3.995 Chronique du Royaume

(Lecture en mode élargie, suppression de la marge gauche)

Je pourrais vous faire un plan en 4 parties, et des tas de sous parties. Mais je n’aime pas les plans rigides qu’on m’a infligés quand j’étais enfant, ces structures de savoir stérilisent la curiosité et détruisent le désir de découvrir. J’aime laisser errer ma pensée et rendre compte de son errance, de ses errements et de ses déshérences. Mais elle ne manque pas d’aire. Alors ça y’est nous y sommes, là où je devais arriver, j’y suis, je me suis rendu à ce que les gens ont cru. Les voiles s’envolent, se dévoilent et la torchère consume la sève exubérante de l’arbre de vie. Moi, le sale gosse, comment ai-je pu en arriver là ? Je ne sais pas ou plutôt je sais mais je ne peux rien dire, tout est si étrange dans mon monde si réel. Je vois un ange qui grave au burin les chemins lumineux de mon destin, il dessine sur ce parchemin une roue fortunée et une route se perdant dans l’horizon. Cycles et droites s’enlacent et fécondent les sillons de la chanson des siècles. Les ailes de l’ange battent et caresse mon sommeil serein d’une plume pendule, ou encore est-ce son cœur qui palpite en moi ? L’arythmie de ses paupières d’anges me regarde-moi, poussière de supernova qui s’immisce dans les yeux de ceux qui osent défier le regard qui décille.

Pour comprendre cet article il vous faudra avoir lu et ruminé tous les précédents qui révèlent la cohérence d’un esprit qui aura brouté tous les verts pâturages de la vérité et qui aura juré sa perte dans les hauts alpages de sa maladie affective. La vérité ne souffre d’aucune épithète. Vérité scientifique, spirituelle ou affective sont des souterrains qui remontent et se rejoignent à la surface où l’air libre coule à flot. L’air libre est de bonne composition, approchez ! Celui qui s’y abreuve étanchera sa soif d’eau vive. Avez-vous déjà entrouvert les portes vivifiantes du Royaume ?

Royaume
Echo du Royaume
Evangile selon Louis

Reprenons. Un individu nommé Jésus de Nazareth naquit miraculeusement par l’opération du Saint Esprit il y’a environ deux mille ans. Les historiens situent sa naissance vers -4 avant JC. Il est donc né 4 ans avant lui-même ce qui n’émeut apparemment personne. Durant son magistère, il annonça que la venue du Royaume de Dieu était proche, entra en conflit avec l’autorité religieuse et mourut sur la croix à l’âge supposé de 33 ans. Selon les évangiles, il ressuscita d’entre les morts à la grande surprise de ses disciples. L’influence que son magistère a exercée sur l’histoire et les présupposés de la civilisation occidentale est considérable.

La méthode que j’ai adoptée pour la lecture des évangiles est très simple : j’ai exclu de mon analyse tout ce qui relève du surnaturel pour me concentrer sur les paroles du Christ. En analysant ses paroles et en les croisant avec ma théorie de la dominance, j’ai compris qu’un choix avait été fait il y’ a deux milles ans. Ce choix a consisté à utiliser la spiritualité pour rendre compte du phénomène messianique. Il est complètement cohérent avec l’intention de Jésus. Cependant, personne ne s’est demandé si Jésus avait été le témoin de phénomènes réels que lui seul était en mesure d’observer. Je suis en quelque sorte un hérétique scientifique. Cette hérésie audacieuse se fonde sur une prétention qui peut vous paraître démesurée. Mais, en y réfléchissant bien, vous pourriez arriver à la conclusion que cette démesure ne résulte que de votre propre fascination irrationnelle et spirituelle pour le Christ. Je prétends voir, observer, regarder ou avoir été témoin de phénomènes qui existent et qui sont étudiés par la science d’aujourd’hui et qui ont été intellectualisés puis interprétées avant d’être enseigné par… Jésus il y’a plus de deux mille ans.

  • Les NDE ou expériences de mort imminente. Personne ne peut nier leur existence. Chacun est libre d’en donner une interprétation chimique, neurologique ou métaphysique. Le fait est qu’elles existent et qu’elles présentent certains invariants indépendants de la culture du sujet.
  • La dominance sociale ou biologique, le pouvoir sont des notions qui sont étudiées en psychologie moderne et en éthologie humaine qui se compénètrent l’une l’autre.
  • Les troubles bipolaires ont été identifiés dès l’antiquité et sont maintenant une maladie à l’étiologie bien connue. Le Docteur Johnson pense et démontre que les phénomènes de dominance sociale sont liés au trouble bipolaire. La généalogie de cette réflexion débute à partir de l’hypothèse de Price (Lancet, 1967) qui établit un lien entre les déséquilibres liés à la hiérarchie de dominance et les maladies mentales. Ce scientifique a influé sur nombre de psychologues et thérapeutes anglo-saxons.
  • L’inconscient aux mille visages n’est plus un concept freudien mais scientifique. Beaucoup de cognition apprises ou automatiques que nous utilisons sont conscientes, infra-, sub- ou inconscientes. Le cerveau ne réinvente pas le fil à couper le beurre car il lui est moins couteux en énergie de réutiliser des cognitions sans nous demander notre avis que de recourir à des cognitions contrôlées. Le système d’attention est gourmand en énergie, c’est pour cela qu’il nous punis lorsque nous l’utilisons : penser est vécu comme un effort. Vous avez le droit de vous munir d’un pot de Nutella pour affronter cet article. Il va être long mais intéressant. Persévérez !

Dominance et expériences de mort imminente sont les deux clés émergeantes d’une nouvelle manière d’ouvrir les portes du nouveau testament et de faire plus ample connaissance avec un génie sans épithète employant une dialectique logico symbolique pour tenter de communiquer avec une part de nous-mêmes qui est demeurée et demeure encore sourde à ses appels. Je l’ai dit et répété, Jésus n’est pas l’illuminé que l’on m’a vendu. J’ai vu ce qu’il a vu, je ne suis ni lui, ni messie encore moins Dieu, je suis un caméléon qui se pare des couleurs de l’autre quand il l’intériorise grâce à la théorie de l’Esprit .Je ne tire aucune conclusion spirituelle de ce que je vois car ce mot, je m’en méfie. Comme je l’ai peut-être déjà dit, mon bien le plus précieux, en tant que bipolaire stabilisé, c’est la réalité, et si la réalité ne suffit pas, alors le premier réflexe sain et salutaire est d’étendre le concept de réalité sans inventer de nouvelles catégories superflues où chacun peut raconter ce qu’il lui plait au mépris de ce qu’a voulu transmettre le Christ. Je ne suis dépositaire d’aucune vérité mais les versets et les faits parlent d’eux-mêmes. Le substrat de la source jaillissante du développement intellectuel et interprétatif du Christ existe bel et bien, il est connaissable à défaut d’être explicable. L’interprétation messianique de cette base, au vue des connaissances de son temps était la seule possible et, en outre, la plus adaptée au vu des représentations de son temps. Comprenez-moi bien, mon intention n’est pas de contredire le Christ, elle est de donner une compréhension définitive enracinée dans des réalités présentes, dans les radars de l’air du temps. Je ne suis pas de ceux qui pensent que l’objectif ultime de la science est de combattre Dieu. L’objectif de la science c’est de connaître et de transmettre et donc de combattre l’obscurantisme partout où il peut naître y compris parmi ses propres rangs. Jésus n’était pas si éloigné de cette approche ; il restait simplement à mettre en place une maïeutique adaptée à son génie.

Mon expérience dans le domaine comportemental a nécessité un effort personnel de conceptualisation. Mes idées sont partiellement validées dans leur fondement puisqu’une femme formidable à Berkeley travaille sur le lien entre bipolarité et dominance sociale. Sheri Johnson ne fait que légitimer ce lien, ce rapport dans la sphère de la psychologie scientifique moderne que j’opposerais à la psychologie philosophique faisant commerce illégale de l’exercice de la médecine. Elle valide la fondation mais, pour le reste, ma motivation à comprendre doit constamment faire évoluer les cadres théoriques actuellement connu pour rendre compte de mon expérience reconnue et assumée comme particulièrement subjective. Et cette recherche n’est pas un passe-temps, elle est nécessaire pour interpréter des situations comportementales que personne ne voient, car seul l’observateur connait leurs fréquences habituelles qui s’inscrivent donc dans ce que je nommerai son univers comportemental qui évolue, varie, se transforme en fonction de son humeur qui, nous l’avons compris au fil des articles, est le faux nez de la dominance. L’univers comportemental d’un individu est l’ensemble des comportements connus de l’individu et des individus qui peuvent le côtoyer à un niveau donné de dominance. Le principal outil d’analyse de l’univers comportemental est la statistique. Pour parler comme Dawkins, nous faisons l’hypothèse que le phénotype étendu d’un individu est son environnement social.

Le continuum interprétatif est ainsi maintenu évitant le naufrage corps et bien de la raison sombrant dans la folie ou autre errements semblables. Seul le sujet à la capacité de connaître son univers comportemental et il se présente donc comme le seul capable d’en saisir les évolutions. La présence de comportement induit par l’inconscient comporte un certain nombre de difficultés supplémentaires d’analyse qui peuvent être surmontées grâce à l’attirail statistique disponible de nos jours. Nous espérons donc développés dans les années qui viennent la théorie de la dominance restreinte basée sur l’émission d’un signal honnête de dominance.

Il faut bien garder à l’esprit que le texte biblique que nous avons sous les yeux n’est pas un modèle de fiabilité, mais connaissant la réalité qu’a interprétée Jésus, il n’est pas difficile de trouver les arguments qui éclaireront des conclusions radicalement innovantes. Votre trouble est mon principal objectif. L’analyse logico symbolique des paraboles du Christ mettra en lumière une véritable idéologie qui a tenté de transmettre une expérience connue de nos jours : les NDE ou near death experience. Lorsqu’une approche cohérente se forme, alors il est remarquable de constater comment des mots insignifiants peuvent s’apparier et entrer en résonance pour former une flèche logique dont la seule cible et raison d’être est de nous atteindre en plein cœur. L’intention se révèle alors Totalité, étrangère aux tribulations et autres turpitudes exégétiques affabulatrices. Si Jésus revenait, il aurait peut-être une attaque devant la légèreté de certains commentateurs chrétiens qui perpétuent une interprétation qui sous-tend l’idée que Jésus a dit tout et n’importe quoi. C’est faux. Logiquement faux car la pensée de Jésus est une pensée empreinte de multiples références dont le socle ou premier moteur est la Logique. Ce n’est pas une pensée de la spiritualité abstraite et bavarde.

Le nœud gordien qui monte la garde des évangiles, nœud que j’ai tranché avec un trousseau de deux clés, est le dialogue avec Nicodème. Ce dialogue dans l’interprétation chrétienne vise à faire passer Nicodème pour un nigaud qui ne comprend rien. Il n’en est rien. Il symbolise l’abîme qui sépare tragiquement les constatations de Jésus de la science de son temps. Le reproche de Jésus au docteur d’Israël de ne pas savoir révèle plus un sentiment de désespérance que d’arrogance. Il comprend que son savoir ne pourra jamais être partagé par les gens les plus intelligents. Son Dieu est paradoxal, il lui offre la puissance mais elle n’est pas opérante dialectiquement dans un dialogue où deux consciences interagissent. Et ce paradoxe n’a pas empêché Jésus de croire à son Dieu plutôt qu’à un phénomène naturel.

Voulez-vous emprunter un chemin qui n’a pas été parcouru depuis deux mille ans ? Suivez-moi. Avant de commencer, je voudrais encore rabâcher les deux clés du dialogue avec Nicodème. Je commence par la seconde clé que j’ai utilisée pour ouvrir les portes des paraboles se référant au Royaume. Le verset du vent (Jean 3 :8) renvoi à la constatation de changements dans les comportements dont le chef d’orchestre est l’inconscient qui reçoit un signal honnête de dominance et qui provoque des changements comportementaux dans l’ensemble de la structure de dominance sorte de multivers des univers comportementaux. Jésus parlera alors de Royaume des Cieux soit une gangue d’amour protectrice qui sert à protéger l’hyperdominant de toute violence afin de faciliter la défense de sa progéniture; dame Nature est inventive au-delà de ce que vous savez et son problème a toujours été de protéger le dominant des mauvaises blessures par des dispositifs comme la ritualisation.

Notons immédiatement que les versets illuminés par le verset du vent que j’ai analysés dans la série d’articles consacrés aux paraboles du Royaume ne contiennent aucune mention de la mort du messie. Jésus pensait certainement que les propriétés de l’Esprit dévoilées dans le chapitre 3 de l’évangile de Jean suffirait pour conquérir le Royaume sans coup férir. De mon point de vue, la chaine logique, en tant qu’évidence, qui a guidé le Christ est parfaitement rationnelle. Malheureusement pour lui, la dominance n’est pas la domination. Alors, devant le succès mitigé de sa prédication, il a très certainement et on le voit bien, commencé à conceptualisé que la naissance à nouveau était l’autre clé qui permettrait l’avènement du Royaume des Cieux. Dans le mouvement des évangiles, la pensée du Christ s’affirme de cette façon. Le problème de la renaissance est intéressant car c’est l’interprétation Christique de la NDE. L’expression interprétative omet complètement et volontairement le sentiment de mort inéluctable qui précède logiquement la renaissance. C’est un choix voulu : Dieu est le Dieu des vivants. Mais le Christ sait parfaitement que la mort est une partie intégrante de la NDE qu’il ne peut pas décrire car il sait que le phénomène en tant que perception de la conscience est indémontrable et inobjectivable. En outre, si vous dites que vous êtes passés par le trépas, le simple fait que vous soyez vivant vous dément logiquement et catégoriquement vis-à-vis du reste du monde. Jésus savait cela. Il ne s’agit pas de dire que je pense la même chose que le Christ bien que je pense avoir vécu la même chose, il s’agit de me placer de son point de vue pour essayer de comprendre son cheminement car je pars de prémisses vécus qui n’ont pas ou peu été appliqués à la lecture des évangiles. D’autres promontoires appellent d’autres observations, et d’autres observations appellent des conclusions radicalement différentes.

Je ne reviendrai pas sur ma NDE que j’ai suffisamment documentée. Cette expérience personnelle, je l’ai assez croisée avec la naissance à nouveau rapportée par Jean. Encore une fois le pauvre Nicodème est affublé d’une stupidité qu’il ne mérite pas. A ma connaissance, Jésus parlait en Araméen ; les jeux de mots en Grecs (à nouveau, en haut, du commencement) qui nous sont présentés comme la vérité ne peuvent que me laisser sceptique. Il est impensable qu’un chef des Juifs ne comprenne pas les mots exprimés dans une discussion car ces gens passent leurs temps à interpréter des textes dès leur plus jeune âge. Nicodème ne comprend pas parce que Jésus ne peut pas se faire comprendre, voilà la vérité du véritable drame des évangiles : deux intelligences vives qui ne peuvent pas communiquer. Les miracles ne sont pas importants pour le Christ, et il nous le fait abondamment savoir dans le nouveau testament. Cette indication est récurrente. Si les miracles existent, ce n’est pas le fonds de commerce du Christ. Son obsession est de partager ses secrets avec Nicodème concernant la renaissance et le verset du vent. Malheureusement il doit naviguer entre charybde qui le traite de fou et Scylla qui lui fait renoncer à sa prédication. S’il en dit trop il est pris pour un dément, s’il ne dit rien, il n’y’a pas d’espoir. Que reste-t-il comme solution sinon les paraboles, les métaphores et les paradoxes? Comment rester caché en se dévoilant ? Le Christ a pris son bâton de pèlerin, il a choisi l’action comme commandement inéluctable d’un Dieu qu’il a cherché à comprendre pour le transmettre non seulement aux pauvres, mais aussi aux intelligents car, quoiqu’il ait pu dire, c’est ce qu’il a tenté de faire comme nous allons le voir. La propagande d’un Christ n’Etant que pour les pauvres et les idiots ne tient pas. Cette conclusion sera tirée à la fin de l’article et vous apparaîtra comme aussi nouvelle que solide dans son argumentation.

Je ne suis pas un exégète mais, avant de se précipiter sur l’interprétation, il y’a des questions importantes à se poser que les commentateurs chrétiens ne se posent pas car le texte, venant de Dieu, dispense son logos de tout questionnement. Pourquoi le messie d’une religion révélée a recours à des paraboles ? Jésus utilise des associations entre des symboles et la réalité qu’il veut nous faire comprendre. Ces associations sont très évocatrices et je ne serais pas étonné que certaines d’entre elles lui aient apparu à la volée lors d’envolée maniaque contrôlée. Rappelez-vous comment Nietzsche décrit dans Ecce Homo le processus d’inspiration qui permet à des métaphores de jaillir vers lui sans efforts (tachypsychie). Pourquoi ne va-t-il pas droit au but ? De quoi a-t-il peur sinon de l’accusation de démence et de décrédibilisation subséquente, fatale à toutes personnes ayant le projet de porter la Parole de Dieu?

