf qu’elle va le croire, et on sent bien que c’est par amour. L’intensité dramatique de cette scène est incroyable. Et à ce moment tout le monde masculin normalement constitué veut être David. En tout cas moi oui, même si Lightman est un nul en assembleur orienté objet. Ainsi Jennifer a cru sans avoir vu, et elle est récompensée de sa foi car le professeur Falken est bien vivant dans son île solitaire, dans son terrain d’évolution.

Jean 3
11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu; et vous ne recevez pas notre témoignage.

Dieu dans sa maison de bois va reconnaître David qui comme Joshua (tree ?) ne baisse jamais les bras. Nous apprenons ce trait de caractère de manière indirecte car David accuse Dieu, justement, de baisser les bras et veut convaincre l’inventeur de l’évolution de ne pas abandonner sa créature alors que las, il en a manifestement l’envie quand il déclare : « Mais l’humanité programmant sa propre destruction, un coup de fil de l’arrêtera pas ». David insiste et dit connaître un dieu qui n’a pas toujours été fataliste. Il convainc Dieu qui a tout prévu puisqu’il avait semé la graine de sénevé qui permettra à l’humanité de s’en sortir plus loin dans le film. N’oubliez jamais que le morpion est expliqué à ce moment précis de la discussion dans la maison de bois. Le morpion, préfiguration des futurs virus informatiques. Bien vu.

Nous arrivons donc à la scène finale où un tas de choses amusantes vont se passer dans le domaine du symbolique. Dieu/Falken déboule dans le centre de commandement du Norad. Et là nous découvrons, de mon point de vue, le vrai héros du film à savoir le général Beringer. Il représente l’Amérique Messianique du « in God we trust ». Il n’en a rien à secouer de Lightman, de Joshua et de MacKittrick, il est en communication directe avec Dieu. Alors qu’est-ce que je fais, Dieu ? Je fais tout péter ? Le général Beringer a le sort du monde entre les mains et la mort de la multitude au bout du fil; Dieu/Falken, créateur de la fantasmagorie binaire, le conjure de ne pas répliquer aux chimères soviétiques des écrans, « Alors n’en faites rien, le monde vous le demande ». Et le monde qui c’est sinon Dieu/Falken ? Et Beringer fait le bon choix. C’est lui le véritable héros, je le trouve attachant le bonhomme, genre key user de projet informatique : « Monsieur MacKittrick, après mure réflexion, j’en arrive à la conclusion que votre nouvelle défense, c’est de la merde ! ». Et en plus, il est sympa avec les juniors. Lightman, un héros ? Non mais vous rigolez, c’est par lui que le scandale arrive ! Il va juste se racheter, genre rédemption, en évitant le pogo incontrôlable des neutrons.

Après la première chute de tension due à la démonstration qu’il ne faut pas croire les écrans car ils font écran avec le monde, Joshua joue encore le rôle de celui qui n’abandonne jamais en générant des nombres aléatoires pour lancer la séquence de lancement des missiles balistiques. L’occasion est donnée à David de se racheter, il va se rendre maître des claviers. A ce stade on notera la remontrance complice de Dieu/Falken à l’église/MacKittrick : «  David ne fera jamais autant de dégâts que toi ». Complice ? Vous imaginez plutôt la bombe contenue dans cette simple repartie ? Je suis mort de rire, une fois qu’on a bien compris la symbolique cachée des personnages, la moindre réplique anodine se transforme en attaque frontale contre un corps constitué, l’église, qui, ma foi, a une histoire qui ne la protège pas complètement de ce genre de petite pique taquine. Un autre personnage se rachète, et, là, vous pouvez remballez vos boîtes de tampax, mesdames. Jennifer/Eve souffle à David la solution au problème Joshua. Elle dit « Je t’avais dit de ne pas jouer avec cela ». Et là David comprend, ce sont des jeux, justes des jeux. Il devient alors leur maître et va, pour le coup faire preuve d’intelligence en faisant remonter la sève ventro-médiane des graines du créateur. Le créateur, sait, mais Falken ne dit rien, il attend de voir si un être humain est assez intelligent pour comprendre sa création. Sa seule contribution à la solution est le zéro qui permet à Joshua de jouer contre lui-même. Pour quelqu’un qui a expliqué le tic-tac-toe (morpion en anglais) quelques heures auparavant, il apparaît bien discret voire extrêmement ambiguë.