Que redoute-t-il sinon que son message logique soit entachée d’accusation de délire? A qui où à quoi s’adresse-t-il lorsque il devient complètement hermétique ? Je crois qu’il s’adresse à une partie de nous-même qui ne nous est pas accessible mais qu’il voit en acte dans le couple qui lie parfois l’inconscient et le comportement. Il utilise le caché pour parler au caché. Et le caché est bien sur l’inconscient. Inconscient qu’il voit à l’œuvre dans le comportement des gens courbés par la masse infinie de sa dominance. Du temps de Jésus, s’il vous prend la fantaisie d’échanger consciemment, par le langage, sur la signification réelle du verset du vent ou sur l’expérience de mort imminente, vous allez récolter soit des moqueries soit des soupçons sur votre état mental. Nous verrons que certaines paraboles sont venues illustrer cette impossibilité de transmission au point qu’un monde nouveau est voulu par le Christ pour se débarrasser des vieilles lunes et de ses oripeaux perdus dans la brume. Jésus utilise des contresens logiques apparents dont il légitime l’usage en tant que détente d’un neocortex transformé en arme d’amour inconditionnel massive. Je suis logique vous dit-il, une part de vous entend mais une part de vous n’entends pas. C’est bien vous, mais ce n’est pas la même part. L’une est consciente et répond à mes signaux, une autre inconsciente répond à mes signaux dont j’observe les effets. J’ai l’infortune de ne pas en connaitre le mode opératoire et vous non plus. Comment dois-je parler à cette part pour qu’elle communique avec l’autre ? Le nœud poignant des évangiles réside donc aussi dans les versets suivants.

Source : Evangile selon Marc
4.11 Il leur dit: C’est à vous qu’a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles,
4.12 afin qu’en voyant ils voient et n’aperçoivent point, et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu’ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés.
Source : Evangile selon Mathieu
13.10 Les disciples s’approchèrent, et lui dirent: Pourquoi leur parles-tu en paraboles?
13.11 Jésus leur répondit: Parce qu’il vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné.
13.12 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a.
13.13 C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent.
13.14 Et pour eux s’accomplit cette prophétie d’Ésaïe: Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point; Vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point.
13.15 Car le cœur de ce peuple est devenu insensible; Ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, De peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, Qu’ils ne comprennent de leur cœur, Qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.
13.16 Mais heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent!
13.17 Je vous le dis en vérité, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.

Dans Royaume, j’ai donc affirmé que la renaissance cachait une NDE et je l’ai localisée lors du baptême johannique. Il faut être simple et écouter Jésus. Quand il dit à Nicodème qu’il faut naître d’eau et d’Esprit, cela pointe avec une probabilité de l’ordre de 90% vers le baptême prodigué par Jean. Il s’y passe selon les évangiles quelque chose d’anormal et il faut simplement retenir cette constatation au-delà du récit volontairement symbolique qui pointe vers les frontières de la mort tout en la cachant. Si quelque chose de public avait eu lieu alors Jésus l’évoquerait de manière ouverte; le problème est que la NDE est une vision hors du temps où le sujet, c’est mon intuition, entre en contact avec son inconscient ou avec l’Unconscient. Ma NDE n’est pas une NDE de mort imminente c’est une MDE : « manic death experience ». Elle prouve, qu’en manie, il est possible d’avoir des expériences à la frontière de la mort sans détresse physiologique et quasi identique à celles plus classiques qui concernent ceux qui ont eu de sérieux accidents. Notez bien que je ne m’intéresserai ni au pourquoi ni au comment de ce phénomène, mais comment il nous apparait d’abord comme ressenti puis interprétation par les gens qui l’ont vécu. Jésus a ressenti l’amour inconditionnel mais une machine interprétative et intellectuelle s’est mise en branle pour transmettre l’expérience et rendre gloire à son Dieu. Aujourd’hui parler de phénomène de NDE est banal et documenté. Personne n’aurait l’idée de créer une religion à partir de cette expérience spécifique. Il y’a eu quelque chose en plus que Jésus tout comme moi avons remarqué. Il y’a eu exagération d’un phénomène connu sous le nom de dominance. La seule question intéressante auxquelles j’ai répondu dans la série d’articles précédents est : Dame nature procure-t-elle un avantage comportemental statistique supplémentaire à chaque niveau de dominance pour augmenter la valeur sélective de son protégé et l’inciter non seulement à procréer mais aussi à assurer des conditions de sécurité propice à l’éducation et à la protection de sa progéniture ? La réponse est oui et elle est cohérente avec la spécificité du système de sélection naturelle humain en ce sens qu’il a dû inventer une propriété pour accélérer des processus de sélection ayant permis de surpasser les singes notamment dans le domaine de la maîtrise de la conscience. Il ne faut quand même pas oublier que les primates ont eu droit au même temps d’évolution que nous. J’ai nommé cet accélérateur signal honnête de dominance statistiquement capable par la modulation de son intensité de faire évoluer l’univers comportemental d’un sujet. Le signal honnête de dominance est un concept issue de l’éthologie que je défini comme point focal de la théorie de la dominance restreinte.

Il ne suffit pas de dire que Jésus a subi une NDE, il faut pouvoir en trouver des traces dans son enseignement. Si on regarde la religion chrétienne de loin, la forme qui apparaît sans conteste en premier est l’Amour. Un des ingrédients de l’expérience de mort imminente est l’Amour. Pour ma part, je l’ai ressenti comme un amour inhumain. Mais l’adjectif inhumain n’est pas le plus couramment employé. L’adjectif le plus populaire que l’on emploie pour qualifier cet amour est inconditionnel. Et Jésus a ressenti ce type d’amour. Il a dû trouver les moyens dialectiques pour traduire ce sentiment étrange dans son magistère. Il a dû également y réfléchir parce que Jésus est d’une intelligence hors du commun qui pense pour traduire, transmettre, communiquer la raison d’être de sa religion ou du Royaume qu’il voit comme une forme en expansion. Les gens ont peine à trouver une définition à l’intelligence. Mon opinion est qu’une intelligence hors du commun se révèle lorsqu’elle vise à conceptualiser un phénomène observable mais non documenté dans les bibliothèques du savoir de son temps. Les deux clés appartiennent à cette catégorie du temps de Jésus. Par chance, les NDE sont bien documentés de nos jours et sont étudiés par des scientifiques. La dominance humaine telle que je la conçois, j’ai commencé à en parler au professeur Sheri Johnson, elle ne m’a pas regardé avec des yeux ronds ni sauté au plafond. Evidemment le signal d’honnête de dominance n’est pas dans les radars de la psychologie à l’heure actuelle qui préfère penser la dominance en tant que comportement et non comme signal qui en amplifierait l’impact.

Après cette introduction où j’ai entrelacé les deux clés, il est temps de se replonger dans les textes. Tout d’abord vérifions que nous sommes bien en train de parler d’une religion dont la clé de voute céleste est l’Amour.

Source : Evangile selon Jean
13.34 Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.
Source : Evangile selon Mathieu
19.17 Il lui répondit: Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. Lesquels? lui dit-il.
19.18 Et Jésus répondit: Tu ne tueras point; tu ne commettras point d’adultère; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère;
19.19 et: tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Ces versets paraissent clairs et ne semblent appeler aucune question. Seulement à la réflexion, il y’a quelque chose d’affectivement illogique. L’amour ne se commande pas. Pourtant Jésus nous demande, nous commande d’aimer son prochain. Il ne peut pas ignorer qu’il est en train d’ajouter un commandement au décalogue de Moïse. Il le fait dans un but précis, il veut pousser les gens à la réflexion en frappant les esprits, en injectant le verset dans la veine mosaïque. A l’armée, quand un supérieur hiérarchique vous donne un ordre, vous ne cherchez pas d’excuse pour vous débiner. L’ordre, dans son contenu comportemental et sa finalité, est exécuté inconditionnellement c’est-à-dire que l’ordre et l’action résultante forment une chaîne non sécable ; ou encore l’ordre et l’exécution ne tolère aucune condition s’immisçant dans le système impliquant le signal et sa réaction afférente subséquente. Le commandement mosaïque renforce l’inconditionnalité en l’inscrivant dans la sphère religieuse. Alors que je pensais utiliser ce verset pour montrer la colonne vertébrale affective du Christianisme, je m’aperçois déjà que le squelette est déjà soumis à l’inconditionnalité de l’amour ressenti par Jésus lors de sa NDE. Le commandement a une valeur autant normative qu’allégorique. Nous allons maintenant aborder des versets qui ne peuvent pas être compris si l’élément NDE n’est pas incorporé dans le décor.

Source : Evangile selon Mathieu
5.38 Vous avez appris qu’il a été dit: œil pour œil, et dent pour dent.
5.39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre.
5.40 Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
5.41 Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.
5.42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.
5.43 Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.
5.44 Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent,
5.45 afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.
5.46 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même?
5.47 Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même?
5.48 Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

Ces versets n’ont jamais été bien tolérés par notre entendement pour une raison assez simple. Ils ne semblent pas refléter l’amour que nous avons l’habitude de côtoyer tous les jours. Ils se présentent à notre capacité de compréhension comme une essentialisation, une idéalisation platonicienne consciemment fabriquée. Il n’y a rien dans les évangiles qui montrent une quelconque influence des auteurs grecs dans Sa prédication. Jésus est de culture juive, toute la vérité est dans les Ecritures dont il se doit d’être l’aboutissement. Soit il est doué d’une imagination débordante, soit cet amour est sous tendu par une expérience extraordinaire. L’hypothèse de l’expérience de mort imminente est la seule raisonnable car l’imagination ne peut pas produire les résultats que j’ai décrits dans ma série d’articles sur le Royaume. Ils enracinent le Christ non pas dans un pays d’angelot virevoltant mais dans une réalité étendue où tout est lié, où la synthèse justifie l’analyse et réciproquement. Jésus nous étonne mais nous sentons confusément en nous la présence imparfaite de ce qu’il tente de nous présenter. Il est comme l’orpailleur qui, se servant d’un tamis pour filtrer les conditions, révèle la pépite, le trésor caché sous la conditionnalité. Restant fidèle au ressenti inconditionnel de la NDE, il utilise des situations concrètes pour évoquer un absolu sans conditionnalité, ce qui frappe fatalement les esprits. Quelques soient les conditions (méchant, agressif, haïssant, maudissant..) présentées par l’autre, et je fais exprès de prendre des conditions défavorables, je les ignore et je t’aime car je n’hésite pas à aller dans ton intérêt ce qui semble aller contre toute logique affective. Si j’utilise le cas le plus défavorable alors quel que soient les conditions, tu aimeras car qui peut le plus (aimer les méchants) peut le moins (aimer les bons). La logique du Christ ne commence-t-elle pas à vous ensorceler ? Je vous traduis la parabole pour vous la rendre plus intelligible.

Source : Evangile selon Louis
5.38 Vous avez appris qu’il a été dit: Conditionne ton amour à l’agression.
5.39 Mais moi, je vous dis d’aimer inconditionnellement le méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, aime le inconditionnellement.
5.40 Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, aime le inconditionnellement
5.41 Si quelqu’un te force à faire un mille, aime le inconditionnellement.
5.42 aime inconditionnellement, et aime inconditionnellement.
5.43 Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu conditionneras ton amour en fonction de sa personne
5.44 Mais moi, je vous dis: aimez inconditionnellement, aimez inconditionnellement ceux qui vous maudissent, aimez inconditionnellement ceux qui vous haïssent, et aimez inconditionnellement ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent,
5.45 afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.
5.46 Si vous n’aimez pas inconditionnellement quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même?
5.47 Et si vous n’aimez pas inconditionnellement, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même?
5.48 Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

Cette série de commandements qui renvoie à cette inconditionnalité que nous avons déjà mis en évidence, est la preuve quasi mathématique que Jésus a vécu une NDE et qu’il en rend compte dans une véritable idéologie des frontières de la mort. Je trouve que la restitution de l’idée d’absolu est admirable d’intelligence et de vérité. Jésus est non seulement logique mais il est logicien. Pour comprendre la quintessence des versets précédents et comprendre pourquoi ils nous déroutent, je vais me tourner vers un champ de connaissance qui emprunte les axiomes de la logique formelle. Cette dernière n’est pas une capacité où nous sommes phylogénétiquement doués si l’on en croit les études scientifiques. Il est difficile de penser l’inconditionnalité car dès que l’on parle de condition on ne peut éviter la logique informatique. En programmation, une action, plus précisément, un traitement est généralement conditionné par la satisfaction d’une expression logique. C’est le fameux if/then (si/alors) des informaticiens. Les cognitions des psychologues peuvent être modélisées par les algorithmes des informaticiens, ceci est débattu mais le but ici est de comprendre, et non de faire de la psychologie. Le programme de bon sens que nous a appris l’expérience et légué sans doute la phylogénie peut être traduit dans un programme informatique simple :

10 Si méchant ou hostile alors je ne t’aime pas
20 Si bon ou amicale alors je t’aime

Jésus rajoute 1 ligne de code supplémentaire dans le programme :

30 Si méchant ou hostile alors je t’aime

La ligne 30 pose un problème de logique car la ligne 30 et la ligne 10 sont contradictoires mais elles peuvent coexister dans le temps évolutif car un programme exécute les instructions les unes après les autres. Le problème est que vous, le programme exécuté, n’êtes plus cohérent et vous devenez instables. En effet, si vous rencontrez un personnage détestable, le programme s’exécute et vous ne l’aimez pas à la ligne 10. Le traitement de la ligne 20 n’est pas exécuté car les conditions ne sont pas remplies. A la ligne 30 vous allez aimer le personnage détestable conformément aux prémisses. Vous comprenez que votre programme cognitif n’est pas vivable. Il faut donc choisir entre la ligne 10 et la ligne 30. Jésus fait le choix novateur de la ligne 30. Ce choix est sous tendue par une logique au frontière de la mort préférant le traitement « je t’aime » à la condition « si méchant ou hostile ». Il supprime donc la ligne 10. Nous obtenons le programme suivant :

20 Si bon ou amicale alors je t’aime
30 Si méchant ou hostile alors je t’aime

Le programme Christique donne le résultat escompté. Les deux instructions retournent un traitement d’amour. Mais le programme n’est pas parfait. En effet, Les traitements « je t’aime » sont égaux et donc ne nécessite plus de conditions exprimés par le mot « si ». Si Le programme contient de la complexité inutile, c’est qu’il nécessite un effort d’optimisation par utilisation de l’inconditionnalité, soit la suppression totale des lignes 20 et 30 contenant les conditions. J’ajoute la ligne 40 qui devient alors la seule du programme. Elle économise des cycles de processeur, cela veut dire gain de temps et d’énergie. Seule la ligne 40 subsiste dans le programme qui apparaît comme suit :

40 je t’aime inconditionnellement

On comprend alors la nature dantesque du bouleversement que Jésus impose à nos cognitions affectives. Il supprime les conditions « SI » des lignes 20 et 30 pour aboutir à l’inconditionnalité. Mais il supprime aussi un sentiment haineux qui commande une large classe de comportements en se débarrassant de la ligne 10 pour aboutir à la seule existence de l’amour et cet amour est logiquement inconditionnel (ligne 40). Le processus de suppression de la conditionnalité supprime aussi des comportements négatifs. Le dernier programme est plus efficace que le premier car il ne nécessite pas l’évaluation des conditions. La cognition devient donc une bonne candidate pour être sauvegardée dans la mémoire de la phylogénie. A partir du moment où vous acceptez que Jésus est un hyperdominant, vous commencez alors à avoir une vague idée de la façon dont les comportements se créent et se transmettent dans la structure de dominance humaine. Il n’est pas étonnant que le dominant ait un rôle principal dans le processus. La structure de dominance sert à élever le niveau d’excitation pour créer, les études sur les bipolaires le prouvent et la bipolarité a un rapport avec la dominance. Les membres de la structure vont tenter d’imiter le comportement. Ceux qui imitent sans en retirer de bénéfice affectif du fait de leurs matériels génétiques défaillants ou inadaptés verront leurs lignées s’éteindre. Il ne restera que le matériel génétique capable de supporter et de renforcer la nouvelle cognition. En effet, le bénéfice affectif sera détecté par la femelle de l’espèce qui s’accouplera préférentiellement avec les males heureux. Quand le problème est bien posé, les choses deviennent soudainement plus claires. Inversement, la création comportementale peut ne pas du tout recevoir l’onction du programme génétique, l’hyperdominant reste alors lettre morte dans la structure de dominance, ceux qui l’imiteront périront. Intuitivement, on comprend qu’une cognition en opposition avec le génome ne va pas créer de récompense. Jésus confirme à son insu notre instinct grégaire d’imitation en invoquant un mimétisme obligatoire dans le dernier verset 5.48. Bien sûr, la réalité dynamique est beaucoup plus complexe, il s’agit ici d’identifier les moteurs évolutionnistes en se servant d’une sémantique par nature tristement statique et tout de suite sujette au jugement des dérisoires du style.

La transformation prendra du temps car cette nouvelle cognition pour survivre nécessitera une uniformisation des stratégies dawkiniennes des comportements dans le groupe. Il est évident que la majorité de la communauté doit adopter le même comportement d’amour pour éliminer les petits malins qui sont présents spécifiquement dans la ligne 30 : moi je t’aime mais toi tu ne m’aimes pas et tu vas jouer le passager méchant, hostile et surtout clandestin pour obtenir un gain sélectif. Lorsque l’in-group ou le Royaume devient comportementalement uniforme, nous aboutissons alors à l’anarchie chrétienne tant désirée par Saint Augustin : « Aime et fais ce que tu veux ». Si les NDE ou les hauts niveaux d’excitation affectifs sont accessibles aux hyperdominants, ne pourrait-on pas commencé à se demander si le système de sélection humain n’est pas dirigé par une singularité évolutionniste, un amour inconditionnel ? Pourquoi l’amour triompherait-t-il toujours à la fin alors que sa vulnérabilité flagrante face à la violence devrait logiquement le mener à une impasse évolutive du seul fait de son inefficience sélective apparente ? Ne pourrais-t-on pas cesser d’opposer le Christianisme au darwinisme ? Je veux affirmer par-là que si ce qui se passe dans les NDE à affaire avec Dieu alors Dieu ne peut pas s’exonérer de la responsabilité de la sélection naturelle et les chrétiens devraient cesser de prendre Dieu pour un simplet. L’amour est plus que ce que vous imaginez, tous, et c’est le rôle des hyperdominants d’en donner une interprétation correcte pour le salut de l’espèce ou la conservation de l’âme. Jésus a réalisé ce qui était dans sa nature de réaliser. Si vous n’êtes pas croyant, vous devez au moins le respecter pour cela.

Jésus fait plus que réfléchir, il prévient ceux qui pourraient le comprendre. Après une expérience de mort imminente, les gens sont transformés, n’ont plus peur de la mort, ont rencontré Dieu, aime tout le monde et Luia devient l’équipe de foot qui compte le plus de supporter…etc… etc… Comment dire, ne pourrait-on pas y réfléchir calmement et rationnellement ? Premier point, l’Amour inconditionnel existe au moins dans le sens où il est un ressenti perceptible et interprétable par la conscience. Deuxième point, ma conscience le reconnait mais en plus elle l’aime. Nous aimons l’amour. C’est quasi codé en dur dans la conscience. L’amour de l’amour inconditionnel est lui aussi inconditionnel. La question de l’inconditionnalité pourrait renvoyer à un phénomène naturel. La loi de la pesanteur s’applique à nos corps inconditionnellement. Attention ce n’est pas le cas de la pesanteur. En tant que force agissante et non de loi, elle s’exerce conditionnellement, relativement à nos masses.
La loi de la pesanteur étant une loi naturelle tout ce qui est inconditionnel peut apparaître comme une loi naturelle. Ce syllogisme précautionneux est intéressant car il pose une question au Christ : L’amour de la NDE n’est-il pas un phénomène naturel de par son inconditionnalité ?

Source : Evangile selon Mathieu
5.45 afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.

Jésus répond à la question. Il sait que quelqu’un se la posera s’il se trouve confronté à la même expérience et s’il l’intellectualise. Jésus concède que cet amour particulier ressemble à un phénomène naturel représenté par le soleil et la météo dans le verset. Le soleil et la pluie affectent les gens sans se soucier de savoir s’ils sont bons ou mauvais. Mais, en dernier ressort, en premier moteur, c’est bien Dieu qui commandent aux éléments et aux astres. Le soleil et la pluie jouent ici le rôle de la loi de la pesanteur dans le syllogisme évoqué précédemment. Jésus a fait un choix éclairé et logique, que l’on soit d’accord ou pas avec lui, il a pris une option dans un processus décisionnel qu’il rend transparent. La simple existence de ce verset montre que Jésus veut que sa décision de rendre l’amour inconditionnel à sa source divine soit auditable, il ne cache rien, il est d’une honnêteté intellectuelle surnaturelle et surprenante. En outre il veut montrer que l’amour inconditionnel représenté par le temps et le soleil sont une propriété, un attribut de Dieu et non son en soi. L’écueil philosophique dans lequel il ne faudrait pas tomber est bien de considérer Dieu comme pure inconditionnalité. En supprimant toutes les conditions, on accepte de se diriger vers un nihilisme comme par hasard sans Dieu qui n’aurait pour but que de supprimer les conditionnalités qui nous construisent, malgré tout, pour atteindre l’amour et la félicité. L’amour inconditionnel de Dieu est la seule inconditionnalité présente en nous, être soumis à la conditionnalité. Une philosophie de la conditionnalité constitue une redoutable arme dialectique comme je vais vous le montrer. La course à la suppression de toute les conditionnalités ; non dans le monde symbolique mais dans la réalité rend compte de notre psyché débordante de modèle d’apocalypse, de fin du monde et de soleil qui s’éteindra dans 5 milliards d’année.

En somme, Le Christ nous éloigne, par son intégrité, des gourous se servant d’un paravent bavard pour cacher leurs vacuités avides de pouvoir, de sexe et d’argent. Enfin, lorsque vous êtes sur la bonne voie, Jésus vous fera toujours un petit clin d’œil : le mot « extraordinaire » du verset 5 :47 est là pour vous conforter dans l’idée que ce qu’il dit ne vient pas d’une évidence de tous les jours, il examine et qualifie là sa propre expérience. Retenez bien cela, le chemin qui mène aux pensées du Christ est toujours balisé par des petits mots ou de rien qui n’ont l’air de rien si on ne sait pas ce que l’on cherche.

Nous pouvons encore poser la question au Christ. Est-il pragmatique d’appliquer cet amour inconditionnel à la réalité que tout un chacun partage ? Jésus a fait un choix que je vous ai clairement montré. L’amour inconditionnel vient de Dieu et ce qui vient de Dieu dans la culture juive prend la forme d’un commandement. Il n’y a aucune matière à tergiverser lorsque l’on suit la voie et la voix, n’oublions pas cette voix dans le raisonnement, du Créateur. Rien ne peut être reproché au Christ en termes de logique et de rationalité étendue. A chacun de philosopher autant qu’il le souhaite sur cette question. Les philosophes comme le dit très bien Marx ont interprété le monde. Jésus, lui, l’a transformé. On pourrait ainsi multiplier à l’infini les questions. La prudence est de mise dans ce questionnement car la totalité de l’argumentation logique du Christ ne nous est surement pas connu mais si votre remarque est logique et non temporellement contextualisée, il y’a fort à parier que le Christ y aura répondu dans sa doctrine qui frappait les esprits. Les seuls contenus véritablement indicatifs qui nous soient parvenus sont le dialogue avec Nicodème et les paraboles hermétiques. Le temps, l’ignorance ou des objectifs de propagande ont provoqué la suppression des propos trop précis. La meilleure précision que vous obtiendrez, c’est en lisant et relisant le chapitre 3 de l’évangile selon Jean et toutes les paraboles complexes. Le reste a disparu parce que les scribes chrétiens ont pu considérer que la Parole était si incompréhensible et folle qu’elle ne pouvait être le résultat que d’erreur d’interprétation des scribes précédents. Par contre il est évident que le mystère des paraboles complexes a agi comme un puissant agent conservateur. La religion adore le mystère. L’expression symbolique a miraculeusement emmailloté les pensées du fils de l’homme pour les protéger des outrages du temps. L’érosion interprétative s’est ensuite malheureusement chargée de défigurer la Parole du Messie qui ne pourra pas survivre si elle continue à se présenter comme le carnaval exégétique actuel servant des intérêts variables comme par exemple la théologie de la libération.

Puisqu’on a mentionné Marx, il est intéressant de poursuivre dans l’étude de l’inconditionnalité. Pour un esprit dialectique qui a fait de la logique une armature intellectuelle, la notion d’inconditionnalité conduit tout droit à la notion d’égalité. L’amour de Dieu s’applique également que vous soyez bon, méchant, riche, pauvre, criminel, étranger, compatriote etc… comme la loi de la pesanteur s’applique également que vous soyez bon, méchant, riche, pauvre, criminel, étranger, compatriote etc… En d’autres termes, aux yeux de Dieu, et donc aux yeux de Jésus qui transmet l’enseignement, tout le monde est égal aux yeux de tout le monde dans le Royaume. L’amour inconditionnel rend tout le monde égal et il doit être appliqué par tout le monde comme le stipule le verset 5. 48 où Jésus nous demande, il est important de le souligner, d’être l’égal de Dieu, ce n’est pas neutre en terme religieux. Lorsque vous êtes dans l’amour d’une NDE, vous admettez qu’il produira le même effet quel que soit la personne placée dans cette situation extrême. Cette égalité dérivée de l’inconditionnalité est mystérieuse, substantielle. Elle ne nous nie pas en tant qu’individu. Je la nommerai respect en soi pour employer un concept approchant permettant de fixer les idées. Cette dérivation logique, d’évidence, n’a pas été assez exploitée par les exégètes pour une raison bien simple. L’égalité n’a aucun sens à l’époque du Christ, si elle était réclamée et criée sur tous les toits, il est fort à parier qu’une subversion aussi fantastique ne se situerait pas dans la bande passante des valeurs du 1er siècle. Et donc, la continuelle et redoutée accusation de folie pourrait trouver matière à s’exprimer. Se Jésus enseigne l’égalité, alors il le fera comme il l’a toujours fait lorsqu’il veut provoquer un déclic. Il la suggèrera et nous laissera le soin de tirer les conclusions logiques vers laquelle sa dialectique doit nous amener. Je vais vous prouver qu’il l’a fait continuellement d’autant plus admirablement que personne n’a rien remarqué. Il est vrai que le mot égalité est absent des 4 évangiles mais le projet du Christ est substantiellement autant un projet d’égalité que d’amour, les deux se nourrissant l’un l’autre dans l’idéologie Christique. Et ce projet découle directement d’une religion dont le principal acteur a été en contact avec une classe de réalité qui se situe entre le rêve et le réel : l’expérience à la frontière de la mort en tant qu’expérience troublante reconnue à défaut d’être expliquée par les scientifiques. Maintenant, retournons au royaume des paraboles. Celle des ouvriers de la onzième heure est un bon commencement.

Source : Evangile selon Mathieu
20.1 Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne.
20.2 Il convint avec eux d’un denier par jour, et il les envoya à sa vigne.
20.3 Il sortit vers la troisième heure, et il en vit d’autres qui étaient sur la place sans rien faire.
20.4 Il leur dit: Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable.
20.5 Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure et vers la neuvième, et il fit de même.
20.6 Étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient sur la place, et il leur dit: Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire?
20.7 Ils lui répondirent: C’est que personne ne nous a loués. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il.
20.8 Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant: Appelle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers.
20.9 Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier.
20.10 Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage; mais ils reçurent aussi chacun un denier.
20.11 En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison,
20.12 et dirent: Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons supporté la fatigue du jour et la chaleur.
20.13 Il répondit à l’un d’eux: Mon ami, je ne te fais pas tort; n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier?
20.14 Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi.
20.15 Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux? Ou vois-tu de mauvais œil que je sois bon? –
20.16 Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers.

Cette parabole raconte le recrutement d’une main d’œuvre à différents moments de la journée. Au moment du paiement des salaires, chacun est surpris de recevoir la même somme à savoir un denier, salaire journalier convenu uniquement avec ceux qui avait été envoyé à la vigne dès le matin. Dans un premier temps, intéressons-nous à la symbolique stable de la parabole. Le maître de maison est Jésus. La vigne est souvent le symbole du Royaume des Cieux et l’unité et l’unité de temps est 12 heures. Le temps symbolise ainsi aussi le Royaume. N’oubliez pas que Jésus parle des 12 trônes sur lesquels s’assiéront les douze apôtres jugeant les douze tribus d’Israël au renouvellement de toutes choses (Mat 19 :28). Je ne serais pas étonné que Jésus nous indique ici qu’il rajoute à sa panoplie symbolique les nombres ce qui n’est pas une nouveauté dans le judaïsme. Tout ceci est donc stable est connu. Il n’y a aucune surprise. Le premier réflexe de la furia exégétique est de s’interroger sur l’identité des ouvriers. Des premiers prophètes aux derniers prophètes, des premiers apôtres aux derniers apôtres, des premiers chrétiens aux derniers chrétiens. Pourquoi pas de Charlie Chaplin à Louis de Funès ? Soyons sérieux, cette manière de procéder est sans espoir, seul le Christ, s’il revient, pourra vous le dire. Au fur et à mesure que le Royaume s’étend (symbolisme des heures), les ouvriers acceptent un risque accru de ne pas être rétribués s’ils le rejoignent. L’augmentation du risque salarial est en relation avec l’augmentation de l’attractivité du Royaume en expansion. Vous êtes prêts à payer plus cher en termes de risque pour quelque chose de plus attractifs. C’est une explication économique logique de type bénéfice/risque, elle se tient, peut-être, mais elle ne vous dira pas qui sont les ouvriers et elle n’est de toute façon pas la clé qui permet de comprendre la parabole. C’est exactement comme la parabole du semeur. L’association d’idée, c’est-à-dire le lien entre le symbole et l’idée, ne peut pas être mis en évidence à la lecture du texte mais on sent bien qu’à la fin que, logiquement, si on est une bonne terre qui a reçu quelque chose alors on est récompensé. Comprendre que les épines sont les tentations du temps, c’est rigoureusement impossible d’autant plus que la créativité du Christ est sans limite. Il faut se rendre à l’évidence et abandonner l’identification des ouvriers de la vigne pour éviter que le Christ nous envoie aux fraises d’autant qu’elle est superflue puisque nous savons ce que nous cherchons.

Cette parabole est un hymne à l’inconditionnalité et à l’égalité. Commençons par le centre de gravité significatif du texte. Le maître de maison demande à son intendant de payer un salaire égal à tous ses ouvriers alors que s’il considérait logiquement le salaire horaire, il ne devrait pas adopter ce mode de rétribution apparemment injuste. C’est le travailler plus pour gagner plus qui est taillé symboliquement en pièce dans cette parabole. Jésus n’est pas stupide, il le sait et votre surprise est provoquée et voulue. Il veut frapper les esprits pour les faire réfléchir. Il se fiche complètement de l’aspect économique qui attire votre attention et vous demande de vous concentrer sur la suppression des conditionnalités qui va aboutir à l’inconditionnalité symbolisant l’amour inconditionnel. Considérons le programme de paiement des salaires suivant qui tient compte du salaire horaire « juste ».

100 Si tu travailles 1 heures alors je te donne 1/12 denier
101 Si tu travailles 2 heures alors je te donne 2/12 de deniers
102 Si tu travailles 3 heures alors je te donne 3/12 de deniers
103 Si tu travailles 4 heures alors je te donne 4/12 de deniers
104 Si tu travailles 5 heures alors je te donne 5/12 de deniers
105 Si tu travailles 6 heures alors je te donne 6/12 de deniers
106 Si tu travailles 7 heures alors je te donne 7/12 de deniers
107 Si tu travailles 8 heures alors je te donne 8/12 de deniers
108 Si tu travailles 9 heures alors je te donne 9/12 de deniers
109 Si tu travailles 10 heures alors je te donne 10/12 de deniers
110 Si tu travailles 11 heures alors je te donne 11/12 de deniers
111 Si tu travailles 12 heures alors je te donne 1 denier.