David va faire preuve d’une fulgurance logico-polymorphique. Si Joshua apprend que pour un jeu simple il n’y a pas de vainqueur, alors il pourra extrapoler à des situations plus complexes. Et cela marche. Joie dans les chaumières, la guerre est évitée, Joshua demande à dieu s’il veut faire une petite partie d’échec, symbole de paix et de Defcon 5. Sauf que, Sauf que, le jeu d’échec à une valeur symbolique dans le film. Il apparaît à trois occasions. Comparons le morpion avec les échecs. La première chose qui frappe est qu’un vainqueur est plus que probable aux échecs alors qu’au morpion, il y’a toujours égalité sauf en cas de partie entre demeurés (pourquoi je gagne toujours ?). Donc donc donc, si le professeur Falken jouait aux échecs à la fin du film, n’y aurait-il pas risque que Joshua comprenne qu’un vainqueur est possible et alors, têtu comme il est, lance les missiles? C’est pour cela que Falken ne joue pas aux échecs à la fin du film. Et là réside toute l’ambiguïté du personnage Dieu/Falken. N’oublions pas que visiblement, les échecs étaient le jeu favori entre le professeur et sa création. Mais quel est donc ce jeu ? Dans les échecs, il y’a les blancs et les noirs, le bien et le mal. Traduction, tant que les échecs seront dans le cœur de Joshua, le jeu du bien contre le mal continuera, la fin du film n’est qu’une partie remise. En outre il n’y’a aucun intérêt à zigouiller et les blancs et les noirs, il faut un vainqueur. Nous ne périrons jamais d’une guerre thermonucléaire globale, c’est le message optimiste le plus caché de l’auteur qui je crois est extrêmement puissant en terme de mémétique. Cela ne m’étonnerait pas que certains aient trouvé la symbolique un peu trop déraisonnable, surtout le coup du dégât. Des extrémistes chrétiens ont dû aller voir le film 100% Ronald Reagan friendly en ne se doutant de rien. Pour info, Martin Brest, grand organisateur des masques de wargames, est aussi l’auteur du très beau film Rencontre avec Joe Black. J’aimerais bien discuter avec lui. Il est intelligent.

Source: Wikipédia
Martin Brest fut le premier réalisateur du film, mais il dut être remplacé par John Badham, à la suite d’une dispute avec les producteurs sur le plateau de tournage.

D’autres symboles viennent pimenter l’environnement du film. La Russie rouge fait penser à Satan par exemple et Lightman est soupçonné de travailler pour lui par l’église/MacKittrick, comme d’habitude, on embête les prophètes qui viennent rassembler les brebis. Une autre chose à noter est l’absence des puissants du monde, on a à faire qu’à des sous-fifres, un peu comme dans la bible. La destinée du monde semble se jouer sans eux, voilà un autre message intéressant du film.

Voilà donc un aperçu du mode de ma pensée maniaque. Quantique, car suivant plusieurs fils parallèles probabilistes opposés ou non, pouvant être personnifié (théorie de l’esprit). Polymorphique car toujours curieuse de voir si quelque chose appris dans un domaine est valable dans un autre. A cet égard la logique est massivement polymorphique. Il faut simplement se méfier des objets qu’elle étançonne. Enfin symbolique. On part de la narration pour remonter au symbole. Puis on descend du symbole pour raconter sa propre histoire comme le fait Martin Brest. Il faut se méfier des symboles en manie car ils ont tendances à vous transformer un peu facilement en livre dont vous êtes le héros.

Wargames <K> Louis 2015, they said it couldn’t be done!

Source: Huffington Post
First up was Sheri Johnson, Ph.D., who teaches at UC Berkeley and does basic research on mania. Her talk was about how people with bipolar disorder are more reactive to rewards and goals in their lives. They tend to work harder toward such goals and refuse to give up long after « normal » people do.

Beatles / Revolution
You say you want a revolution
Well, you know We all want to change the world
You tell me that it’s evolution
Well, you know We all want to change the world
But when you talk about destruction
Don’t you know that you can count me out
Don’t you know it’s gonna be all right?
All right, all right

Sting / Russians
In Europe and America, there’s a growing feeling of hysteria
Conditioned to respond to all the threats
In the rhetorical speeches of the Soviets
Mr. Krushchev said we will bury you
I don’t subscribe to this point of view
It would be such an ignorant thing to do
If the Russians love their children too
How can I save my little boy from Oppenheimer’s deadly toy
There is no monopoly in common sense
On either side of the political fence
We share the same biology
Regardless of ideology
Believe me when I say to you
I hope the Russians love their children too
There is no historical precedent
To put the words in the mouth of the President
There’s no such thing as a winnable war
It’s a lie we don’t believe anymore
Mr. Reagan says we will protect you
I don’t subscribe to this point of view
Believe me when I say to you
I hope the Russians love their children too
We share the same biology
Regardless of ideology
What might save us, me, and you
Is if the Russians love their children too