Maintenant je supprime les conditions qui sont les expressions logiques introduites par « si » comme nous avions procédé dans le précèdent programme. Si je supprime les conditions soit les lignes 100 à 111, je fais le choix de payer 1 denier tout le monde et je créé la ligne 140, seule ligne du programme. Le choix suit la morale Christique de suppression de la conditionnalité et suit la règle juridiquement convenue du salaire juste de 1 denier. Jésus opte pour le seul choix juste et possible juridiquement. Il est logiquement justifié. Si je paye les ouvriers différemment en supprimant la conditionnalité alors c’est injuste. Si l’un est payé 2 deniers, l’autre 3, l’autre 10, comment allez-vous justifier la différence de salaire puisque la conditionnalité a disparu ? L’égalité est la seule solution juste et logique d’un système où vous avez supprimé la conditionnalité. Si, par analogie logique je compare maintenant le paiement au programme évoqué dans les versets ou l’amour inconditionnel est non équivoque, j’obtiens l’égalité symbolique suivante.

140 je te donne inconditionnellement un denier soit le maximum convenu alors Je t’aime de manière inconditionnel

Nous en déduisons que les heures sont les symboles de la suppression de la conditionnalité et que le salaire représente l’amour, en tant que récompense provoquant un affect positif. Le symbole pointe vers l’amour inconditionnel d’une manière redoutablement efficace. La suppression des heures en tant que condition symbolise donc aussi le commencement de la fin des temps où l’amour inconditionnel s’épanouira pleinement. La puissance logique du Christ est d’une admirable beauté. Et quand la fin est connue, tout se tient. Je crois que le Christ a volontairement envoyé les exégètes aux fraises car il voulait tancer ses apôtres qui l’ennuyaient profondément en lui demandant sans cesse à qui serait destiné le plus grand trône ; ou qui arriverait à l’heure au boulot. Le Christ connait les hommes, et il s’est moqué de leur manque d’humilité. La question n’est pas de savoir qui seront les élus, la question est de vous faire comprendre ce qu’est l’amour inconditionnel, la racine principale, la pierre angulaire de la religion chrétienne. La connaissance de l’amour inconditionnel, but ultime de la repentance, ouvre la porte du Royaume de Dieu. Quelle ironie ! L’argent symbolisant l’amour inconditionnel ! En plus si cela se trouve, ils ont mangé du raisin toute la journée en bavardant ! Le Christ veut vous perdre à l’aide de l’inconditionnalité qui oblige à réfléchir, qui n’est pas donnée. Mais à qui s’adresse-t-il donc ? C’est la question lancinante.

En tout cas, le Christ vous aidera toujours à comprendre à partir du moment où vous avez compris. La parabole des ouvriers de la 11ème heure est une salle qui s’entoure de plusieurs portes. Je viens de vous en ouvrir une et peut-être n’êtes-vous pas convaincu. Nous allons dons sortir de la salle en empruntant la première porte. La seconde porte est un peu plus cachée que la première et permet de s’intéresser à ces ouvriers. Lorsqu’on considère uniquement la journée de travail, on peut construire ce petit tableau simple :


Les ouvriers sont répartis en 5 fournées définies par les heures du commencement du labeur. Tout ce que nous savons de leur point de vue, avant la douzième heure, est résumé ci-dessus. Leurs perspectives n’est pas celle du maître de maison, c’est important de le souligner, car le maître sait où il veut en venir depuis le début de la journée. Des indéterminations salariales et horaires sont représentées par les points d’interrogation. Les deux questions évoquées agiteront les hommes de tout temps donc on est sûr que le Christ parle de nous et pas des petits hommes verts. Il inscrit sa parabole également dans l’intemporalité.

L’homogénéité des groupes deux, trois et quatre est tout de suite frappante. Les termes du contrat sont les mêmes et les heures auxquelles le travail débute sont des multiples de trois ce qui renforcent l’homogénéité, les multiples de 2 attirant moins l’attention étant plus nombreux. Le Christ s’amuse donc aussi avec les chiffres car il souhaite par ce procédé diriger l’analyse sur les trois groupes du milieu. A noter que la 6ème heure associée au groupe trois symbolise le milieu de la journée, elle est représentée par un XII sur les cadrans solaires antiques. 12 représente le royaume des cieux qui est au centre de la prédication du Christ. Le troisième groupe a donc une signification particulière, il est le centre. Oublions maintenant tous ces détails que nous venons d’évoquer car ils sont justes des balises pour guider la réflexion qui doit aboutir à la reconnaissance aveuglante d’une symétrie centrale. La 9ème heure est le symétrique de la 3ème heure en utilisant la 6ème heure centrale et réciproquement, la 3ème heure est le symétrique de la 9ème heure. A chaque fois que nous emploierons des concepts mathématiques, il faudra se demander si, au moins, il pouvait exister dans la tête du Christ ou dans l’air du temps. Son intelligence hors du commun fera le reste. La symétrie est un concept qui a été utilisé de tout temps dans l’architecture. En tant que fils de charpentier, Jésus doit connaitre ce concept au moins intuitivement avec les roues ou les bâtiments. Beaucoup plus intéressant, si nous considérons la rhétorique sémitique, nous nous rendons compte que la symétrie est une figure de style fréquemment utilisée dans la bible.

Source : Wikipédia
La rhétorique biblique et sémitique (RBS) se caractérise par plusieurs constantes. Il s’agit notamment de constructions qui obéissent au principe de la symétrie, sous forme de parallélisme, d’effet miroir ou encore de chiasme.
Michel Cuypers pose la symétrie comme principe fondamental de la rhétorique sémitique. Trois formes sont recensées :
1.Le parallélisme quand des unités textuelles apparaissent dans le même ordre ABC / A’B’C’.
2.Le concentrisme quand les unités sont disposées symétriquement par rapport à un centre ABC / élément centre / C’B’A’. Le centre a alors un rôle particulier, comme édicté par les lois de Lund, mais aussi parce qu’il met en valeur l’élément placé au centre qui a une fonction particulière dans une structure.
3.La construction spéculaire quand les unités sont disposées selon une symétrie centrale, sans qu’il y ait une unité au centre ABC / C’B’A’.

Jésus n’est pas Michel Cuypers, mais remarquons sans lui faire injure, que sa connaissance peut très bien être dérivée d’une lecture attentive, logique et intelligente de l’ancien testament quelle que soit l’époque. Donc, la symétrie est une forme connue intuitivement des architectes romains occupant et des scribes juifs de l’époque de Jésus. Maintenant que nous avons une règle cohérente par rapport au 1er siècle, appliquons là à l’ensemble de la journée de travail, c’est bien le propre des règles que de s’appliquer partout. Nous pouvons déduire que le 1er groupe arrive à la 1ère heure car cette heure est symétrique de la 11ème par rapport à la 6ème centrale. Cela ne nous apprend pas grand-chose mais cela nous permet de compléter le tableau et de nous roder.


Des notions de symétrie sont nécessaires pour continuer notre chemin.

Source : Wikipédia
Les figures symétriques rendent visibles l’égalité des formes parce que les parties permutables ont toujours la même forme

Intuitivement, nous avons un problème de forme qui doit se conserver et Wikipédia nous aide en parlant d’égalité. Les heures ne sont pas la forme, elles qualifient quantitativement la symétrie. L’hyperdominant maniaque joue avec les formes qui se présentent à lui comme le montre Nietzsche dans Ecce Homo. Et la forme est une abstraction qui peut être elle-même symbolisée, rien n’échappe à l’ogre allégorique qu’est le Messie. Le salaire symbolise donc la forme pour le Christ, la symétrie doit la conserver et la rendre égale par isomorphie. Représentez-vous le salaire comme une tour d’un temple. Puisque la 1ère et la 11ème heures sont symétriques, la forme de la tour symétrique doit être conservée par rapport à la 6ème heure cette fois axe de symétrie, donc le salaire doit rester identique comme les deux tours symétriques. La symétrie représente la règle, et la règle symbolise le commandement donc l’inconditionnalité et l’inconditionnalité pointe vers l’amour inconditionnel. Elle est partout appliquée. C’est bête mais il fallait y penser. Qu’importe comment le Christ habille la parabole, l’armature logique saute aux yeux. Les paraboles traitant de l’inconditionnalité ne sont pas de même nature que celle du semeur car si vous tentez de symboliser l’inconditionnalité, vous ne pouvez pas échapper à un peu de logique formelle parfaitement saisissable dans le langage de tous les jours. Nous continuons de compléter notre petit tableau :


Maintenant, il faut se demander comment seront payés les groupes deux, trois et quatre. C’est le plus facile. Nous quittons le règne de la logique pour celui de la justice. Jésus vous le dit lui-même, il faut être raisonnable. A partir du moment où les premiers et les derniers ont un salaire égal vous devez payer ceux qui sont au milieu avec la même somme. Supposons, que le 2ème groupe gagne 2 deniers et que les autres groupes restent à un denier. Le 1er groupe va appeler la CGT tout de suite. De même si le 2ème groupe est payé seulement 0,5 deniers, c’est le 2ème groupe qui défile place de la Bastille parce qu’il ne peut pas être payé moins que les groupes trois, quatre et cinq qui ont moins travaillé. Donc nous complétons notre petit tableau qui ne laisse plus aucune inconnue et met la CGT dans un état extatique.

Nous aboutissons donc au même résultat égalitaire et inconditionnel que la première porte et qui est illustratif de la conclusion de la parabole. Le salaire est une récompense, un affect positif qui renvoie à l’amour. Nous avons donc bien caractérisé l’amour inconditionnel de la NDE et son corollaire l’égalité. Nous pouvons aller plus loin car nous avons une symétrie centrale qui est propice à une comparaison avec le moyeu et le rayon d’une roue. Faites tourner cette dernière de 180 degrés, demi-tour, demi jour. Nous obtenons toujours la même forme salariale où les derniers seront les premiers. Faites tourner la forme, les premiers seront les derniers. La Fortuna romaine donnant ici paradoxalement toujours le même résultat. Et si Jésus se payait la tête des romains ? Moi je pense que les blagues sur les nazis de l’époque devaient valser en off. Ce n’est pas possible autrement. Rend l’argent au romain qui n’a aucune importance, et répand l’Amour Inconditionnel que Dieu t’as donné. Voilà la couleur de l’argent du Christ !

En tout état de cause la conclusion de la parabole contient notre fil rouge car la notion de premier et de dernier soit l’inégalité conditionne un nombre incalculable de situation comportementale, affective. Si je supprime les conditions « si je suis premiers » et « si je suis derniers » alors, encore une fois, le seul système possible est l’égalité. La tautologie devient presque irréelle : en supprimant l’inégalité, je crée l’égalité. Jésus n’en finit pas d’être logique et de vous perdre car en prime, il ne précise pas la composition des groupes « les premiers » et « les derniers » de la conclusion. Quand il identifie « les premiers » il désigne, en les intégrant dans le même groupe « premier », les ouvriers de la première heure et les ouvriers premiers de la file créée pour le versement de la rémunération. Ces premiers sont eux aussi par définition des premiers mais cela vous n’y pensez pas parce que vous êtes affectifs : vous n’êtes attirés que par l’injustice monétaire apparente de la journée de travail. Le Christ est logique, si vous ne l’avez pas encore compris, il va falloir s’y habituer. Il veut vous perdre pour mieux se cacher. Le groupe premier est logiquement constituable en supprimant la conditionnalité de la situation pour ne garder que l’état. Inversement, Quand ils désignent « les derniers », le groupe est constitué par les ouvriers de la dernière heure et les ouvriers placés en dernières positions dans la file de rémunération.

Maintenant je vais vous demander un petit effort de réflexion : le groupe « les premiers » ne contient-il pas exactement les mêmes gens que le groupe « les derniers » ? Chacun a été dans la situation « premier » ou « dernier » dans la parabole si on considère à la fois l’heure de prise de service et la place dans la file de paiement. Les deux groupes de la conclusion de la parabole sont égaux dans leurs compositions humaines. Tous les gimmicks du Christ sur les premiers et les derniers symbolisent l’égalité seule solution d’un système où on a supprimé les conditionnalités. Il fallait y penser, les premiers sont égaux aux derniers qui sont égaux aux premiers. Je crois que tout est clair, tous les chemins de la parabole mènent à l’inconditionnalité en tant que suppression des conditions, et à l’égalité qui est la seule solution possible dans le système d’Amour inconditionnel du Christ. Si on parle d’égalité et d’inconditionnalité, on parle forcément de l’amour inconditionnel dans le référentiel créé par Jésus, c’est-à-dire un système où l’inconditionnalité et l’égalité pointe vers l’amour inconditionnel. Le Christ ne parle pas de la même chose que la CGT. Il transforme la suppression des conditionnalités en symbole de ce qu’il a vécu dans sa NDE. L’égalité des marxistes, construction malfaisante, est l’égalité des ressources imposées et obligatoires. Intuitivement, l’asservissement est contraire à l’émergence de l’amour inconditionnel. Le marxisme est d’une banalité reposante pour l’éthologue amateur que je suis car elle repose sur l’égalité des ressources, qui est une égalité du monde conditionnée mais pas une égalité dérivée de l’amour inconditionnel. L’égalité communiste est la revanche des esclaves pour un Marx incapable de dire un grand oui à la vie malgré sa définition de l’injustice. La lutte des classes seraient une pure putréfaction pour le Christ. L’égalité dont le Christ parle est une toute autre forme d’égalité. Elle est surhumaine, d’une beauté incommensurable. Le minimum qui peut s’appliquer dans notre monde sensible est le respect inconditionnel.

Le procédé utilisé par Jésus est limpide, il veut provoquer la réflexion par l’usage de paradoxes logiques ou affectifs. Cette provocation n’est pas nihiliste car les impossibilités logiques se résolvent en se débarrassant de certaines conditions. Par ce truchement, il cherche à symboliser la recherche de l’amour inconditionnel que lui seul pense avoir vécu dans sa NDE. Pourquoi recoure-t-il à des paraboles ? La réponse est dans la parabole. L’inconditionnalité et l’égalité sont des concepts qui suscitent l’incompréhension au moins au 1er siècle. Il n’est pas innocent symboliquement que Les derniers de la file murmurent contre le maître de maison. De la même manière, le salaire journalier n’est dévoilé qu’au groupe de la première heure et pas aux autres. Cette prudence en dit long sur le cœur visionnaire de Jésus. S’il dévoilait d’emblée la paye des autres groupes, ce serait la révolution. On peut déduire de la parabole une hypothèse logique quant à l’identité des ouvriers. Jésus a bâti cette superbe parabole pour que les apôtres cessent de l’importuner sur la question de savoir qui serait le plus beau dans le royaume des cieux. Douze heures, douze apôtres. Jésus avait peut-être les noms et les groupes en tête. Jésus se servait des apôtres pour connaitre les réactions des hommes à son enseignement. Il a pris un échantillon. Il est peut-être le créateur du premier institut de sondage politique sur terre. Hors parabole, Jésus n’est pas aussi « violent » sur l’égalité car dire juste avant la parabole de la 11ème heure que…

Source : Evangile selon Mathieu
19.30 Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers.

… c’est rester dans un écran de fumée un peu démagogique qui ne se dissipe que dans la parabole qui suit car pour parler à la manière du Christ, c’est dans les paraboles qu’il se cache de l’air du temps pour mieux dévoiler son enseignement visionnaire. Le reste du temps il reste dans les marges de l’air du temps. Tous les versets contenus dans ce florilège pointent vers la conclusion des ouvriers aimés inconditionnellement. Tout cela n’est pas neutre dans la conception que Jésus a pu développer au sujet de la Justice. Tout ce qu’il dit là est bouleversant. Au moment où j’écris ces lignes je me prépare à étudier une pensée qui s’abreuve à une source connue mais inconnaissable. Et pourquoi suis-je raisonnablement certains de ce que je dis ? La relecture du verset 20.12, vous explicitera la problématique de la parabole. Jésus vous aide avec un petit rien qui vous confirme le tout. Je vous l’accorde, c’est l’ouvrier qui parle d’égalité, mais cet ouvrier parle par la bouche du Christ, fait qu’il ne faut pas oublier maintenant que nous savons qu’il aime les problèmes de logique et qu’il nous oblige à faire montre d’une grande aptitude à pratiquer la théorie de l’Esprit, lui qui savait si bien détecter ce que pensait les autres. Les Evangiles attestent d’une faculté hors du commun à ce niveau. Appliquons ce que nous avons appris à la parabole du bon samaritain pour nous détendre.

Source : Evangile selon Luc
10.25 Un professeur de la loi se leva et dit à Jésus pour le mettre à l’épreuve: «Maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle?»
10.26 Jésus lui dit: «Qu’est-il écrit dans la loi? Qu’y lis-tu?»
10.27 Il répondit: «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même
10.28 «Tu as bien répondu, lui dit Jésus. Fais cela et tu vivras.»
10.29 Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: «Et qui est mon prochain?»
10.30 Jésus reprit la parole et dit: «Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent en le laissant à moitié mort.
10.31 Un prêtre qui, par hasard, descendait par le même chemin vit cet homme et passa à distance.
10.32 De même aussi un Lévite arriva à cet endroit; il le vit et passa à distance.
10.33 Mais un Samaritain qui voyageait arriva près de lui et fut rempli de compassion lorsqu’il le vit.
10.34 Il s’approcha et banda ses plaies en y versant de l’huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
10.35 Le lendemain, [à son départ,] il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’aubergiste et dit: ‘Prends soin de lui, et ce que tu dépenseras en plus, je te le rendrai à mon retour.’
10.36 Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands?»
10.37 «C’est celui qui a agi avec bonté envers lui», répondit le professeur de la loi. Jésus lui dit [donc]: «Va agir de la même manière, toi aussi.»

Au premier abord, on comprend que la condition sociale n’est pas une indication fiable pour la pratique de l’amour inconditionnel que cache le thème de l’amour du prochain de la loi. Ce thème va constituer l’ancrage du combat dialectique que Jésus va mener contre le docteur de la loi. Le premier abord est un peu consternant de banalité mais c’est sans doute parce qu’on nage en pleine logique floue par manque de fiabilité. Ce n’est pas le style du Christ. Regardons mieux, les deux hommes de Dieu se déplacent par hasard. Le hasard est une classe particulière de conditionnalité dans le sens où la même condition peut conditionner deux résultats différents voire opposés. En clair nous avons ce petit programme simple :

200 Si hasard alors je t’aime (= je te porte secours)
210 Si hasard alors je ne t’aime pas (=je ne te porte pas secours)

L’amour que proposent les hommes du Dieu de l’ordre social établi n’aboutit pas à une pure inconditionnalité telle que nous l’avions présentée dans la ligne 40 du premier programme dans le sens où l’amour est conditionné par le hasard. Jésus ne dit pas que les hommes de Dieu ne vont jamais aider une personne en détresse. Il prend deux cas pour montrer l’existence de la ligne 210 qui conditionne, espérons-le, l’existence de la ligne 200. Cette existence est nécessaire mais elle rend l’amour conditionnel. Toutes les conditions et les comportements négatifs conditionnés n’ont pas été supprimés car le hasard demeure en tant que condition. Or le but de la reprogrammation Christique est de supprimer la conditionnalité conditionnant l’amour. La morale primordiale Christique consiste implicitement à se débarrasser des conditions en tant qu’elles sont des obstacles à l’amour inconditionnel. La tradition religieuse de l’époque, symbolisée par les deux prêtres, n’explicite pas l’inconditionnalité de l’amour dans la Loi et tombe dans le ravin théologique de penser Dieu comme un hasard conditionnant mais inconditionné qui ne manqua pas d’attrister Job. Elle ne peut pas se prétendre être la finalité, l’aboutissement ou l’achèvement de la volonté de Dieu en laissant la place au hasard. Nous sommes en présence d’un missile de croisière calme mais déterminé en direction de la classe sacerdotale hostile à Jésus.

Or donc, le Christ supprime symboliquement la conditionnalité du hasard. Il le fait en utilisant une catégorie logique nouvelle : la négation. En effet le voyage qui consiste à se déplacer avec un plan clairement connues et déterminés à l’avance est bien l’opposé ou est la négation logique d’un déplacement effectué en suivant le hasard. Le but n’est pas de créer une nouvelle classe de conditionnalité mais de supprimer le hasard en tant que conditionnalité par le biais de l’utilisation logique de sa négation qui est la détermination. Je retrouve l’amour inconditionnel par destruction, par négation du hasard et je me débarrasse des comportements minables, de la traitrise de la prêtrise. Jésus, incarné dans le samaritain qui ne se résout pas, d’une part, à laisser mourir quelqu’un qu’il ne connait pas, preuve de l’amour inconditionné par la connaissance sociale de l’autre, autre symbole à méditer, et, d’autre part, à céder à la fantasmagorie du Dieu hasard conditionnant, affirme ici la spécificité du Christianisme par rapport au Judaïsme qui a oublié de parler de l’inconditionnalité de l’amour dans sa religion. Le temps, la vie et la mort en tant qu’univers de conditionnalité sont aspirés vers l’amour inconditionnel, but et cause ultime.

Il y affirme aussi son universalité, égalité de l’amour inconditionnel oblige, par utilisation du samaritain comme symbole de lui-même. Attention, quand Jésus s’exprime dans ses paraboles, il dit ce qu’il pense vraiment en s’enfouissant dans un système logique qu’il n’a pu construire qu’en réfléchissant sur lui-même, sur le langage et sur la logique qui le sous-tend. Il se planque littéralement derrière la figure du Samaritain que personne ne peut considérer comme un Messie sauf qu’encore une fois, c’est bien Jésus qui est maître de la parabole. Tout discours hors parabole peut soit constituer un masque, soit mettre en évidence une pensée en évolution. Je pense par exemple à sa décision périssable de n’être que le berger perdue des brebis d’Israël. L’amour inconditionnel qu’il a pensé tout au long de son magistère a dû le faire évoluer vers un universalisme commandé par l’amour inconditionnel et son corollaire l’égalité.

On parle bien ici d’un schisme bouleversant car provenant d’une vibrante évidence logique. D’autres conclusions peuvent être tirées de cette parabole quant à la relation entre le hasard, Dieu, l’incarnation et l’inconditionnalité et le nihilisme. Mais je ne veux pas alourdir le propos. Sachez que Jésus appelle à une véritable réflexion philosophique sur la pierre angulaire de ses raisonnements logico affectif. Notons que son arsenal logique s’enrichit de la négation qui peut très bien être déduite du langage courant par un génie qui n’attend par Mr Boole qui est mort récemment et ne pourra pas rendre hommage à son créateur. La logique est véritablement utilisée dans un but de politique furtive.

La logique est d’autant plus furtive qu’elle est difficile à saisir lorsqu’elle se cache derrière des mots. Des expériences en psychologies montrent que le cerveau n’est pas une machine logique parfaite. Il sait bien détecter les tricheurs, mais il est incapable de débusquer une logique formelle sauf si on lui dit où chercher. Ne comprenez-vous pas maintenant l’extrême ironie de la stratégie de Jésus. Il savait que personne ne comprendrait rien, il voulait s’adresser à notre inconditionnalité par la logique. C’est un raisonnement, un rayonnement d’une indicible beauté. La logique est une forme a priori de l’amour humain pour parler à la façon de Kant.

Source: évangile selon Mathieu
13.13 C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent. 

Notre fil rouge s’est enrichi, vous ne trouvez pas ? Nous avons une petite collection de concepts à utiliser maintenant. NDE, amour inconditionnel, inconditionnalité, égalité. La NDE est cachée mais suggérée dans l’amour inconditionnel de la parabole des ouvriers de la 11ème heures. Elle permet de comprendre comment le Christ joue avec les concepts logiques pour défier les docteurs de la loi sans qu’ils s’en aperçoivent. Comment dire ? Il se fout de leurs gueules. Jésus était un authentique rebelle qui s’est bâti une armature logique pour ferrailler contre la religion de son temps au nom d’une expérience incroyable de mystère. Cette dernière contient tous les ingrédients dont le Christ s’est inspiré pour comprendre et théoriser sa propre vie.

L’impression insistante d’inéluctabilité de la mort dans le sens où il est impossible de penser autre chose que c’est fini, la souffrance indicible que provoque la peur, l’amour inconditionnel libérateur et enfin le retour brusque à la vie. De tous ces ingrédients, retenons que seuls le retour à la vie soit la renaissance, révélée à un Nicodème dubitatif, et l’amour inconditionnel ont été explicité jusqu’ici. Quand un homme tel que Jésus vit une NDE, il ne peut qu’en tirer des valeurs symboliques qu’ils croisent avec les écritures qui agissent comme un authentique renforcement psychologique. Le passage par la mort et la souffrance est donc inéluctable, car ils précèdent tout deux l’amour inconditionnel et la renaissance. Mort et souffrance apparaissent clairement dans ses prophéties aussi auto réalisatrices qu’auto destructrices. Elles sont le prélude à la renaissance, à un monde nouveau qui doit remplacer l’ancien. C’est inquiétant car dans la parabole suivante, il semble qu’il n’y ait aucun espoir pour le monde ancien. Le Christ Roi a besoin d’un nouveau monde à sa mesure qui ne peut que remplacer l’ancien. L’Evolution n’est pas connue à son époque, c’est dommage.

Source : Evangile selon Mathieu
9.15 Jésus leur répondit: Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger pendant que l’époux est avec eux? Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.
9.16 Personne ne met une pièce de drap neuf à un vieil habit; car elle emporterait une partie de l’habit, et la déchirure serait pire.
9.17 On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent.

Cette métaphore ne pose aucune difficulté d’interprétation. La pièce de drap neuf et le vin nouveau représentent le Christ. La déchirure représente l’incompréhension que nous avons rencontrée dans la parabole des ouvriers. Elle serait pire que tout car le Christ pourrait se dénaturer dans le conflit qui constitue une antithèse radicale à l’amour inconditionnel quasi idéologique de l’expérience à la frontière de la mort. Les outres qui se rompent transmettent la même idée. Le Christ Roi ne peut donc vivre que dans un monde nouveau où Lui et tout un chacun vivraient en parfaite harmonie comme le suggère le vin et les outres qui se conservent mutuellement et éternellement. Comment passe-t-on du monde ancien au monde nouveau ? Je ne pense pas que le Christ pensait sérieusement détruire le monde ancien par dépit ou vengeance. Son altruisme forcené l’a conduit à penser que sa souffrance et sa mort aboutirait à la naissance d’un monde nouveau d’amour inconditionnel. Cela aura pris un peu plus de temps que prévu, mais personne ne peut nier qu’objectivement le monde occidental a tout fait tout pour coller à la volonté du Christ même dans ses errements extrémistes les plus marxistes qui, par paresse intellectuelle, nous ont fourvoyés dans ce qui était donné ou plus précisément vendu. Tout n’est pas parfait mais tout est perfectible, à condition de réfléchir. C’est exactement la voie que nous montre le Christ. Encore une fois, et si la voix de Jésus était l’expression de notre système de sélection naturelle ?

Une contradiction logique doit être résolue car elle est fondamentale. Jésus prophétise sa mort qui doit donner naissance au monde nouveau. Dans ce cas, pourquoi son magistère est-il tourné pratiquement entièrement vers la reconnaissance qu’il est le fils de Dieu ? Plusieurs explications logiques pourraient être avancées avec la réserve qui convient car Jésus n’a jamais parlé de faille dans son dispositif logique. On pourrait supputer que Jésus veut échapper à la mort en changeant le monde ancien par la Parole et s’éviter ainsi des souffrances devenue inutiles si le Verbe emportait la victoire. C’est, de mon point de vue, l’explication la plus vraisemblable quand on a affaire à un homme aussi intelligent. D’ailleurs, ne le dit-il pas lorsqu’il interroge Dieu sur sa volonté de lui faire boire la coupe ? Il adopte l’approche stratégique classique consistant à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et d’avoir plusieurs fers au feu. La complexité est toujours plus intéressante car elle offre un espace de solution plus important. De toute façon, il est préférable de mourir en tant que Fils de Dieu pour faire advenir le Royaume, la mort d’un prophète ne constituant pas une nouveauté, fait largement connu de la dialectique christique.

Le thème de la reconnaissance est fondamental dans le nouveau testament. Lorsqu’on parle de thème on s’évite le périlleux exercice de savoir si Le Christ a été reconnu ou non. On s’évite aussi de s’interroger sur des reconnaissances inattendues qui prennent parfois la forme de malades mentaux. C’est bien connu, il n’y’a que nous qui comprenons le Christ. L’important, c’est que le thème est d’une signification démesurée dans les évangiles. Pour vous le démontrer, je mets ce florilège sans doute non exhaustif à votre disposition qui vous permettra de vous imprégnez de la thématique, notamment des problèmes qu’elle a posé au Messie. Je ne tiens même pas compte de l’injonction de croire qui n’est que de la reconnaissance déguisée. Croire, c’est reconnaitre que Jésus est le fils de Dieu, pas autre chose. Notre fil rouge qui symbolise le système de pensée du Christ s’enrichit donc d’un autre thème, d’un autre sillon dans les circonvolutions de son néocortex : la reconnaissance. Nous pouvons donc maintenant aborder la partie sportive de cet article. En l’occurrence, nous allons nous atteler à la lourde tâche de comprendre le chapitre 25 de l’évangile selon Mathieu qui a trait paraît-il au jugement dernier.

Source : Evangile selon Mathieu
25.1 Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, allèrent à la rencontre de l’époux.
25.2 Cinq d’entre elles étaient folles, et cinq sages.
25.3 Les folles, en prenant leurs lampes, ne prirent point d’huile avec elles;
25.4 mais les sages prirent, avec leurs lampes, de l’huile dans des vases.
25.5 Comme l’époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent.
25.6 Au milieu de la nuit, on cria: Voici l’époux, allez à sa rencontre!
25.7 Alors toutes ces vierges se réveillèrent, et préparèrent leurs lampes.
25.8 Les folles dirent aux sages: Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.
25.9 Les sages répondirent: Non; il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous; allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous.
25.10 Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
25.11 Plus tard, les autres vierges vinrent, et dirent: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous.
25.12 Mais il répondit: Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas.
25.13 Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l’heure.
25.14 Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens.
25.15 Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit.
25.16 Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents.
25.17 De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres.
25.18 Celui qui n’en avait reçu qu’un alla faire un creux dans la terre, et cacha l’argent de son maître.
25.19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte.
25.20 Celui qui avait reçu les cinq talents s’approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m’as remis cinq talents; voici, j’en ai gagné cinq autres.
25.21 Son maître lui dit: C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
25.22 Celui qui avait reçu les deux talents s’approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m’as remis deux talents; voici, j’en ai gagné deux autres.
25.23 Son maître lui dit: C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
25.24 Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui amasses où tu n’as pas vanné;
25.25 j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi.
25.26 Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné;
25.27 il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.
25.28 Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.
25.29 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a.
25.30 Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.
25.31 Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’assiéra sur le trône de sa gloire.
25.32 Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs;
25.33 et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.
25.34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde.
25.35 Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli;
25.36 j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi.
25.37 Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire?
25.38 Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu?
25.39 Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?
25.40 Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.
25.41 Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges.
25.42 Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire;
25.43 j’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli; j’étais nu, et vous ne m’avez pas vêtu; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.
25.44 Ils répondront aussi: Seigneur, quand t’avons-nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t’avons-nous pas assisté?
25.45 Et il leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites.
25.46 Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle.

Historiquement, ma réflexion s’est tout de suite polarisée sur la parabole des talents qui, nous dit-on, est le symbole d’un don spirituel du Christ fait aux chrétiens censés le faire fructifier, afin que le maître soit en mesure d’être dans la position de pouvoir juger qui sont les bons et qui sont les méchants. L’interprétation est largement erronée et vous allez comprendre pourquoi. Maintenant que j’ai décodé la parabole elle m’apparaît dans une cohérence logique surnaturelle et il m’est difficile de vous la restituer dans un raisonnement linéaire. Je vais essayer. Essayez de vous accrocher, nous allons gravir une montagne avec une croix à son sommet. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la première roche qu’a accrochée mon piolet est l’identité sémantique des versets 25.21 et 25.23. Exactement les mêmes mots. L’égalité représentée par la répétition d’une succession de mots identiques, il fallait y penser pour frapper les esprits.

Nous avons donc la notion d’égalité de la récompense pour des œuvres clairement inégales des serviteurs ce qui doit vous rappeler quelques choses. Le premier serviteur gagne 5 talents, le second 2 et le dernier, rien. Le schème pointe clairement vers le paralogisme apparent de la parabole de la 11ème heure. A l’intérieur du concept d’égalité, représenté par les deux versets identiques, nous avons « la joie de ton maitre ». Au lieu d’argent, le maître parle de joie ce qui signifie que Jésus abat ses cartes avant la passion. Une notion de joie dans une notion d’égalité ne peut que pointer vers l’amour inconditionnel si vous avez bien compris le symbolisme Christique que j’ai développé dans les analyses précédentes. Cette parabole ne peut être qu’un problème d’inconditionnalité puisque nous avons les deux premières briques que sont l’amour inconditionnel de la joie du maître et l’égalité. Mais, attention, pour l’instant, ce n’est qu’un indice car la récompense est conditionnée par la bonté et la fidélité du serviteur en peu de chose. Il va falloir trouver en quoi consiste exactement la bonté et la fidélité du serviteur autrement il est clair que la parabole ne sera pas comprise. En outre, ce qui nous éloigne de l’inconditionnalité est la punition du troisième serviteur. Il faudra également comprendre pourquoi le 3ème serviteur est puni par un jugement par nature régi par la conditionnalité.

Si la joie est enfin explicitée en tant que récompense ultime vécue à la frontière de la mort, Elle ne fait pas disparaître la notion d’argent. Le Christ en affectionne son poid affectif qui vous envoie aux fraises avec une régularité déconcertante et attendue. Le Christ vous pousse d’ailleurs à considérer la parabole comme un problème d’argent. Il y’a la notion de « bien » que remets un homme qui part et revient. Le Christ sait que la fin est littéralement proche pour lui. L’homme remet 5 talents à l’un, 2 talents à l’autre et 1 au dernier. Il est clair que le talent représente une unité monétaire. Il faut bien le comprendre car il n’y a pas de piège.

Source : Wikipédia
À Athènes, le talent a un poids légal de 60 mines, soit 25,86 kg d’argent. En unité monétaire, le talent équivaut ainsi à 6 000 drachmes.

A partir de là, la machine exégétique s’emballe et nous fait croire que le talent est symbole de don qu’il convient de faire fructifier. Il faudra revenir sur la notion de « don ». Il nous faut trouver la signification véritable du symbole en tant que symbole dans la tête du Christ pour ne pas tomber dans les pièges exégétiques. Il faut m’expliquer pourquoi les 5 talents donnés par Jésus se transforment exactement en 5 autres talents gagnés. Pourquoi pas 10, 20 ou 500 millions de talents gagnés ? Il y’à clairement une limite qu’il faut expliquer. Il y’a une contrainte évidente : exactement 5, pas plus, pas moins et le nombre donné doit être égal au nombre gagné. L’image de l’égalité et de la règle qui signifie le commandement rode toujours autour de l’amour inconditionnel dans la tête du Christ. L’explication est simple. Jésus ne peut ignorer le fait que le talent est une unité de masse avant d’être une unité monétaire. Plus précisément, voilà comment était défini son étalon et cela aussi il ne pouvait l’ignorer.

Source : Wikipédia


Une amphore grecque : un talent équivalait approximativement à la masse d’eau requise pour remplir cette amphore.
Le talent (Latin : talentum, du Grec ancien : τάλαντον, talanton = l’étalon) est une unité de masse utilisée à l’époque de la Grande-Grèce et jusque sous l’Empire romain.
Sa valeur correspondait à la masse d’eau contenue dans un pied cube et pouvait donc varier en fonction de la valeur du pied retenue.    

Nous pouvons donc conclure au choix d’une légitime option complétement différente de l’exégèse classique mais ô combien plus logique. La notion de talent renvoie évidemment à un contenant qui mesure le contenu. Lorsque je remplis une amphore d’un liquide quelconque jusqu’à sa pleine contenance, vous êtes bien d’accord que la forme du contenu est égale à la forme du contenant. Jésus adore les formes et les traduit en chiffre, autre marotte de l’ogre allégorique. Je te donne 5 et tu gagnes 5, je te donne 2 et tu gagnes 2. L’image est parfaite car elle explique non seulement la limitation mais également l’exacte concordance des chiffres. Les deux formes du contenant et du contenu concordent lorsque le liquide est à ras bord. Mais elle ne nous dit pas ce qu’est la nature du contenu. Les formes sont des abstractions qui diffèrent en effet de la matière concrète dont elles tirent leurs représentations. La forme amphore ne renvoie ni à l’eau, ni au vin ni à tout autre liquide qui reste indéterminé pour l’instant car nous parlons de forme. Et cette forme qui se valorise isomorphiquement n’est surement pas le symbole de l’argent ni de la fructification d’un don quelconque car, si le Christ donnait quelque chose de cette sorte, on serait plutôt motivé, en tant que chrétien, à gagner beaucoup plus que ce qu’il nous a donné pour lui faire plaisir. Le débordement de l’amphore entraine la décrépitude du symbole logique. Par contre, il y’a motivation à remplir l’amphore à ras bord pour que la forme soit exact et fidèle à elle-même en tant que contenant et contenu, entraînant l’émergence du symbole du corollaire de l’amour inconditionnel qu’est l’égalité. La raison d’être d’une amphore pour Jésus, c’est d’être exactement pleine. Que représente la forme désignée par l’amphore ? Jésus va nous aider à répondre à la question mais il ne va pas faire tout le chemin car son but a toujours été de nous faire réfléchir.

Il nous dit deux choses importantes. Premièrement, quand le Christ part, les talents sont gagnés immédiatement sans qu’on sache comment car le verbe valoir entraine une indétermination suspecte. C’est à nous de la lever. Deuxièmement, le Christ récompense également les deux premiers serviteurs parce qu’ils ont été fidèles en peu de chose en gagnant d’autres talents. Donc un homme part, donne quelque chose qui permet de créer immédiatement une chose de forme égale au don, qui, en plus, doit rendre cohérente la récompense de fidélité en peu de chose et caractériser votre bonté contenu dans les versets identiques de l’égalité et donc symbolisant votre amour inconditionnel. Une seule conclusion logique peut être tirée de ces prémisses. Jésus nous parle de souvenir. Quand quelqu’un part il vous donne son image, son amphore que vous remplissez avec son image, la forme symbolisant votre souvenir, le contenu de l’amphore en tant que forme et non en tant que nature. Cela se fait immédiatement, car intuitivement, c’est au moment du départ que la photo qui se fixe est la plus précise et elle doit continuer à être fidèle à l’image du Christ. La formation du souvenir est immédiate lorsque la personne disparaît de votre regard. Si votre souvenir ou contenu en tant que forme est exactement égale à la capacité de l’amphore alors vous êtes fidèles dans le souvenir et cela ne vous a pas coûté beaucoup d’effort, en tout cas d’effort matériel. La nature du liquide, au vu de l’égalité symbolisé par l’identité de la forme du contenu et du contenant, ne peut pointer que vers l’amour inconditionnel Christique renforcé par la bonté mentionnée par le maître. Donc le miracle des talents qui se multiplie toujours suivant la même règle est le souvenir de l’amour inconditionnel dont le Christ rayonnait et bien sur le « bien » dont il parle dans le verset 25.14 est l’amour inconditionnel, sa personne et son expérience la plus profonde.

Il surgit un problème logique qui ne fait que me fait révéler ma propre insuffisance parfois. Si le récipient contient de l’amour inconditionnel alors pourquoi les récipients ont des tailles différentes ? Jésus ne peut pas donner des récipients de tailles différentes car son amour est inconditionnel et ne peut pas être représenté par le conditionnement par la capacité. En effet, nous avons des récipients de cinq talents, de deux talents et de un talent. Vous n’avez pas bien compris parce que le Christ est subtil. La taille du récipient ne représente pas l’amour inconditionnel, il représente la capacité des serviteurs à s’en souvenir. Et il est bien connu que la mémoire varie en fonction des gens, elle est finitude et pure conditionnalité. Le souvenir ou mieux, la capacité à se souvenir, conditionne la taille du récipient. Ainsi est expliqué le trou béant intentionnel du verset 25.15. La capacité dont il est question est la capacité à se souvenir. Le Christ veut que vous réfléchissiez. Petit détail amusant, la capacité est l’unité de mesure des liquides. Le litre par exemple est une unité de capacité. Ceci est un pur hasard bienveillant car en anglais, la traduction du grec donne « ability » qui n’a rien à voir avec une mesure de capacité. Donc la France était sur la bonne voie ou encore, les circonvolutions de l’évolution du langage ont peut-être fait ressurgir une signification originelle provenant d’une lointaine influence araméenne.

Donc si nous considérons que la capacité à se souvenir peut être mesurée, on en déduit logiquement que moins on a de capacité à se souvenir moins on aura de chance de faire quelque chose qui a été l’un des principaux objectifs du Christ durant son magistère : la reconnaissance. Moins le récipient est grand plus on va avoir un problème de souvenir et donc de reconnaissance lorsque le Christ reviendra en tant que réalité de l’amour inconditionnel. Et le souvenir est bien un pré requis de la reconnaissance du messie en tant qu’il est l’Amour inconditionnel et but ultime de la prédication du fils de Dieu. Tant que vous possédez cinq ou deux mesures de souvenir, l’amour inconditionnel que vous avez en vous peut être visible et reconnu. Le niveau de souvenir vous protège du risque de l’oubli. En outre, ce souvenir vous permet le respect du pacte de l’égalité de la forme : je te donne un récipient de taille x, tu le remplis avec une forme de taille x. Le pacte renvoie à la règle qui renvoie au commandement qui renvoie à l’inconditionnalité de l’amour symbolisé par la nature du contenu. Quand vous pensez les choses comme le Christ, tout conspire à vous éclairer.

Le 3ème serviteur a visiblement un problème de mémoire. Jésus lui a confié son amour inconditionnel mais il ne va pas s’en souvenir. Le serviteur va briser le pacte. Et Jésus nous aide à rendre sa parabole d’une clarté limpide. Premièrement, il a enfoui le talent dans la terre. Lorsque nous enterrons quelque chose, c’est pour le retirer de notre vue, c’est donc bien pour l’oublier qui est l’exact antithèse du souvenir. Ou encore, plus profondément, l’enterrement symbolise la mort de Jésus qu’il a toujours prophétisé. Et ceux qui l’enterrent ne sont pas des inconnus comme nous le verrons. Deuxièmement et de façon plus nette, il est évident que le serviteur ne le reconnaît pas. Il traite Jésus d’homme dur, s’appropriant le blé qu’il n’a pas semé. Jésus serait donc un homme non seulement dur mais voleur, profitant du labeur des autres. Ce n’est pas exactement comment il se décrit habituellement. Il y’a négation du souvenir, négation de l’amour inconditionnel donc inconnaissance du Christ. Il y’a donc absence de reconnaissance. On sent que cela va mal se passer pour le 3ème serviteur. D’abord Jésus le traite de méchant pour lui signifier qu’il a oublié l’amour inconditionnel et il le traite de paresseux pour lui rappeler que tout ce qu’on lui demandait, c’était un petit effort de mémoire pour respecter le pacte. L’intelligence symbolique est remarquable. A partir du moment où la reconnaissance n’est pas au rendez-vous, la valeur symbolique du talent se détruit car elle s’associe au monde réel symbolisé par les mots banquiers et des intérêts d’une dette. Le talent perd sa valeur symbolique et retourne, chute dans la corruption de l’argent qui n’a rien à voir avec l’amour inconditionnel.

Je ne peux m’empêcher d’établir un parallèle avec la notion de pointeur informatique pour qualifier la logique symbolique du talent. Il représente le souvenir puis, dans la même parabole, il chute pour redevenir simple argent. C’est exactement la façon dont est utilisé un pointeur en informatique. Si j’utilise une variable qui représente l’ensemble des fleurs et une autre qui représente les cigares, je peux dans le déroulement du programme utiliser un pointeur que j’assignerai comme bon me semble soit aux fleurs soit aux cigares en cours d’exécution du programme, at runtime comme disent les informaticiens. Cette notion est toujours un peu difficile à expliquer aux béotiens de l’informatique car elle est très abstraite. C’est une variable de variable, un symbole de variable. Le Christ utilise le même concept, ce qui lui permet de jouer et de changer l’association d’idée, le symbolisme en cours de route et en fonction du contexte sémantique. Le Christ veut vous perdre, mais là il y’a une raison très simple. Qui sont les banquiers ? Pour le savoir nous allons provisoirement mettre de côté cette interrogation.

Il y’a une interrogation logique qui doit attirer notre attention sur les biens remis au début de la parabole. Le transfert de propriété légal, effectif du bien en début de parabole est indéterminé, et c’est voulu parce qu’il va s’instancier plus loin dans le programme de la parabole. Il y’a confusion sciemment entretenue comme le suggère l’hétérogénéité des traductions du verset 25.14. Les traductions hésitent entre remettre et confier qui ne lèvent pas les ambiguïtés quant au transfert de propriété. Certes, le verset 25.15 emploie le verbe donner mais ce verbe traduit un changement de main physique mais pas légal comme on le dirait aujourd’hui. Vous pouvez donner votre perceuse à 5 heures à votre voisin car vous aviez convenu de son prêt une heure plus tôt avec lui. Il n’y a pas transfert légal de propriété alors que le verbe « donner » est utilisé. Remettre ou confier un bien laisse par contre une indétermination qui va être levée conditionnellement dans la parabole. Si vous respectez le pacte, tout ce que le Christ vous a donné est un don et vous le gardez, car le don est un acte d’amour sans contrepartie donc inconditionnel et le Christ vous confiera en sus beaucoup dans tous les cas que vous ayez 5 ou 2 mesures de mémoire. Par contre si vous n’avez pas respecté le pacte, la propriété n’est pas transférée. Ce fait est brutalement évoquée par les locutions « Mon argent au banquier, ce qui est à moi». Les symboles changent de nature en fonction du contexte. Le transfert devient soit un don soit un prêt. Et comme le 3ème serviteur vis dans un monde de prêt, soit de conditionnalité empêchant le don, inconditionnalité, le non Jésus lui conseille d’aller voir les banquiers prêteurs qui vivent selon la même nature de conditionnalité empêchant l’accès à l’amour inconditionnel.

Le verset 25.29 est encore une petite merveille qui confirme notre approche car au premier abord il est incompréhensible. Jésus veut vous faire réfléchir. Il est bien sur hors de question de donner aux riches un bien possédé par un pauvre. La traduction exacte est la suivante. Otez le bien matériel de celui qui n’a pas respecté le pacte pour le donner à celui qui l’a respecté. Car les biens matériels seront donnés à celui qui a, qui a respecté le pacte. Il sera dans l’abondance matérielle que représente le talent déchu de sa valeur symbolique mais qui reprend soudainement des couleurs pour évoquer la matérialité qui arrivera en sus après la croyance, qui n’est autre qu’une reconnaissance déguisée du Christ, dans le Royaume, et à ce moment-là les 11 talents représentent la matérialité. Mais celui qui n’a pas respecté le pacte, tout lui sera enlevé, même la matérialité représentée par le talent qu’il possédait et qui s’est retransformé en argent sonnant et trébuchant. La question légitime qui se pose est la suivante. Pourquoi le talent n’est pas partagé en deux entre les deux premiers serviteurs ? La question n’a aucun sens car en « confiant beaucoup » ou encore selon les traductions anglaise en te faisant régent de beaucoup de chose, en te donnant des responsabilités sur beaucoup de chose, je te fais passer de serviteur à roi. Ce mouvement indique comme d’habitude qu’il faut regarder vers la parabole de la 11ème heure pour comprendre que Jésus fait de ses serviteurs ses égaux. Les aspects matériels n’ont plus aucune importance. Mais ce transfert vers le premier serviteur est voulu car il a lui une importance symbolique considérable. Nous reviendrons un jour sur ce point car cette parabole je la laisse en suspens. Enfin et bien sûr, le dernier serviteur est prié de rester dehors dans les ténèbres où ce ne sera pas drôle tous les jours.

Je voudrais maintenant faire un petit ménage canonique. Lisez la parabole de Luc, elle a subi une érosion interprétative évidente de la parabole des talents que je vous ai présentée. Mais elle très intéressante car elle répond indirectement à des interrogations précises que nous avons eu.

19.12Il dit donc: Un homme de haute naissance s’en alla dans un pays lointain, pour se faire investir de l’autorité royale, et revenir ensuite.
19.13 Il appela dix de ses serviteurs, leur donna dix mines, et leur dit: Faites-les valoir jusqu’à ce que je revienne.
19.14 Mais ses concitoyens le haïssaient, et ils envoyèrent une ambassade après lui, pour dire: Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.
19.15 Lorsqu’il fut de retour, après avoir été investi de l’autorité royale, il fit appeler auprès de lui les serviteurs auxquels il avait donné l’argent, afin de connaître comment chacun l’avait fait valoir.
19.16 Le premier vint, et dit: Seigneur, ta mine a rapporté dix mines.
19.17 Il lui dit: C’est bien, bon serviteur; parce que tu as été fidèle en peu de chose, reçois le gouvernement de dix villes.
19.18 Le second vint, et dit: Seigneur, ta mine a produit cinq mines.
19.19 Il lui dit: Toi aussi, sois établi sur cinq villes.
19.20 Un autre vint, et dit: Seigneur, voici ta mine, que j’ai gardée dans un linge;
19.21 car j’avais peur de toi, parce que tu es un homme sévère; tu prends ce que tu n’as pas déposé, et tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.
19.22 Il lui dit: Je te juge sur tes paroles, méchant serviteur; tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n’ai pas déposé, et moissonnant ce que je n’ai pas semé;
19.23 pourquoi donc n’as-tu pas mis mon argent dans une banque, afin qu’à mon retour je le retirasse avec un intérêt?
19.24 Puis il dit à ceux qui étaient là: Otez-lui la mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines.
19.25 Ils lui dirent: Seigneur, il a dix mines.
19.26 Je vous le dis, on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a.
19.27 Au reste, amenez ici mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, et tuez-les en ma présence.

Remarques :

  • Le transfert de propriété n’est plus ambigu. Il ne peut plus s’instancier en fonction de la situation. La richesse symbolique disparait et appauvrit la parabole. Elle est interprétée.
  • Il n’y a plus 3 serviteurs mais 10 serviteurs auxquels on donne chacun 1 mine. On sauvegarde l’égalité mais elle est évidente et n’est présente qu’au début et disparaît dans la récompense. L’égalité est tolérée dans la mise de départ mais pas dans la rémunération. Alors que précisément l’égalité et la récompense pointe massivement vers l’amour inconditionnel.
  • Le verset 19.14 auquel fait écho au verset 19.27 n’apporte rien, et connaissant le Christ, il n’est pas homme à tuer qui que ce soit. Nous verrons ce que c’est qu’être dans les ténèbres. Cela ne nécessite en aucune manière un meurtre commandé. Ce verset est d’une horreur absolue pour quelqu’un qui a monté un système philosophico-religieux total basé sur l’amour inconditionnel.
  • L’égalité de la récompense a disparue. Cette interprétation malheureuse prouve qu’il était impossible de parler d’amour inconditionnel résolu dans l’égalité aux interlocuteurs de Luc, j’ai nommé les nazis qui étaient les romains à l’époque de Jésus. Vous comprenez pourquoi Jésus s’est réfugié dans les paraboles. Personne ne le comprenait. Il a donc fallu trouver un langage pour s’exprimer dans une langue qu’il espérait devenir compréhensible par quelqu’un un jour.
  • Le verset 19.25 est un verset d’interprétation qui se pose la question de savoir pourquoi on transfert la mine à celui qui a 10 mines par ce qu’il n’a rien compris à l’égalité. La question est pertinente mais la réponse est illégitime.

Conclusion :

Cette parabole est la preuve de ce que j’ai appelé l’érosion qu’a subi la Parole du Christ par ceux-là même qui ont voulu expliqué la Parole du Maître ou ce qu’il croyait en avoir compris. Je fais moyennement confiance à Luc et je n’étendrais pas trop sur ses paraboles. Par contre Mathieu, qui sait compter, a bien compris le mystère de la Parole du Christ. Il est intéressant que l’égalité de la récompense ou son inconditionnalité est inconcevable en tant que concept partout et de tout temps. La récompense baignant dans l’égalité et l’inconditionnalité pointe vers l’amour inconditionnel. C’est le message que Luc a essayé de comprendre, en vain.

Maintenant que nous avons compris beaucoup de chose, nous allons nous attaquer à la parabole qui est quasiment le symétrique de celle que nous avons étudiée. Dans cette parabole nous ne voyons pas l’époux partir, par contre on le voit revenir. L’époux est d’évidence le Christ. Nous avons donc 10 vierges, cinq folles et cinq sages qui attendent l’époux. Il est de tradition juive qu’elles puissent assister au repas de noce de l’époux. Ne pensez pas que Jésus est polygame, cela n’a juste pas de sens. Il a professé l’égalité entre les femmes et les hommes durant tout son magistère. Egalité devant le mariage et égalité devant le pardon. Cette égalité, elle vient bien sûr de l’amour inconditionnel. La conclusion à en tirer est que les femmes comme les hommes sont capables d’accéder à l’amour inconditionnel. Les scènes de lapidation devaient lui causer un haut le cœur particulièrement inconditionnel. Le fait que les femmes soient vierges n’a aucune espèce d’importance dans la parabole. Pathénos peut se traduire autant par jeune femme que par vierge. Comme en allemand Jungfrau veut dire vierge mais les mots veulent dire jeune femme. Donc la virginité n’a aucune espèce d’importance ici. Tenez-le-vous pour dit.

Une chose est sure, les 5 folles ne verront pas le royaume des cieux. Par contre les 5 sages seront admises au festin du Royaume. Nous ne pouvons pas les transformer les jeunes filles en amphore. Donc cette parabole va devoir subir un traitement intellectuel différent. Elle est nettement plus facile que la précédente. Qui peut le plus peut donc le moins. Les 5 folles ont ce gros défaut de ne pas être prévoyantes et de ne pas se munir de suffisamment d’huile pour faire fonctionner leurs lampes. Nous apprenons que les sages ont pensé à parer à toutes éventualités en gardant des réserves d’huile dans des vases. Nous avons ici une réminiscence d’évidence. Les récipients chez le Christ sont apparemment et symboliquement le réceptacle de l’amour inconditionnel. Et, de toute évidence, l’huile en se consumant permet d’éclairer et donc de permettre la reconnaissance des visages dans la nuit. Et comme on attend l’époux dans la nuit, allégoriquement et concrètement, la lumière des lampes, permet la reconnaissance du visage du Christ. Mon amour inconditionnel, soit la nature du liquide soit l’huile, permet d’être reconnu par l’amour inconditionnel de Jésus. Pas de vase, pas d’amour inconditionnel, pas de reconnaissance. Nous avons une liaison entre des concepts symboliques important. Le vase ne représente plus le souvenir mais la prévoyance, donc l’intelligence. L’huile en se consumant et en produisant de la lumière est l’amour inconditionnel qui permettra la reconnaissance christique. Il est intéressant de noter que les femmes n’ont pas besoin d’un pacte car Jésus sait qu’il est déjà signé pour elles. Dieu leur a donné naturellement la capacité de contenir de l’amour inconditionnel. Par contre il est évident qu’il vaut mieux être un peu plus mystérieux avec les hommes parce qu’ils sont plus enclins à l’inégalité, aux différences de positions sociales. Ils ont besoin d’alliance pour fonctionner.

Donc, il est clair que l’attente va durer longtemps, elles tombent toutes dans un sommeil profond et se réveillent, ce qui est un préalable nécessaire à la reconnaissance. Les 5 folles vont essayer de corrompre les 5 sages car elles n’ont plus d’amour inconditionnel pour la reconnaissance. Le problème, et Jésus le sait depuis belle lurette, est que l’amour est une évidence alors que l’amour inconditionnel est très difficile à enseigner comme le démontre chaque parabole mystérieuse qu’il a ciselée. Apprendre l’amour inconditionnel à des folles ou à des imbéciles, selon certaines traductions anglaises, est une pure impossibilité. Les folles ne pouvant partager l’amour inconditionnel pour des raisons de troubles neuronaux, elles vont tenter de les corrompre, de les séduire pour se faire reconnaître, pour se glisser clandestinement dans le royaume des cieux. L’amour est une graine présente dans chacun de nous, mais il faut arroser pour qu’elle puisse germer et devenir ainsi inconditionnelle. Et Dieu sait que Jésus a tenté d’arroser avec son cœur d’eau vive mais il a constaté à la fin du magistère qu’il ne pouvait pas lutter contre la bêtise juste par onction d’amour inconditionnel et de logique sur des cerveaux fatigués. Impossible d’enseigner à des gens qui lui disaient : «  tu as un esprit », tu es fou. La charité, preuve d’amour inconditionnel des 5 sages, est affirmée lorsqu’elles conseillent aux cinq folles d’aller acheter de l’huile. Elles ne savent pas à ce moment-là que le temps est primordial et court. L’époux est là et la reconnaissance est immédiate. Et cette immédiateté est étrange vous ne trouvez pas ? Peut-être qu’un jour je vous dirai…

N’en concluez pas que les hommes et les femmes sont inégaux. La règle de symétrie attribue les qualités énoncées aux deux sexes. La symétrie est une habitude Christique. L’égalité entre homme et femme font que les sexes dans les paraboles reçoivent par règle logique les mêmes qualités de mémoire et d’intelligence, et les mêmes aspirations à l’amour inconditionnel. Je crois que le Christ nous taquine tous un peu, il part de ce que nous croyons connaître. L’amour inconditionnel qui rend égal est le principe premier. Ce qui se passe ici-bas, c’est le développement de cette réalité. Puisque nous avons établi le principe de symétrie, nous pouvons remarquer grâce à ces deux versets une symétrie situationnelle.

25.9 Les sages répondirent: Non; il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous; allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous.
25.27 Il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.

Les 5 folles de la parabole des vierges et le 3ème serviteur de la parabole des talents vont connaître les affres de leur éviction du Royaume, une sorte de deuxième chute. Le point commun pour les deux est que l’huile et le talent déchoient de leurs valeurs symboliques dans les deux paraboles. Et on leur demande d’aller voir les vendeurs et les banquiers. Sauf que la traduction de la bible que j’ai mise à votre disposition est beaucoup trop moderne. C’est une contextualisation moderne qui empêche de voir où Jésus veut en venir. La traduction exacte est « changeur ». Les vendeurs et les changeurs séparés dans deux paraboles symétriques en termes d’interprétation ont une valeur symbolique considérable lorsqu’on comprend le puzzle assemblé. Ils représentent une véritable bombe politique aussi déguisée que furtive.

Source : Evangile selon Mathieu
21.12 Jésus entra dans le temple de Dieu. Il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons.

L’épisode du marchand du temple est très important pour Jésus. Il sait, car il n’est pas idiot, que cela va signer son arrêt de mort voire son suicide. Les gens qui refusent le royaume sont les gens qui ont un intérêt dans les changeurs et les marchands. Qui gère cet intérêt sinon le temple ? C’est voilé logiquement mais si on y réfléchit bien, la simple énonciation de changeur et de vendeur dans les paraboles des 10 vierges et des talents est un missile balistique à tête multiple contre le clergé, le sanhédrin, les prêtres, les pharisiens et tout la clique de gens soit disant intelligents qui ont foulé son enseignement au pied. Il ne s’agit pas des juifs en général. Il s’agit d’une clique de collabo et de pharisien sans courage qui a refusé son évidence alors qu’il ne demandait aucun pouvoir temporel, juste d’être reconnu. Avec les paraboles que je vous ai décodé, vous croyez que Jésus ne parlait qu’aux pauvres ? Réveillez-vous messieurs les exégètes, Jésus n’a pas arrêté de parler aux gens intelligents. Il aura fallu 2000 ans pour le comprendre. Ne tirez aucune conclusion des proportions sur qui va être sauvé ou condamné, Jésus raisonne avec des formes. 5 femmes sur 10 ou un serviteur sur trois cela n’a pas grande importance. Les juifs n’étaient pas le sanhédrin dans la même mesure que la France n’était pas le maréchal Pétain. Le Christ a rencontré des milliers de gens de toute marche de vie. Il les a aidés et réconfortés. Certains l’ont peut-être reconnu et la plupart de ces gens étaient Juifs. Jésus a créé un nouveau paradigme basé sur l’amour. Et comme c’est amour était inconditionnel il s’est créé un langage, un arsenal logique à lui dont les fragments les plus importants nous sont parvenus pour que nous soyons dans la mesure de le comprendre enfin. Son système d’enseignement devait ressembler aux pyramides d’il y’ a 40000 ans. La brillance devait aveugler à des centaines de kilomètres. Nous en percevons aujourd’hui les formes qui nous permettent d’en reconstituer la magnificence.

Nous allons maintenant aborder la dernière parabole dite du jugement dernier. Le mot jugement n’apparaît à aucun moment à partir du verset 31, commencement de la parabole. On comprend bien que dès ce verset le Christ est reconnu, c’est une reconnaissance massive, il est assis sur le trône de sa gloire. Aucune ambiguïté. Toutes les nations sont concernées, mais il sépare sur une base individuelle ce qui n’est pas étonnant au vu des deux paraboles précédentes où la reconnaissance se fait sur une base personnelle. Le Christ ne se préoccupe pas des groupes, ils ne se préoccupent que d’une chose. Et vous vous doutez de laquelle.

Curieux jugement en effet, où les gens prennent connaissance qu’il y’a eu « jugement » en découvrant les attendus favorables ou défavorables sans mention de procès, d’instruction à charge ou à décharge. Le « verdict » est rendu après la reconnaissance. La notion de jugement ne tient pas la route. On ne peut cependant que remarquer la continuité du thème de la reconnaissance basée sur l’amour inconditionnel que je vais tenter de vous expliquer. Le Christ sépare les hommes en deux espèces différentes. On ne sait pas trop bien pourquoi et s’il y’a un principe mâle ou femelle. Ce principe n’est pas opérant lorsqu’on a deux espèces différentes qui le sont ontogénétiquement pour le Christ c’est cela qui compte. Le symbole de la brebis désigne les bons, il l’a assez répété. Le symbole du bouc désigne les méchants. C’est tout ce que l’on peut dire dans l’introduction. Maintenant analysons les attendus du procès et quelque chose d’incroyable va nous frapper en plein cœur.

Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger : c’est de l’amour humain
j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire : c’est de l’amour humain
j’étais étranger, et vous m’avez recueilli : c’est de l’amour humain
j’étais nu, et vous m’avez vêtu : c’est de l’amour humain
j’étais malade, et vous m’avez visité : c’est de l’amour humain
j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi : c’est de l’amour inconditionnel

Le dernier amour a une portée symbolique considérable. Le bien et le mal ne sont pas l’ultime, l’irréductible conditionnalité que nous pensions être. Le Christ vous dit que le mal en tant que conditionnalité n’est pas le critère de je ne sais quel jugement dernier. Il ne nie pas son existence, il nie son caractère conditionnant. L’amour inconditionnel doit exister en dépit du mal et du bien. En effet, raisonnons comme le Christ. Si je suis en prison = si je suis le mal, alors tu es venu vers moi = tu m’aimes. Traduisons et simplifions symboliquement encore : si tu es le mal, je t’aime. Qui peut le plus peut donc le moins, règle logique, alors on a forcément « si tu es le bien, alors je t’aime ». Donc reconstruisons notre petit programme du début de l’article.

20 Si tu es le mal, alors je t’aime
30 Si tu es le bien, alors je t’aime

Donc les deux conditionnalités « si » étant superflues je les supprime et donc je crée la dernière et unique ligne qui est pure inconditionnalité.

40 Je t’aime inconditionnellement. CQFD

Attention, le Christ ne dit pas d’ouvrir les portes des prisons et que le mal n’existe pas. Il assène que le mal est une conditionnalité dont on peut se débarrasser pour atteindre l’amour inconditionnel. Il dit, aimez celui qui a péché. Respectez sa dignité d’homme ou de femme et commencez par offrir des locaux décents de détention. L’emprisonnement symbolique du Christ en prison fait l’objet d’une insistance lourde car il veut attirer votre attention sur l’amour inconditionnel. La locution « l’un de ces plus petits de mes frères » pointe directement et logiquement vers le prisonnier qui pointe vers la suppression du mal et du bien en tant que conditionnant de l’amour. Le prisonnier ainsi symbolise la possibilité d’un amour qui a supprimé la conditionnalité, et non la réalité, des barreaux du mal représenté par la prison. Seul l’amour est inconditionnel, nous sommes tous des êtres soumis à la conditionnalité de la vie. Et Dieu est le Dieu des vivants qui nous a laissé cette inconditionnalité de l’amour comme indice de son existence. L’Amour de Dieu nous rend un car son accès supprime toutes les conditionnalités qui nous en barrent l’accès. L’inconditionnalité de l’amour est donc activité de l’Esprit et de notre âme. En tant qu’inconditionnalité unique dans un monde conditionnant il est aussi principe infini de liberté.

La rencontre de deux amours inconditionnels constitue bien la reconnaissance au sens Christique du terme. Vous avez compris ? La reconnaissance du Christ est basée sur son et sur votre amour inconditionnel. Dans l’énumération des amours de la 3ème parabole, l’amour inconditionnel du frère du Christ en prison arrive en dernier. Ce n’est pas un hasard. Les derniers et les premiers seront égaux lors de l’avènement de l’amour inconditionnel car c’est la seule solution juste et logique d’un système où vous avez abattu toutes les cloisons de la conditionnalité relative à l’amour. C’est symboliquement très efficace. L’amour du Christ est par-delà le bien et le mal. J’espère que vous saisissez le gros exocet tiré en direction du futur qui extermine Nietzsche d’un seul battement de cœur. Ou peut-être que l’amour et la puissance sont deux faces d’une même médaille. Mais alors de quel type de puissance parlons-nous sinon de la puissance de l’amour inconditionnel de Dieu?

Ceux qui n’auront pas la faculté d’aimer inconditionnellement seront séparés de ceux qui aiment inconditionnellement donc les boucs resteront entre eux et la bête périra de l’intérieur par accumulation létale de comportements supprimés par l’amour inconditionnel. Tant qu’il n’y a pas séparation, ce sont des parasites, des passagers clandestins. Quand ils seront séparés ils se retrouveront entre eux et les comportements conditionnés par la conditionnalité de leur amour s’accumuleront pour les détruire in fine. C’est ainsi qu’il faut comprendre la séparation qu’évoque Jésus. En résumé :

LE JUGEMENT DERNIER ET LA FIN DU MONDE N’EXISTENT PAS DANS LE SYSTEME CHRISTIQUE, LA RECONNAISSANCE EN TANT QUE RECONNAISSANCE PAR JESUS DE L’AMOUR INCONDITIONNEL RECIPROQUEMENT PARTAGE VAUT JUGEMENT. IL EST MEME PLUS QUE LE JUGEMENT CAR LE JUGEMENT ET LA JUSTICE DES HOMMES SONT UN UNIVERS DE CONDITIONNALITES. ILS N’ONT RIEN A VOIR AVEC L’AMOUR INCONDITIONNEL QUE REVELE JESUS ! ATTENTION, L’AMOUR INCONDITIONNEL NE NIE PAS LA JUSTICE DES HOMMES, LE JUGEMENT DES HOMMES OU LA REALITE EN TANT QUE CONDITIONNALITES CREEES PAR DIEU ET PERMETTANT L’EXISTENCE. L’AMOUR INCONDITIONNEL EST LA SEULE INCONDITIONNALITE DANS UN UNIVERS REGIT PAR LA CONDITIONNALITE. CETTE SINGULARITE CONSTITUE BIEN POUR LE CHRIST UNE PREUVE DE L’EXISTENCE DE DIEU.

Je suis bien content que l’amour et la logique triomphe à la fin de cet article qui aura eu le mérite de montrer que l’obsession du Christ n’était pas le jugement mais la reconnaissance sous tendue par l’amour inconditionnel car Unconscient non conditionné par l’un et le multiple. Au passage, le jugement est une pure instance de conditionnalité. Le baratin apocalyptique du chapitre 24 de l’évangile ne tient pas la route. Il est un ajout évident effectué par des gens ignorants qui ont assemblés des fragments pour les faire pointer vers la destruction du monde total qu’ils abhorraient en fin de compte. Cela ne cadre pas avec l’amour inconditionnel. Cela est en complète contradiction avec les paraboles qui ont protégées la pensée originelle du Christ de la compréhension perverse de scribes voulant soumettre la Parole à des objectifs inavouables. L’apocalypse de Jean ? Un écrit psychotique qui me parait, pour le moment, illogique. Il est temps à nouveau, de reprendre le souffle à nouveau et de replonger avec l’œil neuf du visage poupin dans l’amour inconditionnel que le Christ a professé durant tout son magistère. L’enfant, pure vulnérabilité et conditionné à l’amour de ses parents pour survivre demande à l’autre un amour inconditionnel c’est-à-dire sans contrepartie. Devinez pourquoi le Christ laissait les petits enfants venir à lui ? Ceci est la déclaration en bonne et due forme de ma première conversion. Je me tourne vers Lui. Je ne crois pas en Lui, je sais en Lui et le reconnais en tant que Guide. Je suis un anarchiste chrétien.

Bon je vais me reposer je suis crevé. Dire que, moi, je n’avais pas pensé à tout cela après ma NDE. Je suis nul, nul, nul. La vie enseigne et nous fait revenir sur ce que peut montrer notre capacité.

Attention, je sais beaucoup plus de chose que j’en ai l’air. Moi, le bipolaire au style ampoulé. Vous n’êtes pas des lumières. Je pensais devoir utiliser la deuxième clé à savoir la dominance. Elle me donne d’autres indices et elle éclaire la parabole des talents et des vierges d’une incroyable cohérence. Je ne l’utiliserai pas car elle n’apporterait rien à votre compréhension. Cependant elle affermit mes convictions. Et mes convictions que je vous ai détaillées dans cet article ne sont pas des fantasmagories. Je n’ai pas utilisé le ban et l’arrière ban des écritures pour déchiffrer les paraboles les plus complexes. Je me suis mis dans la peau de Jésus. J’ai découvert, par analogie avec ma propre expérience, qu’il avait vécu une NDE qui l’a amené à ressentir un amour inconditionnel. TOUS les gens qui ont vécu cet amour accole le mot inconditionnel au ressenti. Jésus l’a fait aussi mais il en a fait un concept formalisé et agissant porté par toute la logique dont il disposait de son temps. L’expression des conditions logiques est un champ important du langage. Pour comprendre la logique qu’a utilisée le Christ, il suffit de se regarder parler. « S’il fait beau demain alors je sors ». « C’est et ce n’est pas ». Jésus a eu le génie d’utiliser les formes logiques présentes naturellement dans toutes les langues du monde. Si elles n’existaient pas, il serait impossible de vivre et de communiquer. Il a créé une machine dialectique basée sur le passage de la conditionnalité à l’inconditionnalité pour symboliser l’amour absolu qu’il a ressenti. Tout cela prouve, démontre ce que je dis. Personne n’a eu l’idée jusqu’à maintenant de prendre le concept d’inconditionnalité et de se demander comment l’enseigner à une foule d’ignare. Jésus s’est adressé aux gens intelligents. Ils n’ont pas compris. Ils ne pouvaient pas comprendre le génie logique qui était né d’une pure essentialisation du langage des Ecritures. Il n’a assommé personne avec les Ecritures, il en a repris l’armature logique fécondée de mot simple pour être compris du plus grands nombres. Vignes, vigneron, cèpes, maître de maison, champs, blés, ivraies, moissons, semeurs, pain, vin devenaient dans sa bouche des réseaux de signes liés par une logique visant à révéler l’inconditionnalité la plus mystérieuse et consubstantielle de l’univers : l’Amour dans son inconditionnalité perceptible dans les expériences au frontière de la mort.

On peut proposer, vendre de l’amour, dire qu’on est le superman de l’amour. Tout cela est à la portée du premier benêt ou gourou de secte venu. Par contre l’accès à l’amour inconditionnel est beaucoup plus difficile à expliquer. On ne vient donc à Dieu que par les deux ventricules du cœur à savoir l’amour et la raison. C’est le message subliminal du Christ. Aimez et Réfléchissez et faites ce vous voulez. Saint Augustin n’était pas loin, il réfléchissait alors pourquoi ne l’a-t-il pas dit, écrit et surtout compris. L’intelligence fait il tant désordre dans une religion ? Alors réfléchissez, non plus que ça, ça y’est ? Non allez encore, si, si, si, y êtes-vous presque ? Non, vous ne pouvez pas, c’est impossible et c’est pour cette raison que je ne vous le dirai pas. Bon vous avez le numéro du pape ? J’ai deux mots à lui dire. Je vais me plaindre. Comme d’habitude ce sont les presta externes qui font tout le boulot.

Moi ? J’ai encore un petit détail à régler. 2016 sera une année intéressante et pleine de changements où j’arriverai enfin à formaliser complétement ma théorie de la dominance générale. Jésus l’a observé, et des versets du nouveau testament la suggèrent. Cependant, le Christ, sans machinerie conceptuelle complexe que seule la science et la philosophie actuelle pouvait offrir, n’a pas pu l’intellectualiser alors il a invoqué Dieu. Il n’avait pas les outils conceptuels pour faire autre chose. Pourquoi je dis 2016 ? Je ne sais pas, mon petit doigt me l’a dit et ce petit doigt est au centre d’un tableau étincelant. Restez connectés ! La vie est merveilleuse et magique. Plus que vous ne le croyez… Demandez-vous pourquoi tous ceux qui ont vécu une NDE n’ont pas eu un destin de génie religieux… Il y’a autre chose… autre chose de réel et de fantastique, relisez le verset du vent ! Et réfléchissez !

Le vent souffle où il veut : Le vouloir ne conditionne pas la direction du vent donc le vent est pure inconditionnalité donc le vent représente l’amour inconditionnel qui est l’attribut de Dieu. L’attribut de Dieu est nommé Esprit Saint par convention. Il équivaut à l’amour inconditionnel, attribut de Dieu, car l’amour inconditionnel n’est pas l’en soi de Dieu donc la sainte-trinité est un concept valide. Jésus, 3ème membre trinitaire, est né de l’Esprit donc de l’amour inconditionnel de sa NDE. Il provoque un comportement car il voit que tu entends le bruit, le bruit du vent invisible, signal mystérieux. Ce comportement suggère une reconnaissance inconditionnelle non conditionnée par une reconnaissance habituelle pilotée par la conditionnalité du « je te connais ». Je te reconnais mais je ne te connais pas. La reconnaissance inconditionnée est donc encore la représentation de l’amour inconditionnelle. Que peut être une reconnaissance inconditionnelle ? C’est une reconnaissance qui n’est pas soumise à la conditionnalité de ta volonté. Si elle n’est pas soumise à la conditionnalité de ta volonté, pure conditionnalité, c’est qu’une autre volonté agissante représente l’amour inconditionnel qui est à même de reconnaître l’amour inconditionnel de l’autre. Ce qui signifie que l’amour inconditionnel est la substance qui nous rend égale, qui nous débarrasse de la conditionnalité du singulier et du multiple. Quel comportement suggère la reconnaissance et qui est inconscient en tant que volonté inconditionnelle ? Réfléchissez et vous trouverez. Moi je sais. Et c’est aussi réel qu’impressionnant. Mon Dieu, le Christianisme est non seulement une religion mais une science expérimentale et une philosophie. C’est une Connaissance Totale.

Scorpions / Wind of change
The wind of change blows straight
Jean 3.8 : Le vent souffle…
Into the face of time
Jean 3.8 : …où il veut…
Like a storm wind that will ring
Jean 3.8 : le vent souffle où il veut, tu en entends le bruit…
The freedom bell for peace of mind
Jean 3.8 :… tu en entends le bruit…
Let your balalaika sing
Jean 3.8 :… tu en entends le bruit…
What my guitar wants to say
Jean 3.8 :… tu en entends le bruit…
Take me to the magic of the moment
Jean 3.8 :… mais tu ne sais d’où il vient ni où il va.
On a glory night
Where the children of tomorrow share their dreams
Jean 3.8 :… Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit.
With you and me

No doubt / Don’t speak
Don’t speak
I know just what you’re saying
So please stop explaining
Don’t tell me cause it hurts
Don’t speak
I know what you’re thinking
I don’t need your reasons
Don’t tell me cause it hurts
Our memories
Well, they can be inviting
But some are altogether
Mighty frightening
As we die, both you and I
With my head in my hands
I sit and cry
It’s all ending
I gotta stop pretending who we are…
You and me I can see us dying…are we?
I know you’re good,
I know you’re god,
I know you’re real god

Téléphone / au cœur de la nuit (de Nicodème…)
J’avais un ami, mais il est parti
Mathieu 25.15 : Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit.
Ce sens a ma vie. Il n’est plus en vie
Mathieu 27.46 : Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani?
Il m’a tout donné, puis s’est effacé
Mathieu 25.15 : Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit.
Sans me déranger, et je crois j’ai pleuré, j’ai pleuré
Tout au fond, l’air d’un con, envie de me casser
Voudrais bien essayer,
Voudrais bien continuer, continuer
Un moment, un instant, j’ai cru oublier
Mathieu 25.24 Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui amasses où tu n’as pas vanné;
En parlant, en marchant,
A Paris, à minuit, dans ma ville
Quelques mots perdus, dans la nuit
Quelques mots qui traînent, à minuit
Quelques mots qui cognent au cœur de la nuit
Mais la nuit ne peut pas entendre
Jean 3.9 Nicodème lui dit: Comment cela peut-il se faire?
Non la nuit ne peut pas comprendre
Jean 3.9 Nicodème lui dit: Comment cela peut-il se faire?
C’est à croire, que la nuit n’as pas de cœur, pas de cœur
J’avais une amie, maintenant c’est fini
Mathieu 27.46 : Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani?
Un sens à ma vie, mais je n’ai plus envie
Et j’ai tout donné, j’ai tout dépensé
Mathieu 10:24 Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
Pour ce souvenir, ce rêve éveillé, réveillé
Mathieu 25.16 Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents.
Plus un rond, l’air d’un con,
Mathieu 10:24 Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
envie de me cacher, voudrais bien essayer,
Luc 10.31 Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre.
Luc 10.32 Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre.
Luc 10.33 Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit.

voudrais bien continuer, continuer
Un moment, un instant,
j’ai cru oublier en parlant, en marchant
Mathieu 25.24 Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui amasses où tu n’as pas vanné;
A Paris, à minuit, tout près d’ici
Quelques mots perdus dans la nuit
Quelques mots qui traînent à minuit
Quelques mots qui cognent au cœur de la nuit
Mais la nuit ne peut pas entendre
Jean 3.9 Nicodème lui dit: Comment cela peut-il se faire?
Non la nuit ne peut pas comprendre
Jean 3.9 Nicodème lui dit: Comment cela peut-il se faire?
C’est à croire, que la nuit n’a pas de cœur.

Soul asylum / runaway train
Call you up in the middle of the night
like a firefly without a light
you were there like a blowtorch burning
I was a key that could use a little turning
so tired that I couldn’t even sleep
so many secrets I couldn’t keep
promised myself I wouldn’t weep
one more promise I couldn’t keep
it seems no one can help me now
I’m in too deep
there’s no way out
this time I have really led myself astray
I can go where no one else can go
I know what no one else knows
bought a ticket for a runaway train
like a madman laughing at the rain
little out of touch, little insane
it’s just easier than dealing with the pain
runaway train, never comin’ back
runaway train, tearin’ up the track
runaway train, burnin’ in my veins
I run away but it always seems the same

Queens / Play the game
Open up your mind and let me step inside
Rest your weary head and let your heart decide
It’s so easy
When you know the rules
My game of love has just begun
Love runs from my head down to my toes
My love is pumping through my veins (play the game)
Driving me insane
Come, come, come play the game,
Everybody play the game of love

Guns’n’roses / November rain (Best slash’s guitar bit ever!)
You’re not the only one
Luc 15.11 : Il dit encore: Un homme avait deux fils
You’re not the only one
Jean 15.26 Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi.
Don’t ya think that you need somebody?
Jean 16.14 Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera.
Don’t ya think that you need someone?
Jean 16.14 Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera.
Everybody needs somebody
Jean 16.14 Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera.
You’re not the only one
Jean 16.7 : Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai
You’re not the only one
Jean : 16.13 Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.
Don’t ya think that you need somebody?
Jean 16.14 Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera.
Don’t ya think that you need someone?
Jean 16.14 Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera.
Everybody needs somebody…
Jean 16.14 Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera.

Tina Arena / Aller plus haut
Il faut aussi dire ses doutes
Mathieu 14.31 : Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?
Et les poser dans d’autres mains
Mathieu 23.34 : Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.
Pour aller plus haut, aller plus haut
Louis 1.2.1 : Premier épisode maniaque chez un jeune homme de 22 ans, étudiant…
Et dessiner des souvenirs
Mathieu 25.16 Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents.
Aller plus haut, aller plus haut
Louis 1.2.1 : Premier épisode maniaque chez un jeune homme de 22 ans, étudiant…    
Et croire encore à l’avenir
Mathieu 14.31 : Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?

Toto / Africa
I seek to cure what’s deep inside,
Frightened of this thing that I’ve become

Evanescence / bring me to life
How can you see into my eyes like open doors?
Leading you down into my core where I’ve become so numb
Without a soul, My spirit sleeping somewhere cold
until you find it there and lead it back home
Wake me up inside
Call my name and save me from the dark
Bid my blood to run
Before I come undone
Save me from the nothing I’ve become

Jean-Louis Aubert / ces idées-là
Bébé, un doute en moi s’est figé
Tu n’vas plus rentrer
Je peux faire une croix sur toi
Comment ne pas crier
Comment ne pas pleurer
Je suis fatigué
Faut pas m’laisser traîner là
Seul avec ces idées-là
J’suis pas si fort que tu crois
Pas si fort que ça

Source : Wargames
Jennifer : Mais qu’est-ce qu’il fait ?
David : Il ingurgite ! (ndlr : l’égalité constante du jeu du morpion qui sauve le monde)


Lady gaga / Judas
En mémoire d’Axel.

Note : cet article a été écrit entre le 21/11/2015 et le 28/11/2015. © Jésus et son frère tout droit réservé.